Ghosn a caché une partie de son salaire de Nissan pour rester à la tête de Renault

TOKYO (Reuters) - Carlos Ghosn a dissimulé une partie de ses revenus chez Nissan, craignant que le gouvernement français ne le force à quitter Renault si celui-ci découvrait le montant de sa rémunération, a déclaré jeudi un cadre du constructeur automobile japonais à un tribunal de Tokyo.

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Ghosn a caché une partie de son salaire de Nissan pour rester à la tête de Renault
Carlos Ghosn a dissimulé une partie de ses revenus chez Nissan, craignant que le gouvernement français ne le force à quitter Renault si celui-ci découvrait le montant de sa rémunération, a déclaré jeudi un cadre du constructeur automobile japonais à un tribunal de Tokyo. /Photo prise le 29 septembre 2020/REUTERS/Mohamed Azakir

L'ancien vice-président de Nissan en charge des affaires juridiques, Hari Nada, est l'un des principaux lanceurs d'alerte dans l'affaire intentée par les procureurs japonais contre Carlos Ghosn, ex-patron de Nissan et Renault arrêté en 2018.

Hari Nada a témoigné au procès de Greg Kelly, l'un des anciens responsables de Nissan, accusé d'avoir aidé Carlos Ghosn à dissimuler au fisc l'équivalent de 9,3 milliards de yens (73,7 millions d'euros) en rémunérations différées sur huit ans.

Déclarant avoir obtenu ces informations auprès de Greg Kelly, Hari Nada a indiqué au tribunal que Carlos Ghosn avait caché le montant réel de ses indemnités par crainte des répercussions en France.

"Il ne voulait pas être licencié. S'il se payait ce qu'il voulait et que cela avait été divulgué, l'État français se serait senti obligé de s'en défaire", a-t-il affirmé.

Le ministère français de l'Économie a refusé de commenter ces déclarations.

L'ex-patron de Nissan et Renault, qui dément les accusations de malversations financières et d'abus de confiance le visant, a fui en décembre 2019 au Liban alors qu'il se trouvait en résidence surveillée à Tokyo dans l'attente de son procès.

Hari Nada, qui a été rétrogradé après l'arrestation de Carlos Ghosn, a accepté de coopérer avec la justice nippone en échange de l'abandon des poursuites à son égard.

Ouvert en septembre dernier, le procès de Greg Kelly pourrait durer environ un an, à l'issue duquel il risque jusqu'à dix ans de prison et une amende de 10 millions de yens.

(Tim Kelly, avec la contribution de Gwenaelle Barzic, version française Juliette Portala, édité par Jean-Michel Bélot)

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