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Quotidien des Usines

Goodyear Amiens nord : la CGT présente son projet aux salariés

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La CGT propose une SCOP pour l’activité de pneumatiques agricoles et elle réclame en parallèle un plan de départs volontaires et le "maintien de l’activité tourisme pendant 24 mois". Ce projet prévoit implicitement l’arrêt progressif de l’activité de pneus tourisme.

Goodyear Amiens nord : la CGT présente son projet aux salariés © D.R.

Une SCOP pour l’activité de pneus agricoles, le maintien de l’activité pneu tourisme pendant 24 mois et un plan de départs volontaires, ce sont les grands axes du projet présenté samedi 23 mars par la CGT aux salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord (1175 salariés). La présentation avait lieu à la Maison de la culture d’Amiens (Somme). Entre 200 et 300 salariés avaient fait le déplacement.

Les journalistes qui avaient aussi pris place samedi matin dans le Petit Theâtre de la Maison de la culture d’Amiens n’ont pas pu assister à la présentation de la CGT dont la teneur était réservée aux salariés. "Nous vous demandons de sortir. Nous allons évoquer des informations hautement confidentielles", a prévenu l’avocat de la CGT Me Fiodor Rilov, aux côtés du leader du syndicat Mickael Wamen.

A leur sortie, 2 heures 30 plus tard, les salariés, visages fermés, n’ont fait aucun commentaire. Au cours de la conférence de presse qui a suivi la présentation aux salariés, Mickael Wamen et Fiodor Rilov ont confirmé qu’ils avaient demandé aux salariés de ne faire aucune déclaration à la presse.

Mickael Wamen et Fiodor Rilov eux-mêmes ont refusé de fournir à la presse des indications sur les volets économiques et financiers du dossier. Ils n’ont communiqué ni le chiffre d’affaires prévisionnel de la SCOP, ni le montant des investissements nécessaires pour relancer le site, ni le nombre de salariés susceptibles d’être employés par la SCOP. "C’est le contexte qui créera le nombre de salariés", a expliqué Fiodor Rilov, insistant sur le fait que le projet de SCOP est adossé à une montée en puissance de l’activité agricole, au-delà de ce qu’elle était ces dernières années.

"Il faut maintenant que la direction de Goodyear accepte de nous rencontrer", a déclaré Mickael Wamen. "Nous voulons que la direction de Goodyear challenge notre document", a complété Fidor Rilov. La « solution » SCOP suppose en effet que Goodyear cède la licence de sa marque et son portefeuille clients. A la question "quel serait l’intérêt de Goodyear de céder sa marque à la SCOP ?", Fiodor Rilov a répondu : "Goodyear était prêt à céder la marque à Titan ; pourquoi ne le ferait-il pas à la SCOP ? ".

Interrogé sur la participation financière des salariés, l’avocat a indiqué qu’il ne serait pas demandé d’apport en capital aux salariés. "Compte tenu de l’économie du projet, il n’est pas imaginable de demander aux salariés de payer." Fiodor Rilov a expliqué que les salariés devaient se familiariser avec le dossier avant de se prononcer. "La SCOP ne verra le jour que si les salariés estiment que ce projet est le leur."

Mickael Wamen a indiqué à plusieurs reprises qu’il fallait voir cette SCOP comme un "plan  B", un "projet alternatif" à une reprise de l’activité de pneumatiques agricoles par un spécialiste du secteur. "Nous allons contacter BKT" a-t-il lancé, confiant aux journalistes que BKT - fabricant indien de pneus « hors route » - s’était rendu récemment sur un salon spécialisé en France.

Si la SCOP projette de reprendre l’activité agricole de l’usine, que devient l’activité tourisme ? La question s’impose dans la mesure où la CGT s’est opposée entre 2008 et 2012 à la direction de Goodyear qui voulait l’arrêter. La question d’Usinenouvelle.com sur la stratégie de la CGT vis-à-vis à l’activité tourisme a cependant fait bondir Mickael Wamen qui, perdant littéralement son sang-froid, s’est lancé dans une violente diatribe contre les journalistes de la presse nationale : "On vous explique et vous ne comprenez rien !"

Fiodor Rilov a expliqué que la CGT allait chercher à obtenir de la direction de Goodyear une garantie de volume de production de pneus tourisme de 24 mois pour le site d’Amiens-Nord. Pour accompagner l’arrêt progressif de l’activité tourisme, le syndicat entend négocier avec la direction de Goodyear un "plan de départs volontaires (PDV) sans aucun départ contraint".

Vous avez dit Plan de départs volontaires ? Usinenouvelle.com a fait remarquer à Mickael Wamen qu’il avait en août 2012 refusé de signer le PDV de la direction de Goodyear assorti d’une cession de l’activité de pneumatiques agricoles à Titan. Un PDV qui prévoyait notamment des indemnités de 100 000 à 200 000 euros pour les salariés. Le syndicaliste s’est à nouveau emporté expliquant qu’il avait été victime d’une "supercherie" au cours de l’été 2012. "J’ai refusé au dernier moment de signer le document proposé par la direction car ce document n’était pas un plan de départs volontaires mais un PSE."

Le syndicaliste, critiqué par les syndicats minoritaires de l’usine (Sud et CFE CGC) pour son jusqu’auboutisme, a ajouté qu’il avait eu raison de ne pas signer cet accord en août 2012 avec la direction de Goodyear, car "Titan refusait de s’engager sur cinq ans". Le groupe américain spécialiste du pneu agricole n’avait, en effet, pas souhaité s’engager au-delà de deux 2 ans. Et avait définitivement quitté la table des négociations.

Claire Garnier

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