Gestion des nomenclatures et interopérabilité : les apports d’un Data Hub opérationnel

Dans l’ensemble du secteur industriel, les entreprises se trouvent aujourd’hui confrontées à des écosystèmes de données très hétérogènes. Issus de rachats successifs comme de multiples réorganisations, les différents systèmes de gestion PLM et ERP qui manipulent ces données communiquent difficilement entre eux. Les interactions avec un nombre croissant de partenaires, aussi bien pour la fabrication, la maintenance que pour l’assistance, obligent par ailleurs à relier les mêmes systèmes de l’entreprise avec ceux de multiples fournisseurs. Dès lors, l’opérabilité entre systèmes, tant internes qu’externes, devient un enjeu essentiel pour la performance de l’entreprise.

Partager
Gestion des nomenclatures et interopérabilité : les apports d’un Data Hub opérationnel

La gestion des nomenclatures Produit est un sujet particulièrement sensible. Non seulement les exigences en matière d’excellence opérationnelle, comme de continuité numérique tout au long du cycle de vie du produit, sont fortes pour permettre une plus grande agilité des cadences de production et réduire au maximum le « time to market ». Mais les produits eux-mêmes deviennent de plus en plus sophistiqués pour répondre aux attentes des clients, en intégrant aussi rapidement que possible les innovations susceptibles d’apporter un avantage concurrentiel. Par suite, la définition de produit doit intégrer, d’une part, toute la profondeur de l’ensemble des éléments qui composent ses différents systèmes, et d’autre part, l’analyse d’impact de tout changement du moindre composant au sein d’un ou plusieurs de ces systèmes.

Une gestion des configurations de nomenclatures Produit est évidemment clé pour la réussite d’un projet industriel, et la complexité grandit avec le nombre de pièces qui les compose. Mais la structure même du produit et ses interactions avec différents fabricants extérieurs, comme le besoin de gérer des versions spécifiques pour chaque client, peuvent devenir une source de coûts importants même dans le cas de produits composés de quelques centaines de pièces.

Une structure cohérente de définition des produits permet de prendre en charge la gestion des différentes versions pour l'ensemble des disciplines et des sites concernés et faire face aux exigences d’un marché global.

Unifier la définition des produits d'un bout à l'autre du processus d'innovation

On le comprend, l’un des principaux enjeux de la gestion de nomenclatures est l'interopérabilité entre les différents systèmes opérationnels qui manipulent les différents éléments (ou BOM’s )(1) : c’est elle qui va assurer la continuité numérique tout au long du cycle de vie du produit, et permettre des échanges standardisés tant pour les besoins internes que pour communiquer avec partenaires et fournisseurs.

Pour optimiser le processus de gestion des nomenclatures et standardiser la structure des produits et des processus, il faut relier les phases de conception, d'ingénierie et de fabrication, quels que soient les échanges internes ou externes qui y participent : c’est le rôle d’une plateforme unifiée et sécurisée de gestion des nomenclatures.

Les référentiels de nomenclatures traditionnels savent intégrer toutes les définitions utiles des structures Produit, la description des métadonnées des pièces élémentaires qui les constituent comme les calendriers de fabrication et toutes les données de référence associées aux catalogues Produit.

Mais le simple stockage des éléments constitutifs des produits ne suffit plus. Pour assurer l’interopérabilité entre les systèmes, il s’agit de pouvoir fournir directement à l’ensemble des processus qui en ont besoin, de la conception à la fabrication, une définition unifiée de la nomenclature Produit. Cela passe par la définition d’un référentiel sémantique offrant une description unifiée des composants produits.

Une plateforme de gestion des nomenclatures qui intègre toutes les descriptions issues de systèmes internes et externes, permet de faciliter la correspondance et les échanges de données. Des fonctions d’import de données structurées ou non structurées – certains catalogues étant sous forme de simples PDF par exemple, comme des fonctions d’harmonisation – via le rapprochement et l’enrichissement de données, et de déduplication pour éviter les redondances inutiles, transforment ainsi les outils traditionnels de gestion de configuration en véritable Hubs de transformation de données. En s’appuyant sur un référentiel sémantique, ils permettent d’adapter la structure Produit à la volée pour le consommateur de la donnée. La gestion de l’effectivité peut alors s’effectuer au niveau même de la donnée. Des fonctions de stockage de toutes les données élémentaires que de tels dispositifs proposent sont en outre très précieuses pour assurer la traçabilité des opérations, comme la capacité de revenir en arrière.

Optimiser les échanges, de la conception à la livraison

Pour aller plus loin, un Data Hub de nomenclature opérationnel ne consolide pas seulement les descriptions ; il met les données de BOM's à disposition de tous les programmes de l’entreprise, tant au niveau PLM que des ERP, comme des applications d’échange avec partenaires et fournisseurs.

Le plus délicat est de faire la jonction entre la eBOM de référence et les variantes de production. C’est sur ces aspects aussi qu’un Data Hub opérationnel apporte de la fluidité et des automatismes qui facilitent la mise en cohérence de ces nomenclatures et leurs évolutions.

Ainsi il contribue à l’optimisation de la performance opérationnelle, grâce à :

  • la rationalisation de l’approvisionnement des pièces en assurant la définition précise des composants du point de vue de l’entreprise, indépendamment des fournisseurs, et en normalisant leur définition ;
  • l’optimisation des stocks en permettant de mieux anticiper les commandes ;
  • la consolidation des données de bons de commande, de données Fournisseurs, de coûts de main-d’œuvre, en permettant de créer une chaine de bout en bout et de valider le prix de la BOM ;
  • la possibilité d’avoir une vue des coûts du design, de la fabrication et de la livraison;
  • l’optimisation des achats de matières premières en capitalisant sur les besoins transverses aux produits.

En conclusion, quelle que soit la composition de vos produits, gérer leurs nomenclatures et configurations est essentiel. La façon d’organiser la nomenclature dans la CAO ne convient pas forcément à la production qui a une vue différente de celle de la conception. Les données envoyées dans le système ERP peuvent être hétérogènes. Avec un Data Hub opérationnel, vous pouvez gérer les différentes nomenclatures quelles que soient leurs sources et les stocker dans une plateforme de données unique et centralisée, qui fera le lien entre les différentes composantes pour mieux les surveiller et tenir compte des impacts et assurer une traçabilité totale.

(1) Le sigle utilisé pour désigner une nomenclature varie en fonction de l'usage qui en est fait. On parlera d'EBOM (Engineering Bill Of Materials) pour la nomenclature d'un produit tel que conçu en ingénierie, de MBOM (Manufacturing Bill Of Materials) pour la nomenclature d'un produit tel que fabriqué en usine ou tout simplement de BOM pour une nomenclature non spécifiée ou pour un ensemble de nomenclatures diverses.

(2) « Product structure »

Contenu proposé par MarkLogic.

Sujets associés