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L'Usine Auto

[Genève 2018] Les cinq principes de design au cœur du véhicule autonome partagé EZ-GO de Renault

Sylvain Arnulf , , ,

Publié le

Laurens van den Acker, le Monsieur Design de Renault, et Stéphane Janin, responsable du design des concept-cars, livrent les idées qui sous-tendent la création du concept-car EZ-GO, présenté ce 6 mars au salon de Genève.

[Genève 2018] Les cinq principes de design au cœur du véhicule autonome partagé EZ-GO de Renault
Stéphane Janin et Laurens van den Acker (de dos) au centre de design Renault.
© Renault - Jean-Christophe Mounoury

Créer un véhicule fonctionnel mais beau, partagé mais pas impersonnel, spacieux à l’intérieur mais sachant se faire oublier vu de l’extérieur... Tels sont les paris que se sont lancés les designers de Renault au moment de créer le concept-car EZ-GO, présenté en première mondiale au Salon Automobile de Genève, qui ouvre ses portes ce mardi 6 mars.

 

 

A lire aussi : "EZ-GO la première Renault sans volant, pédales... ni portières

 

 

Laurens van den Acker, directeur du design industriel du groupe Renault, et Stéphane Janin, en charge du design des concept-cars, dévoilent leurs partis pris et la vision de la mobilité partagée autonome de demain qu’ils défendent à travers cette étude de style.

Créer un véhicule "iconique"

Façonner un objet de mobilité "iconique" : c’était l’idée de départ couchée sur le papier il y a un an par l’équipe design du constructeur. "J’ai toujours été séduit par le black cab à Londres, les taxis jaunes de New York, l’idée d’un véhicule comme symbole d’une ville", confie Laurens van den Acker. EZ-GO a été imaginé en vue de remplir la même fonction à l’ère du véhicule électrique, connecté, partagé, autonome. "Nous pensons que pour une ville, un robot-véhicule pourrait devenir un symbole de progrès, de modernité. Cela pourrait devenir l’équivalent du TGV il y a  vingt ou trente ans", estime Laurens van den Acker.

Casser les codes de l’auto

Une icône doit se reconnaître au premier coup d’œil. Renault a donc tourné le dos aux options stylistiques de ses concurrents, dont les navettes autonomes, qui reprennent les codes des utilitaires (comme le Sedric de Volkswagen ou l’e-Palette de Toyota) se ressemblent toutes. "L’idée dominante est que nous serions condamnés à circuler dans des véhicules génériques, des sortes de télé-cabines. C’ en serait fini du design de l’esthétique, du désir. Nous voulons contrer cette idée reçue. Je ne dis pas que Renault n’investira pas le segment de marché des robot-véhicules basiques, pour ceux qui cherchent le prix le plus bas et la fonctionnalité. Mais ici, le design est un élément différenciant, primordial".

D’où l’idée de casser les codes du véhicule autonome et du véhicule tout court. On entre dans l’EZ-GO par l’avant, debout, ou aussi facilement dans un fauteuil roulant grâce à une rampe d’accès. "Tout le monde y entre de la même façon, que l’on soit jeune, vieux, limité dans ses mouvements, il n’y a pas de stigmatisation", juge Laurens van den Acker.  Il n’y a pas de poste de conduite, ni volant ni pédales ; pas de portières sur le côté. Juste une "cellule de vie" en verre, avec un plancher plat en bois, une large banquette en U comme suspendue à l’intérieur. Les passagers son côte à côte, mais aussi face à face. Cela concourt à casser l’aspect impersonnel d’un véhicule partagé, comme pour redonner son sens à l’expression "transport en commun".

Clin d'oeil aux codes visuels de Renault : la forme générale est trapézoide, ce qui n'est pas sans rappeler le fameux losange de la marque... logo que l'on retrouve d'ailleurs bien visible sur les côtés.

Effacer la technologie…

Pour créer une bulle de discussion intérieure, outre la configuration en forum, les designers ont limité les distractions visuelles. L’habitacle est beaucoup plus "low tech" qu’attendu dans ce type de véhicule futuriste. Pas d’écran à foison, ni d’interface compliquée. "De toute façon les gens ont déjà des écrans sur eux, pas la peine d’en rajouter à bord. Nous en avons juste intégré un affichage  discret pour fournir les informations de base : savoir où l’on va ce qui se passe", détaille Stéphane Janin. A bord la simplicité est de mise avec un travail sur la lumière, les couleurs, le choix des matériaux. Au final l’intérieur est entièrement tourné… vers l’extérieur, comme une fenêtre ouverte sur la ville.

… jusqu’à rendre le véhicule invisible ?

EZ-GO a été pensé pour se fondre presque intégralement dans l’environnement urbain, avec le jeu sur la transparence. Son antenne Lidar va jusqu'à se rétracter lorsqu'il est à l'arrêt. S’efface-t-il pour mieux se faire accepter, à l’heure où la voiture est bannie des centres-villes ?  Laurens van den Acker ne va pas jusque-là. "La pression visant à enlever la voiture de la ville n’est pas liée à l’objet mais à la pollution, donc principalement à la motorisation. En tant que designer, je n’ai pas de prise sur la pollution atmosphérique, mais davantage sur la partie visuelle et cela m’intéresse ! Aujourd’hui les véhicules cachent le paysage urbain, pensez aux bus à impériale par exemple. L’EZ-GO n’est pas plus long qu’un minibus, mais beaucoup plus bas : il cache bien son volume imposant avec un travail sur la forme et la transparence".

Un constructeur automobile comme Renault a donc des choses à dire sur l’empreinte de l’automobile en ville et l’occupation de l’espace urbain... et c’est relativement nouveau. L’équipe d’EZ-GO a même dessiné une station d’accueil pour véhicules partagés qui pourrait être adoptée par les villes lorsqu’un système de transport de ce type sera mis en place, dans les années 2020.

Créer un service autant qu’un objet

Un designer UX (interface utilisateur) a épaulé les designers chargés de l’intérieur, de l’extérieur et de l’écosystème ayant planché sur le véhicule. L’occasion d’imaginer les expériences qui pourraient accompagner un tel modèle que l’on n’achètera plus mais que l’on consommera à la demande. "On n’a pas voulu s’arrêter au scénario de base de commande d’un véhicule depuis un smartphone ou une station, mais en imaginer d’autres", explique Stéphane Janin. "Plusieurs programmes spécifiques ont été pensés, comme des trajets touristiques, des courses 'girls only', des sorties thématiques entre amis… Il y a beaucoup de moyens de rendre ce transport partagé plus chaleureux et personnel".

Renault mène des expérimentations à Saclay et Rouen pour tenter de cerner les attentes de la population. De quoi nourrir de futures études de style sur le sujet : deux autres concept-cars autour de la mobilité doivent être présentés cette année.

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