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L'Usine Agro

Giffard et Bigallet: acquisition tout en douceur dans le sirop

Publié le

Leur fondation remonte à la même année: 1885. La plus importante de ces deux PME familiales, l’angevin Giffard, acquiert le dauphinois Bigallet. Alors que la première concentre ses efforts dans une quinzaine de départements, la seconde exporte ses liqueurs et sirops dans une quarantaine de pays.

Giffard et Bigallet: acquisition tout en douceur dans le sirop © Images: Giffard

La première s’est forgée une solide réputation régionale à partir d’un sirop à base de zestes de citron. La seconde a fait de même avec une liqueur rafraîchissante, diaphane, élaborée avec des feuilles de menthe poivrée que son inventeur, un pharmacien, avait ramenée d’Angleterre. La PME Bigallet, en Isère, est tombée pendant le second week-end d’avril 2010 dans le giron de la PME Giffard, à Angers. Le montnant de l'opération n'est pas communiqué.
Le nouvel ensemble, qui déploie un éventail de liqueurs, apéritifs et sirops, pèse près de 17 millions d’euros de chiffre d’affaires. En réalité, c’est un «rapprochement tranquille» qui s’est opéré entre deux sociétés complémentaires, toutes deux familiales et fondées la même année… en 1885. «Il me faut partir en retraite, à 60 ans, et je n’ai pas d’héritiers prêts à reprendre le flambeau», relève Dominique Bigallet, dont le frère Hubert conservera pendant quelques années encore ses fonctions de directeur de la production.

Selon Dominique Bigallet, «80 % du sirop produit dans le monde l’est en France.» Les entreprises évoluant dans la liqueur et le sirop aiment à perpétuer la douceur mêlée d’imaginaire de la tradition, n’ayant pas leur pareil pour renouveler leur gamme de saveurs mais évitant les heurts quand il s’agit de se bâtir un avenir. Les arômes les plus inattendus et même extravagants sont mis au point, dans des laboratoires, pour séduire des papilles exigeantes: pamplemousse rose, violette, pain d’épice, noisettes, etc. Puis de telles trouvailles sont soumises aux critiques de panels de barmen régulièrement mis à contribution.

LE SIROP, CA PEUT RAPPORTER GROS!

«Je ne voulais pas me vendre à des multinationales de l’agroalimentaire qui n’auraient pas respecté notre état d’esprit fondé sur la qualité», témoigne Dominique Bigallet. «J’ai préféré m’en remettre à la famille Giffard qui partage les mêmes valeurs que nous. Celle-ci nous garantit de pérenniser la marque et de maintenir notre usine employant une trentaine de personnes.» Dans la petite usine de Bigallet, à Virieu-sur-Bourbre, les fruits ne se laissent pas ternir par les produits de synthèse, à tel point qu’on s’y plait à peler, comme un siècle auparavant, citrons, oranges et autres fruits venus d’un peu partout.

Et le sirop, même en temps de crise, ça peut encore rapporter gros! «Nos ventes ont augmenté de 10 % en 2009 par rapport à 2008», garantit Dominique Bigallet. Une progression qu’a également connue Giffard, lequel a frôlé 12 millions de chiffre d’affaires l’an dernier. La PME Bigallet doit cette réussite non seulement au lancement constant de produits adaptés aux nouvelles tendances mais également à une stratégie commerciale dûment rôdée, ciblant les restaurants, les bars ; au total 3.500 clients actifs dans la Région Rhône-Alpes où, précise le patron sur le point de prendre sa retraite, «on consomme davantage de sirops qu’ailleurs». Bigallet, qui boude la grande distribution (tout comme Giffard, dans une moindre mesure), s’est payé le luxe de lancer une ligne «bio» qui lui vaut d’être bien en vue sur les gondoles de La Vie Claire.

JUSQU'AU MOYEN-ORIENT ET EN CHINE

Un tel savoir faire en matière de bio intéresse certainement Giffard qui possède une bonne longueur d’avance sur sa toute récente acquisition: alors que Bigallet se contentait de cultiver ses terres dauphinoises et lyonnaises, Giffard s’est lancé à fond dans l’international. Il fait apprécier ses liqueurs et sirops aux consommateurs avisés d’une quarantaine de pays, les exportations alimentant un bon tiers de son chiffre d’affaires. Dans une interview accordée à une publication régionale, Bruno Giffard, aux commandes de l’entreprise éponyme avec sa sœur Edith, distillait les précisions suivantes: «Fin 2009, nous avons commencé à exporter des sirops à destination des Emirats Arabes Unis et de l’Egypte, avant de nous implanter en Chine

Dans cette interview, Bruno Giffard insistait sur le travail de dépoussiérage de leur image auquel se sont attelés les liquoristes et producteurs de sirop : «Nous avons tiré profit de la mode du cocktail haut de gamme et des bars lounge apparue dans les bars anglo-saxons. Aujourd’hui, le côté «vintage» ou ancien est devenu branché.»

Retour aux sources: les bars les plus en vogue remettent au goût du jour des recettes d’il y a cent ans.

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