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L'Usine Maroc

Gestion des déchets au Maroc (2/5) : deux écotaxes sur les huiles moteurs et les pneus en préparation

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Publié le

Les huiles moteur et les pneus pourraient faire l'objet d'une redevance pour financer des filières de retraitement. Le projet pourrait être adopté lors de la prochaine loi de Finance. Mais les millions d'euros collectés dans le cadre de la première écotaxe sur le plastique sont toujours bloqués et inutilisés. Les plasturgistes craignent de voir cet argent profiter à d’autres. A l'approche de la COP22 à Marrakech, deuxième d'une série de quatre articles sur le sujet alors que le Maroc veut p asser d’un taux de recyclage global de 10 à 20%.

Gestion des déchets au Maroc (2/5) : deux écotaxes sur les huiles moteurs et les pneus en préparation
Selon le projet, l'écotaxe s'élèverait à 1,5% ad valorem pour les pneus.
© DR VenV

"Nous les avons soumises au ministère des Finances pour qu’elles soient inclues dans la loi de finances 2017. On croise les doigts !" C'est ce que révèle Loubna Elabed, chef de service de valorisation des déchets non dangereux, au ministère délégué à l’Environnement. Ce ministère, en collaboration avec celui de l’Industrie, veut créer deux nouvelles écotaxes sur la production et l’importation d’huiles moteur neuves et de pneus neufs.

Selon la proposition soumise au ministère des Finances, il s’agirait de taxer l’importation et la production des huiles à hauteur de 35 dirhams (3,2 euros) par tonne et les pneus à hauteur de 1,5% ad valorem. "Sans ces écotaxes nous ne pourrons pas financer la collecte et le transport des huiles et des pneus usagés jusqu’aux unités de regénération mises en place dans le cadre des filières de valorisation que nous essayons d’organiser", souligne Loubna El Abed.

L'adoption de ces deux écotaxes n'a rien de certain. Ce 7 octobre se tiennent les législatives qui doivent renouveler la chambre des Représentants et dans leur suite voir l'arrivée d'un nouveau cabinet prenant la suite de l'actuel gouvernement Benkirane. Il faudra donc que la future majorité parlementaire reprenne à son compte ces écotaxes.

Si elles sont adoptées, ce dispositif suivrait la première écotaxe appliquée à l’importation de granulés de plastiques, une mesure au succès encore mitigé après avoir été rabotée quant à son taux. "La taxe est passée de 1,5% initialement prévu à seulement 1% ad valorem parce que les industriels considéraient qu'elle était trop lourde", rappelle Loubna Elabed. Aujourd’hui, selon nos sources, plusieurs centaines de millions  de dirhams collectés dorment toujours dans les caisses de l’Etat. Depuis l’entrée en application de la loi en janvier 2014, ces fonds n’ont pas été utilisés.

"L’argent du plastique est bloqué"

Pire, les plasturgistes craignent beaucoup de voir leur argent profiter à d’autres. "Le Comité d’orientation stratégique de l’écotaxe qui réunit patronat et ministères de l’Environnement et de l’Industrie évoquait au départ la mise en place de centres de tri, mais nous ne voulons pas que notre argent serve à financer la collecte et le tri de déchets des autres secteurs. Nous ne voudrions pas non plus qu’il bénéficie au secteur informel", s'alarme un industriel adhérent de la Fédération marocaine de la plasturgie ayant requis l’anonymat.

Au contraire, la Fédération voudrait que ces millions de dirhams financent des subventions dans le cadre du futur Ecosystème de valorisation des déchets plastiques. "Il prévoit notamment l’instauration de centre de tri, mais dans ce cas, nous en serions directement gestionnaires et le premiers bénéficiaires", explique notre plasturgiste.

"L’argent est bloqué en attendant la signature du contrat de performance. Il sera financé par l’écotaxe et par le Fonds de Developpement Industriel (FDI)" qui établira l’Ecosystème de valorisation, rassure Loubna Elabed. Le contrat est prêt, mais sa signature a été repoussée plusieurs fois depuis le début de l’année. Avec sans doute des délais supplémentaires à attendre du fait des élections. Ce qui laisserait aussi passer la COP22 qui débute le 7 novembre.
Julie Chaudier, à Casablanca

 

Passer d’un taux de recyclage de 10 à 20%
Aujourd’hui, le Maroc parvient à recycler 10% de ses déchets grâce aux travailleurs informels, ou chiffonniers, qui les collectent en ville, sur les décharges ou auprès des entreprises. Pour atteindre l’objectif de 20% fixé à 2015 et repoussé, à 2020, les ministères de l’Environnement et de l’Industrie travaillent à la mise en place de 9 filières de valorisation des déchets dangereux et non dangereux. Les filières de valorisation des batteries usagées et des PCB ont déjà été lancées.

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