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Goodyear Amiens nord : le violent camouflet de Titan à Montebourg

Elodie Vallerey , ,

Publié le

Les Echos ont obtenu en exclusivité une lettre envoyée par le groupe américain de pneumatiques Titan Tire Corporation, un temps intéressé par la reprise de l'usine Goodyear Amiens nord, au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Une véritable diatribe envers le système de production français.

Goodyear Amiens nord : le violent camouflet de Titan à Montebourg © DR

En odeur de sainteté le 19 février au soir lors de son show à l'américaine "Les Objets de la nouvelle France industrielle", Arnaud Montebourg s'est probablement réveillé le 20 février avec un goût amer. Les Echos du jour publient en effet un document choc.

Un courrier envoyé par le PDG de Titan, un groupe américain de pneumatiques intéressé en 2011 par la reprise de l’activité "agricole" du site en difficulté Goodyear Amiens-Nord (500 salariés), au ministre français du Redressement productif le 8 février dernier. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Maurice Taylor - qui se surnomme lui-même le "Grizzly" - n'y va pas de main morte. Extraits :

"J'ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France (...). Monsieur, votre lettre fait état du fait que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ?", interpelle le businessman américain.

"Titan a l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu'a (pour sa part) le syndicat fou (la CGT, syndicat majoritaire au sein de l'usine, ndlr) ? Il a le gouvernement français. Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens nord".

Elodie Vallerey

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5 commentaires

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22/02/2013 - 12h21 -

Dans l'histoire des syndicats et de la prétendue inefficacité au travail en France, il y a d’abord le choc de la défaite de 40 et surtout son traitement mensonger par la propagande Pétainiste (pour protéger les vrais traitres et collabos). Rapidement, que s'est-il passé nous intéressant encore?
A – Pétain et ses sbires ont dit que le Front Populaire, les ouvriers de gauche, les syndicats, etc. avait bousillé l’effort de guerre et entrainé la défaite. Faux, car :
1 – le FP a réorganisé la production d’armement pour une efficacité qu’elle n’avait jamais atteint jusque là, même en 14-18 (en maitrisant les couts, j’entends). Et ceci même en achetant des machines automatisées et du matériel de guerre aux USA (ce qui leur a payé leur effort de guerre, en passant). En début 41, nous aurions étés au niveau des Allemands, c’était prévu et, justement, Hitler le savait….
2 – la démotivation des patrons français (ex : Berliet) tenait au fait que le dialogue avait été rompu avec le FP et surtout à la demande de remboursement de l’état par les entreprises qui avaient pratiqué des prix élevés en 14-18 (action pendant des années 20-30, pas due au FP)
3 – le parti communiste était interdit en France depuis septembre 1939 (Staline avait déclaré son alliance avec Hitler), et ses encartés surveillés de très près par la sûreté de l’état (future DST). Les syndicats étaient étêtés et dissous. A part des actions personnelles rares et vite circonscrites, ces gens n’ont rien fait pour la défaite. Il y a des preuves.
B – Pétain a instauré des syndicats corporatistes (comparables à ceux qui existent encore en Allemagne). Mal dotés et mal définis, hélas promus par le gouvernement collaborationniste, ils ont été interdits en 1944 et remplacés par ceux que nous connaissons, formant une garantie pour Staline et les communistes des FFI qui avait effectivement versé leur sang pour virer les nazis.
Nous en sommes encore là, ou presque. La période 68-81 du syndicalisme français a vu beaucoup d’espoir de révolution (encouragés par la guerre froide, et il y a eu des abus) … se casser la figure complètement avec l’arrivée des socialistes et la chute de l’URSS!
Quand à savoir comment réorganiser les syndicats (moribonds, d’ailleurs) en France, je nous souhaite tout le courage qu’il faudra, et surtout l’envie de discuter avec eux, pour commencer.
Dans toutes les entreprises dans lesquelles j’ai travaillé (14), les délégués syndicaux de tout poil passent « un certain temps » à discuter par jour. C’est normal, surtout en période de crise… Même en Allemagne et aux Etats Unis ! Mais pas en Inde, ni en Chine… Pour l’instant.
Ceux à qui le courage manque pour rester dans notre pays, je ne les retiens pas.
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20/02/2013 - 12h28 -

"Grizzly", comme il aime à se faire appeler, est tout sauf mesuré avec de tels propos. Il n’en reste pas moins vrai qu’un tel pamphlet anti-syndical, s’il sonne évidemment faux, est dévastateur. Cependant la CGT, qui fait son miel et ses adhérents avec la lutte finale et les prébendes des CE, ferait bien de se méfier tant sa représentativité semble écornée au niveau national. Il est temps pour elle de faire son "aggiornamento", d’ouvrir les yeux et de se vider la tête des pensées marxistes si elle veut continuer à exister en tant que telle.
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20/02/2013 - 12h05 -

Si la CGT est si maline, elle n'a qu'à racheter le site d'Amiens, comme ça elle pourra mettre en application toutes ses revendications quand elle sera propriétaire : pourquoi ne le fait elle pas ? Problème de compétence ? Les américains ont raison : fuyons la France et ses ouvriers syndicalisés qui tuent l'industrie !
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20/02/2013 - 11h59 -

C'est dire crûment une réalité qui, ajoutée à l'attitude de l'administration, explique beaucoup de délocalisations. Cette attitude ne date pas d'aujourd'hui. En 1971 j'ai vu des salariés payer pour une équipe de nuit qui ne travaillait pas au sû de tous. Les mettre au travail m'a valu une mutation sur pression du syndicat.
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20/02/2013 - 10h51 -

C'est plutôt une parodie de la réalité des faits que bien évidemment, pour faire le buzz, vous ne relevez pas. Si les salariés français étaient bien payés et ne travaillaient que 3 heures ça se saurait non ? Même Laurence Parisot n'affirme pas de telles âneries.
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