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Gestion des déchets industriels au Maroc : les entreprises de la zone de Sidi Bernoussi misent sur le volontariat

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Une vingtaine des 500 entreprises de la zone industrielle de Sidi Bernoussi près de Casablanca ont déjà signé la nouvelle charte environnementale présentée par leur association Izdihar. Pour l’heure, le traitement des déchets industriels reste informel ou dépend du bon vouloir des chefs d’entreprises comme dans la plupart des villes du Maroc. A l'heure de la COP22, la ministre de l'Environnement Hakima El Haite voudrait que cela change. Mais cela prendra du temps.

Gestion des déchets industriels au Maroc : les entreprises de la zone de Sidi Bernoussi misent sur le volontariat
Nouzha Taariji Marrakchi, présidente de Izdihar, l'association de la zone industrielle de Sidi Bernoussi
© DR

"Par la sensibilisation nous voulons mener les industriels à relativiser le sentiment de contrainte pour les amener à se mobiliser plus fortement", tel est le credo de Nouzha Taariji Marrakchi, présidente d'Izdihar, l'association de la zone industrielle de Sidi Bernoussi en périphérie de Casablanca. Lundi 13 juin, elle a invité les entreprises de la zone à signer une charte environnementale dont la modestie pourrait faire l’efficacité. En seulement sept articles, dont cinq relèvent de la mise en œuvre de textes de lois, les industriels s’engagent sur un principe, celui de réduire leur impact environnemental. De bon aloi à quelques mois de la COP22 à Marrakech.

Au total, ce lundi 13 juin, seules une vingtaine d’entreprises étaient présentes pour signer la charte, sur un total de plus de 500 entreprises installées dans les zones industrielles d'Ahl Loghlam, Sidi Bernoussi, Sidi Moumen, Karea et Beaulieu, entre Casablanca et Mohammedia. Intervenant essentiellement dans les secteurs textiles, métallurgiques et chimiques, elles réalisent 30% du chiffre d’affaires industriel du Grand Casablanca selon Izdihar avec 67 milliards de dirhams par an (1 000 dirhams = 92 euros) et emploient 50 000 salariés.

"C’est sur l’axe Kenitra Casablanca que nous avons relevé le plus de cas de maladies asthmatiques de tout le pays. Une mortalité anormale des poissons et une toxicité élevée des crustacés a été relevée à plusieurs reprises à cause des rejets industriels en mer", a voulu rappeler et souligner la ministre chargée de l’Environnement Hakima El Haite.

Des lacunes dans la gestion des déchets industriels

A Sidi Bernoussi, comme dans la plupart des zones industrielles du royaume, à quelques exceptions près, comme la zone industrielle de Bouskoura, qui se veut  plus écologique, le ramassage des déchets industriels et la collecte des rejets liquides n’est pourtant pas organisée de façon globale. Seul un centre de tri inauguré en octobre 2014 par le roi lui-même permet la collecte et le tri des déchets ménagers et industriels banals des usines à proximité.

"Jusque-là, le ramassage des déchets était organisé par un délégataire mais on avait sans cesse des problèmes. Ce dernier ne prenait pas certains déchets, pas certains volumes, ne ramassait pas ce qui n’avait pas été déposé à temps…", déplore Mohamed Iraqui, directeur général de l'entreprise Lytho Typo Marocaines et vice-président de l’association Izdihar.

Pour les rejets industriels à proprement parler, dont certains sont toxiques, aucune gestion collective en dehors de la bonne volonté de chaque chef d’entreprise.

"Nous n’avons pas réussi à mettre en place des normes de rejets car nous avons des équilibres économiques à préserver. J’ai commencé au sein du ministère par les décharges parce que c’était plus simple, car s’intéresser aux rejets industriels c’est prendre le risque d’une confrontation entre l’Etat et les entreprises, or nous avons besoin de vous, a avoué la ministre chargée de l’Environnement. Aujourd’hui, nous voulons aller avec vous vers les normes de rejets. Je souhaite que Sidi Bernoussi soit une zone industrielle modèle."

En fait, des Valeurs limites de rejets (VLR) des industries du papier et du sucre sont entrées en application en août 2011 et juillet 2012 pour les industries du ciment et du traitement de surface.

L’arrêté du 28 octobre 2013 qui impose à son tour des valeurs limites de rejets aux industries levurières, de raffinage de pétrole, de céramique, de textile et de peintures  - et par défauts à toutes les autres activités - n’entrera en vigueur qu’en 2018.

"Les industriels doivent se préparer à appliquer ces normes. Nous avons réalisé une enquête publique et envoyé dans ce cadre un formulaire pour sensibiliser les entreprises, mais seuls une dizaine nous l’a renvoyé", constatait à regret Abdelaziz Zerouali, directeur de l’Agence de bassin hydraulique de Chaouia Bouregreg, en mars.

Valoriser les déchets permettra d'y intéresser les entreprises

De tous les rejets, les déchets solides sont ceux qui attirent les premiers l’attention des industriels car ils sont valorisables, en d’autres termes : rentables.

"La logique d'Unilever, c’est de faire du business et de gagner avec l’environnement, reconnaît avec beaucoup de franchise Jean-François Etienne, le directeur général de Unilever Maghreb au Maroc, signataire de la charte. "Notre projet zéro déchet [recyclable] à la décharge est un succès. Ce sont ainsi 350 000 euros de dépenses évitées. Aujourd’hui, cela représente trois nouveaux emplois au sein d’Unilever."

Sidi Bernoussi voit également la construction du premier centre de valorisation formel des batteries. "Nous devrions obtenir l’autorisation finale d’ouvrir ce mois-ci. Nous pourrons ensuite mettre en place les centres de collecte et le ramassage des batteries mortes chez les électriciens, les garages … ", détaille Mohamed Lacham, directeur général d’Electra Batterie et signataire d’une convention en 2014 avec le ministère de l’Environnement pour la mise en place d’une filière de valorisation des batteries usagées.

"Aujourd’hui, ce sont déjà 18 000 tonnes par an de batteries usagées qui sont retraitées au Maroc dans l’informel. Le problème, c’est qu’elles sont cassées à la main et que des liquides peuvent s’échapper à cette étape et finir dans le sol et les déchets de plombs finir en décharge", précise-t-il. La gestion des déchets industriels au Maroc s'annonce comme une longue bataille.

Julie Chaudier, à Casablanca

 

Sidi Bernoussi, localisation de nombreuses entreprises industrielles, est situé entre Casablanca et Mohammedia

 

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