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GM modifie peu à peu l’industrie automobile française

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

L’alliance avec PSA comme la politique de réduction des coûts de l’américain modifie le paysage industriel dans l’Hexagone.

GM modifie peu à peu l’industrie automobile française © DR

"L’alliance a tout chamboulé". Le résumé de la situation, établie par Jean-Luc Perrard, directeur de l’usine PSA Rennes-La Janais, est clair. L’Alliance nouée en février entre General Motors et le groupe français va modifier le paysage industriel français et les premiers effets commencent à se faire sentir, notamment à Rennes.

L’usine produit actuellement les Citroën C5 et C6 et la Peugeot 508, mais la prochaine génération de la C5 ne devrait plus être réalisée en Bretagne. "Avant le rapprochement avec GM, il était prévu d'annoncer à la mi-mai que Rennes La Janais produirait la remplaçante de l'actuelle C5. La décision est gelée. L'intention actuelle est même de confier ce nouveau véhicule à GM. Le groupe se donne six mois pour vérifier que leur plateforme en a la capacité technique", expliquait hier dans les colonnes du quotidien Ouest France Jean-Luc Perrard. Le directeur de Rennes affirme vouloir se battre pour obtenir un modèle de l’alliance en contrepartie du départ de la C5.

Comité de liaison

Ce modèle, ce pourrait être le futur Zafira. Opel a démenti, mais les syndicats allemands craignent bien un départ du monospace pour la France. Le prochain Zafira pourrait reposer sur une plateforme PSA, peut-être celle des Peugeot 3008, 5008 ou Citroën DS5. Industrialisée à Sochaux, elle pourrait aussi l’être à Rennes, de quoi remplacer la C5, si l’on en croit les syndicats. "Nous n’avons aucune information claire et ferme, mais une chose est sure,  il y a beaucoup d’inquiétudes de part et d’autres. PSA et General Motors sont en train de redistribuer les cartes de l’outil industriel",  s’alarme Bruno Lemerle, délégué central CGT.

Face aux tractations des dirigeants de GM et PSA, les syndicats européens et américains s’organisent petit à petit. Dans les prochains mois, une grande réunion regroupera tous les représentants du personnel de l’alliance pour décider de la marche à suivre, et le cas échéant, passer à l’action. Un comité de liaison d’une vingtaine de personnes joue en attendant les cellules de veille en Europe pour échanger des infos sur ces redécoupages industriels. "Cette nouvelle répartition risque de provoquer de la casse" prévient Bruno Lemerle.

Projet gelé

De la casse pourrait aussi venir des plans d’économie des deux groupes. Le flou règne toujours autour des usines PSA de Sevelnord et de Madrid, où le projet E cube, un petit véhicule low-cost, a été gelé. L’usine d’Aulnay reste le plus gros point d’interrogation côté français. General Motors a de son côté engagé son plan de réduction des coûts en Europe. Le groupe américain a annoncé cette semaine la mise en vente de son usine de boites de vitesses automatiques de Strasbourg. Le PDG d’Opel Karl-Friedrich Stracke a annoncé cette semaine qu’un plan serait dévoilé d’ici deux mois pour remettre la marque allemande à flots.

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