Quotidien des Usines

GMD reprend l'équipementier automobile Sealynx

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Un accord a été signé mercredi 27 février entre GMD et Renault, le principal client du fabricant de joints d'étanchéité Sealinx, situé à Charleval (Eure). Ce dernier était en redressement judiciaire depuis avril 2012. La décision devrait être confirmée mercredi 7 mars par le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine).

GMD reprend l'équipementier automobile Sealynx © D.R.

Le calvaire de Sealynx semble être terminé. Après plus de six ans de redressement judiciaire, d'offres incertaines et de reprises ratées, le fabricant de joints d'étanchéité pour l'automobile a trouvé un repreneur, le groupe stéphanois GMD. Mercredi 27 février, GMD a signé un accord long terme avec Renault, principal client de Sealynx, une semaine avant la reprise que doit confirmer le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), mercredi 7 mars. L'accord prévoit le maintien des 496 salariés du site de Charleval (Eure), ainsi que ceux des filiales roumaines et marocaines, qui représentent 600 à 700 personnes.

Les tractations entre GMD, Renault, Sealynx et les organisations syndicales ont commencé en juillet 2012. "Nous voulons faire de Sealynx la cinquième branche de GMD, une entreprise complémentaire à nos activités", précise Jean-Jacques Fournel, président du groupe spécialisé dans le découpage-emboutissage, la tôlerie, la fonderie d'aluminium, la fabrication de pièces plastiques en injection et le thermoformage. "Nous ferons en sorte de ne plus dépendre d'un seul client, mais de tout un panel."

Le groupe GMD, qui a repris quelques entreprises en difficulté, prévoit d’investir 40 millions d'euros dans l'outil industriel de l'usine de Charleval, dont 30 millions au cours des trois premières années. "L'accord client prévoit de verrouiller le chiffre d'affaires du site, qui oscille entre 5 et 7 millions d'euros par mois, explique Olivier Martin, secrétaire du comité d’entreprise de Sealynx. Il s'agit de stabiliser les commandes."

En difficulté depuis 2006

Sealynx a souffert des baisses de commandes liées à la crise automobile. Ses difficultés ont commencé en 2006, lorsque Metzeler a vendu la société à un fond de pension écossais. Alain Urbain et Syvain Hassid l'acquièrent en LBO en 2010, mais Sealynx est placée en redressement judiciaire en décembre de la même année. En 2011, le groupe indien Ruia la rachète, mais détourne 4 à 5 millions d'euros de subventions versées par Renault et fini par disparaitre. 250 salariés sont licenciés pendant cette période.

En 2012, cinq entreprises se sont montrées intéressées par la reprise. "C'est l'américain Cooper, notre principal concurrent, qui nous a fait l'offre la plus sérieuse, souligne Olivier Martin. Mais il exigeait de réduire d'un tiers notre effectif. Et concrètement, avec cette offre, l'usine aurait fermée dans les deux ans."

Pour la direction de Sealynx autant que pour les salariés, le projet industriel proposé par GMD, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros en 2012 et emploie 5000 personnes, relancera et pérennisera l'activité du site normand. Cette offre, qui semblait inespérée, permettra peut-être à l'usine de retrouver sa santé des années 1990, quand 2000 personnes pointaient tous les matins dans ses ateliers.

Timothée L'Angevin

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