Genzyme plus attrayant pour Sanofi que pour GlaxoSmithKline

par Ben Hirshler

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LONDRES (Reuters) - De Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline (GSK), le premier semble favori pour acquérir Genzyme, estiment les experts du secteur pharmaceutique qui soulignent que le britannique est déjà présent dans le secteur des maladies rares via son accord avec le japonais JCR Pharmaceuticals.

Des sources proches du dossier ont rapporté vendredi que Sanofi, en quête d'une acquisition importante, avait approché la société biotechnologique américaine, faisant bondir le titre de Genzyme de 15,4% à 62,52 dollars.

Le Wall Street Journal a rapporté de son côté que GSK avait récemment fait une "approche très informelle".

Mais les spécialistes du secteur pharmaceutique et les analystes rappellent que le directeur général du groupe britannique, Andrew Witty, a la réputation d'être prudent dans les opérations de fusions et acquisitions et qu'il est peu probable qu'il fasse le siège de Genzyme.

La présence de la société américaine dans les maladies rares constitue l'un de ses principaux atouts. Il s'agit d'un marché à fortes marges qui suscite de plus en plus de convoitise parmi les grands acteurs du secteur.

Or Glaxo a déjà accès à ce marché après être devenu le principal actionnaire de JCR en mars en prenant une participation de 17% dans le japonais.

QUI VEUT LE PLUS DE GENZYME ?

En outre, le groupe britannique a moins de besoins stratégiques justifiant une acquisition importante que son homologue français.

"Glaxo est moins susceptibles d'entrer dans un processus concurrentiel", juge Gbola Amusa, analyste chez UBS.

"Dans le cas de Glaxo, ils sont dans une phase postérieure au contrecoup des génériques, ils en sortent, Glaxo n'a donc pas le profil pour réaliser une transaction importante justifiée par un besoin de croissance", ajoute-t-il.

"La question est: qui veut le plus Genzyme ? Selon nous, Sanofi devrait sortir vainqueur, simplement parce qu'ils sont relativement en retard en matière de capacités biotechnologiques par rapport à leurs concurrents et ils doivent mieux diversifier leurs rouages de Recherche & Développement à l'international."

Ni Glaxo ni Sanofi n'ont souhaité faire de commentaires.

Genzyme a connu des problèmes de production qui ont provoqué la pénurie de deux de ses médicaments les plus vendus et qui l'ont laissé à un niveau de valorisation assez bas et vulnérable à une offensive.

Sanofi est de son côté confronté à l'expiration de brevets de certains de ses produits phares.

Vendredi soir, le groupe a abaissé sa perspective de bénéfices par action pour 2010, tout en maintenant ses prévisions pour 2013, après que les autorités de régulation américaines eurent donné leur feu vert à un générique de son anticoagulant Lovenox.

Vers 11h15 GMT, Sanofi prenait 0,43%, tandis qu'au même moment GSK reculait de 2,4%.

Ben Hirschler, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Nicolas Delame

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