Electronique

Google à l'assaut du marché professionnel

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Le célèbre moteur de recherche tente d'imposer son offre de location de logiciels bureautiques en ligne. Valeo, L'Oréal et Essilor la testent. Mais, à l'instar de Microsoft, certains redoutent déjà les visées monopolistiques du groupe californien.

Insatiable! Google ne se contente pas de monopoliser le marché publicitaire mondial en ligne et de grignoter celui des médias traditionnels. Patiemment, depuis dix huit mois, le célèbre moteur de recherche se développe aussi sur le secteur de l'informatique d'entreprise. Mais à sa façon. Avec, à chaque fois, des offres décalées.

Tout naturellement, la star du Nasdaq a débuté sa stratégie avec sa technologie de moteur de recherche déclinée pour les intranets d'entreprises. En septembre 2005, elle lance Google Search Appliance et Google Mini, des serveurs associant matériel et logiciel, adaptés au volume de données à indexer. Les ténors du marché, quant à eux, commercialisent encore leurs produits avec un système de licences classiques. Google a ensuite lancé des versions professionnelles de ses célèbres Google Map (cartographie), Google Earth (photos aériennes) ainsi qu'un outil de modélisation en trois dimensions, Sketch Up Pro. Là aussi, il rompt avec les pratiques habituelles et ouvre les droits d'utilisation de ses contenus.



Une suite bureautique en ligne

Fin février 2007, Google jette un nouveau pavé dans la mare en décidant de louer aux entreprises une suite bureautique en ligne, Google Apps Edition Premium. Pour tous, cette offre apparaît comme une attaque frontale contre Microsoft et sa suite bureautique Microsoft Office, dont la suprématie est déjà bousculée par une solution open source gratuite, Open Office.

Un futur microsoft?

  • création 1998
  • 10,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2006, en croissance de 73 %
  • 3,07 milliards de dollars de bénéfice net
  • 8000 employés
  • 56% de parts de marché dans la recherche en ligne
Pour 40 euros par an, chaque utilisateur a librement accès sur internet à un traitement de texte, un tableur, des outils de voix sur IP et de chat, un calendrier partagé, des outils de création de pages web, un antivirus, un antispam et, pour archiver le tout, 10 gigaoctet d'espace de stockage en ligne. Il ne manque plus qu'un logiciel pour créer des présentations et la possibilité de travailler déconnecté... ce qui devrait bientôt venir.

Un mois après ce lancement, aucun client officiel, mais toujours la même liste d'entreprises ayant accepté de valider la formule. Surprise «plus de 60% sont françaises », observe Louis Naugès, le président de Microcost, agence conseil en solutions web 2.0 professsionnelles. Comme chez Procter & Gamble et General Electric, quelques centaines d'employés d'Essilor, Médiamétrie, L'Oréal, Nexans, SMA B-TP et Valeo testent en effet la version Google du concept de logiciel à la demande ou «Software as a Service» (SaaS), promis par tous les cabinets d'analyse à un brillant avenir.



La division entreprise fait 1% du chiffre d'affaires

Le côté sombre de cette stratégie, c'est que Google apparaît de plus en plus comme le digne successeur de Microsoft, avec des visées monopolistiques, malgré les dénégations d'Eric Schmidt, son P-DG. Avec plus de 500000 serveurs dans le monde, son réseau fait figure d'internet bis. Abandonner la suite Office pour ses outils en ligne reviendrait à passer d'une dépendance à une autre. Cependant, la garantie d'une disponibilité des services à 99,9%, annoncée par Google, constitue un argument de poids face aux autres solutions SaaS existantes, opérées souvent par des start-up.

La division entreprise de Google, créée dès l'année 2002, ne compte aujourd'hui que trois cents personnes dans le monde, «mais réalise 1% de notre chiffre d'affaires, soit 100 millions de dollars », précise Laurent Lasserre, le responsable de Google Entreprise France. Et l'objectif est de garder cette part de l'activité totale, quoiqu'il arrive.

Microsoft, dont l'offre en ligne Office Live est limitée à offrir une présence en ligne aux TPE, et IBM, avec sa suite collaborative Lotus, devraient contre-attaquer.

Aurélie Barbaux

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