Géopolitique de la crise

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Géopolitique de la crise
Force est de le reconnaître, le premier ministre Britannique Gordon Brown aura réussi là où les autres chefs d'Etat Européens ont échoué : imposer son point de vue sur un "plan européen de financement". Cette déclinaison européenne du plan de sauvetage appliqué aux banques en Angleterre, a finalement suscité l'adhésion de l'Eurogroupe ce week-end.

C'est finalement assez ironique que ce soit l'Angleterre qui donne le la sur ce plan alors que l'axe franco-allemand a du mal depuis le début de la reconnaissance de la crise à afficher une unité, même de façade.

Néanmoins, un des effets collatéraux de cette crise aura été de repositionner cet axe franco-allemand, enrichi de l'Italie et de l'Angleterre - dernier pays toujours surprenant -, au cœur de l'Europe et de l'initiative européenne, alors que l'Europe centrale commençait à prédominer sur le circuit décisionnel de l'UE. Le contrepoids anglais aura finalement rétabli l'équilibre européen, malgré une adhésion lâche d'Albion, toujours soucieux de préserver la livre sterling, à l'idée d'une Union Européenne soudée.

De manière plus générale, quelle que soit l'issue de cette crise, les équilibres géopolitiques et géoéconomiques s'en trouveront eux aussi modifiés. Le plus flagrant restant le sauvetage de l'Islande par la Russie. Un sauvetage non dénué d'arrière pensées on s'en doute. Le soutien sans faille des chinois au dollar américain est là aussi un pari à moyen terme.

Finalement, c'est à se demander si le grand perdant de cette histoire n'est pas l'Amérique. La domination financière et normative du continent est largement mise à mal. En proposant de revoir les règles comptables, les règles financières et de supervision, l'Europe peut largement reprendre l'avantage et se détacher des normes (financières, comptables, économiques...) imposées par la domination des Etats-Unis. L'Europe possède une vraie fenêtre pour reprendre la main. Peut-être.


Fabrice Frossard

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