Quotidien des Usines

Goodyear Dunlop : la CGT veut annuler le référendum

, , , ,

Publié le

La direction du fabricant de pneumatiques avait prévu un référendum sur la réorganisation du travail demain et samedi. La CGT s'y oppose, contestant les motifs et l'intitulé de la consultation.

« Si la direction ne revoit pas sa position, nous allons empêcher ce référendum en bloquant l'accès aux usines » a déclaré Mickael Wamen, secrétaire du syndicat CGT. La CGT, syndicat majoritaire du site Goodyear Dunlop Amiens, premier employeur privé de Picardie (2 700 salariés), indique ce jeudi matin son intention de bloquer le 14 septembre l'accès aux deux sites Goodyear et Dunlop afin que le référendum organisé par la direction du site ne puisse se tenir.

Cette consultation porte sur un réaménagement de l'organisation du travail. Le syndicat est en désaccord d'ailleurs à son intitulé qui demande aux salariés de se prononcer pour une nouvelle organisation « dans l'avenir du site ». Il reproche aussi à la direction « d'avoir imposé aux salariés un référendum sans négociation avec les partenaires sociaux ».

La CGT s'oppose à cette réorganisation du travail qui vise, selon elle, à demander aux salariés de « travailler plus pour gagner moins ». Le projet de la direction de Goodyear Dunlop consisterait à réorganiser les équipes de travail la semaine et le week-end. Actuellement, indique le syndicat, trois équipes se relaient en semaine (régime 35 heures) et deux le week-end (régime 28 heures). « Le but est de passer tout le monde à 35 heures en supprimant l'équivalent d'une équipe et en enlevant la majoration de 50 % les heures travaillées le samedi et le dimanche ». Selon Mickael Wamen, la direction demande aux salariés de « travailler en continu sur 350 jours en passant de 5 équipes à 4 équipes sans réelle compensation financière ». La CGT estime que le référendum devrait poser aux employés la question suivante : « voulez-vous d'une organisation du travail en 4/8  ? ».

Le 4 avril dernier, le fabricant de pneumatiques Goodyear Dunlop Tires France avait informé en comité d'entreprise (CE) les représentants du personnel d'un projet « d'adaptation » du site aux « enjeux du marché ». Il indiquait dans un communiqué qu'il souhaitait mettre en place une organisation et une durée du travail fondées « sur une utilisation accrue de l'outil de production ».

Selon les syndicats, ce projet se traduira par la « suppression de 400 à 500 emplois en quatre ans », par le biais de départs à la retraite et d'un moindre recours à la main d'œuvre intérimaire. En décembre 2006, Goodyear Dunlop avait annoncé qu'il était prêt à investir 50 millions d'euros dans cet outil afin d'accroître la compétitivité du site qui souffre d'une rentabilité insuffisante. Cet investissement - semble-t-il suspendu à la nouvelle organisation du travail - doit aussi « réorienter sa production vers des pneumatiques à plus forte valeur ajoutée ».

De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte