GM, Ford et Chrysler sous perfusion

Les trois principaux constructeurs automobiles américains cherchent à débloquer un prêt de 25 milliards de dollars du gouvernement plus vite que prévu, leur trésorerie en dépend. En comparaison, leur concurrent Toyota fait preuve d'une santé insolente, bi

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GM, Ford et Chrysler sous perfusion
Les « Big Three » dans l'impasse

Au bout du rouleau, General Motors, Ford et Chrysler ? Selon plusieurs journaux américains, les « Big Three » auraient demandé au gouvernement de débloquer des fonds pour les aider à surmonter leurs difficultés financières, dans un contexte de baisse des ventes due à la flambée des cours du pétrole et au ralentissement économique. Les trois principaux constructeurs du pays espèrent qu'on leur accordera avant les élections présidentielles américaines (début novembre) le prêt à taux préférentiel de 25 milliards de dollars, voté en décembre 2007, dans le cadre d'une loi sur l'énergie visant à aider l'industrie automobile à se restructurer en vue d'adapter son système de production à des modèles à plus faible consommation d'essence.

Selon le Wall Street Journal, c'est plutôt 40 à 50 milliards de dollars dont auraient besoin GM, Ford et Chrysler, à court de trésorerie. Dans une note diffusée en juillet, Merrill Lynch évaluait les besoins en liquidités de GM à 15 milliards de dollars. La trésorerie du groupe, qui s'élèverait à une trentaine de milliards, fondrait en effet de 3 milliards par trimestre actuellement. C'est pourquoi GM a engagé un plan de restructuration, destiné à lui faire économiser les fameux 15 milliards nécessaires pour aborder l'année 2009 en faisant taire les rumeurs de faillite. 15 milliards, c'est aussi le montant des pertes de GM rien qu'au deuxième trimestre de cette année.

Ford ne peut pas en dire autant. Son plan de relance annoncé en 2006, censé lui permettre de retrouver la rentabilité cette année, a déjà épuisé ses ressources et ses capacités à rebondir. Le constructeur, qui a perdu 8,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, a simplement annoncé qu'il allait reconvertir certaines de ses usines de 4x4 pour produire des berlines.

Chrysler, racheté par le fonds Cerberus en 2007, n'est quant à lui plus coté et se garde de divulguer des informations sur sa santé financière. Toujours est-il que les ventes du constructeur ont reculé de 23 % depuis le début de l'année. Il mise aujourd'hui sur les véhicules économes en carburant et sur les partenariats dans les pays émergents.

Toyota résiste mais relève ses prix

Le japonais Toyota, qui a chipé la place de premier constructeur mondial à General Motors, s'en tire mieux que son concurrent mais n'est pas non plus à l'abri du retournement conjoncturel. Pour preuve, il pourrait annoncer jeudi prochain, selon la presse japonaise, une réduction de ses objectifs de ventes de plus de 5 % en 2009, en raison du recul de la demande aux Etats-Unis. Le constructeur, qui estime que le marché américain ne se redressera pas avant 2010, s'attend à un recul de ses ventes aux Etats-Unis de 6 % cette année.

En juillet, Toyota avait déjà réduit de 3,7 % ses prévisions de ventes mondiales pour 2008, à 9,5 millions d'unités. Au premier semestre, ses ventes ont chuté de 7 % à l'international. Mais contrairement à ses homologues américains, le constructeur est resté bénéficiaire au deuxième trimestre, affichant un profit de 2,12 milliards d'euros d'avril à juin. Alors que ses concurrents licencient, lui se contente de mettre certaines usines au chômage technique.

Dernière mesure en date pour lutter contre la crise : la hausse des prix. Plusieurs modèles vont augmenter au Japon, parmi lesquels la Prius (+ 3 %), afin de maintenir les marges malgré la hausse du prix de l'acier. C'est une première depuis 1974. Dans la roue du constructeur japonais, Nissan, pourrait lui emboiter le pas. La société avait en effet prévenu qu'elle en passerait par là à condition que Toyota décoche le premier.

Raphaële Karayan

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