Gilead veut faire oublier la polémique sur le prix de ses médicaments avec sa nouvelle trithérapie

Son traitement révolutionnaire mais particulièrement coûteux de l’hépatite C l'a fait connaître en France. Mais le laboratoire américain Gilead entend rappeler qu'il est avant tout un pionnier dans le domaine du VIH. En adoptant une stratégie bien différente.

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Gilead veut faire oublier la polémique sur le prix de ses médicaments avec sa nouvelle trithérapie

Gilead parviendra-t-il à faire oublier la polémique sur le prix de ses médicaments? La biotech américaine entend se refaire un nom dans sa spécialité historique : les traitements du Sida. Il y a vingt ans, elle avait fait partie des premiers laboratoires pharmaceutiques à lancer des traitements du VIH. En 2007, c’est elle qui avait lancé la première trithérapie (trois molécules en un seul comprimé), révolutionnant le quotidien des patients.

François Hollande contre le prix trop onéreux des médicaments

Depuis, l’entreprise s’est diversifiée dans d’autres maladies potentiellement mortelles : virologie (hépatites B et C), maladies cardiovasculaires, oncologie… Elle avait suscité la polémique en lançant il y a deux ans le premier médicament capable de guérir l’hépatite C, le Sovaldi,.Il devait permettre aux systèmes de santé de réaliser des économies… mais à un prix jugé difficilement tenable par de nombreux gouvernements. Donnant du grain à moudre à un nombre croissant d’associations et de personnalités, comme François Hollande, qui appellent à s'accorder à l’échelle internationale pour limiter le prix des nouveaux médicaments, en particulier dans le domaine du cancer.

Cette polémique, Gilead entend ne pas la répéter dans le domaine du VIH. Le laboratoire a obtenu en novembre dernier l’autorisation européenne de commercialiser sa nouvelle génération de trithérapie. Elle pourrait être lancée en France à l’automne. Mais l’entreprise, dont les traitements de l’hépatite C sont déjà concurrencés (voir encadré), semble avoir tiré des leçons. "Notre objectif consiste à proposer un prix identique à celui des trithérapies actuellement disponibles, afin qu’il ne soit pas plus élevé pour la Sécurité Sociale et le système de santé", reconnaît Cécile Rabian, la directrice affaires médicales Gilead France. L’Assurance-Maladie prend en effet en charge à 100% ces traitements qui coûtent environ 800 euros par mois par patient.

Gagner des parts de marché avec ses trithérapies

La finalité de cette stratégie ? Viser un retour sur investissement en gagnant des parts de marché, plutôt que sur les marges de ces nouveaux traitements. Les premiers médicaments de Gilead dans le sida devraient perdre leur brevet et être concurrencés par des génériques dès l’an prochain. "A nous de rendre obsolètes nos médicaments avant que nos concurrents le fassent !", confie Michel Joly, le patron France de Gilead, à l’Usine Nouvelle. D’autant que les autorités européennes ont fait du ménage, divisant par deux le nombre de médicaments recommandés pour traiter le VIH. Sur les six traitements retenus, deux appartiennent à l’Américain, selon lequel 70% des patients séropositifs français sont soignés avec au moins une de ses molécules.

Dans les pays riches, l’enjeu des fabricants de médicaments est désormais de s’adapter à des patients âgés en moyenne de plus de cinquante ans, qui ne meurent plus du sida. Même si 1 700 décès étaient comptabilisés en 2014 dans l’Hexagone sur 150 000 malades, dont 6 400 nouveaux diagnostiqués chaque année. Leur innovation vise donc à faciliter l’adhérence aux traitements (en diminuant le nombre de prises), et améliorer leur tolérance en limitant les effets secondaires. La nouvelle génération de traitement de Gilead présenterait ainsi dix fois moins de toxicité en se concentrant sur les cellules cibles du VIH, selon Jean-Daniel Lelièvre, le responsable du service d'immunologie clinique et maladies infectieuses de l’Inserm à Créteil.

Gaëlle Fleitour

Gilead challengé dans l’hépatite C

Révolutionnaires il y a deux ans, les traitements de Gilead contre l'hépatite C, Harvoni et Sovaldi, sont déjà concurrencés par des médicaments beaucoup moins chers, comme celui du laboratoire américain Merck. Résultat, Gilead a vu ses derniers résultats trimestriels chuter de 2,6% à 7,8 milliards de dollars. Et doit, en France, affronter un nouveau débat. Des associations, comme Médecins du Monde et Aides, militent pour que le gouvernement autorise l’importation ou la production de génériques en France. Objectif, permettre de traiter tous les malades de l’hépatite C et non seulement ceux ayant une fibrose du foie avancée, la solution choisie par la ministre de la Santé en raison du prix élevé des médicaments disponibles.

 

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