Gloire et déboires de Bernard Tapie l’industriel

L’homme d’affaires Bernard Tapie, mort le 3 octobre 2021, a multiplié les rachats d’entreprises industrielles dans les années 80.

 

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Gloire et déboires de Bernard Tapie l’industriel
Bernard Tapie et Jacques Séguéla lors du lancement d'une publicité pour les piles Wonder, en 1986.

Racheter pour un franc symbolique des entreprises en difficultés pour tenter de les revendre avec une coquette plus-value : c’était la spécialité de Bernard Tapie dans les années 80. L’homme d’affaires français, mort le 4 octobre 2021, n’a pas laissé que des bons souvenirs dans les entreprises qu’il a repris. Mais beaucoup de ces marques existent encore aujourd’hui.

1981, Terraillon

Après le fiasco de la reprise de la marque de vente par correspondance Manufrance, Bernard Tapie s’offre en 1981 pour un franc symbolique les balances Terraillon, une société d’Annemasse (Haute-Savoie). L’homme d’affaires commence par licencier un quart des salariés, et investit peu dans le spécialiste de la mesure, embourbé dans le passage de l’analogique au numérique. Il rachètera tout de même l’entreprise Testut-Aequitas, à Béthune (Nord) – dont la gestion lui vaudra une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour « abus de biens sociaux » - et la Scaime à Juvigny (Haute-Savoie). Avec l’ambition de bâtir « un pôle français du pesage ». La production sera totalement délocalisée en Asie dans les années 90. Bernard Tapie revendra Terraillon pour 25 millions d’euros en 2001. La société existe toujours et se pose en pionnier du bien-être connecté.

1983, Look

En 1983, Bernard Tapie se porte au chevet du fabricant de fixations de ski Look, dont l’usine principale se situe à Nevers (Nièvre). Le repreneur va contribuer à le repositionner sur un autre marché, celui du vélo. Avec un certain succès. Look dépose fin 1983 le brevet de pédale à fixation automatique, une invention qui va faire sa renommée. La société sera revendue en 1989 à un fonds d’investissement. L'usine de Nevers est toujours en activité.

1984, Wonder

En 1984, Bernard Tapie reprend les piles Wonder (pour 30 millions de francs) et fait figure de sauveur pour les 244 salariés de l’usine de Lisieux (Calvados). Dix mois plus tard, c’est la désillusion : le site est fermé. Bernard Tapie empochera une plus-value de 480 millions de francs lors de la revente de la marque en 1989. Il laissera en souvenir une des publicités les plus connues des années 80. Et aussi une friche industrielle difficile à réhabiliter, qui deviendra en 2020 un… tribunal judiciaire.

1990, Adidas

Adidas, c’est « l’affaire de sa vie ». Mais aussi celle qui va lui causer le plus de soucis. Il rachète la marque de sportswear pour 1,6 milliard de francs en 1990 (prêtés par une filiale du Crédit Lyonnais), sans jamais parvenir à réduire les pertes de l'entreprise. Tapie revend la marque aux trois bandes deux ans plus tard pour 2 milliards de francs à un collectif d’investisseurs qui dissimulent (mal) sa banque, le Crédit lyonnais. Une bonne affaire ? Au contraire, l’homme d’affaires s’estime floué. Il réclamera (et obtiendra) 285 millions d’euros d'indemnités en 2008, qui lui seront confisquées pour fraude en 2012, une décision confirmée par la justice en 2015. Mais Bernard Tapie sera relaxé en 2019, une décision à nouveau vigoureusement contestée. Le procès en appel a eu lieu en juin 2021 et la décision est attendue le mardi 5 octobre, deux jours après la mort de Bernard Tapie.

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