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[GENEVE 2016] Après l'Asie, des constructeurs tournés vers l’Amérique

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Analyse Le salon de l'automobile de Genève ouvre ses portes sur un marché mondial transformé. Après de fortes baisses des ventes dans les pays émergents, l'Europe a connu une belle progression en 2015, mais c'est le marché américain qui offre aujourd’hui de belles perspectives. 


Maserati présentera son premier SUV, le Levante (crédits : Maserati)

Un défilé de 4x4, de SUV, de sportives et de breaks de luxe, mais peu ou pas de low cost… Les nouveautés exposées cette année à Genève font davantage penser au salon de Detroit qu'à celui de Shanghaï. Il faut dire que le marché automobile mondial a profondément changé en moins d’un an. Lors de l'édition précédente, les constructeurs n’avaient qu’une obsession : les marchés émergents et leurs perspectives de croissance incroyables, à l’instar de DS avec la DS5 LS, spécialement conçue pour le marché chinois.

Tout a changé depuis. Le marché chinois s’est fortement ralenti. Le groupe PSA Peugeot Citroën y a vu ses ventes baisser de 0,9% en 2015 par rapport à 2014. A cela s’ajoute l’effondrement des marchés russe et brésilien (-45% en Russie, -28% au Brésil). Heureusement, la croissance est venue des “vieux” marchés que sont l’Europe et les Etats-Unis.

Le marché européen a été porteur en 2015, avec des immatriculations en hausse de +9,3 % par rapport à 2014. Les deux constructeurs français ont profité de cet accroissement des volumes pour gagner en compétitivité et renouer avec la rentabilité (résultat d’exploitation triplé pour PSA et quasiment doublé pour Renault). Mais cette période de faste sera vraisemblablement de courte durée. L’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) s'attend à ce que la croissance s'atténue en 2016, pour atteindre 2 % environ.

Les Etats-Unis en ont fini avec la crise

Les Etats-Unis, deuxième marché pour les véhicules neufs après la Chine, ont eux aussi affiché une bonne dynamique. Pétrole au plus bas et pouvoir d'achat en hausse ont permis aux ventes d'atteindre un niveau record en 2015, à 17,47 millions de véhicules, dépassant pour la première fois le niveau enregistré en 2000 avant la crise.

Les “big three” (Ford, General Motors et Fiat Chrysler Automobiles) ont battu tous les trois leurs propres records de ventes, mais la tendance s’étend à pratiquement tous les constructeurs présents sur ce marché. Par exemple, le suédois Volvo a progressé a progressé de 24% aux Etats-Unis, c’est deux fois plus qu’en Europe (+10,6%). Nissan a vendu 7% de véhicules supplémentaires. Les principales marques présentes aux Etats-Unis ont toutes progressé en 2015, à l’exception de Dodge (-10%), Buick (-3%), et Volkswagen (-5%).

Des perspectives positives pour 2016

Surtout, la reprise semble plus pérenne qu’en Europe. Si Ford s’attend à des ventes au moins équivalentes pour 2016, chez GM on estime que tous les facteurs sont réunis pour que la croissance se poursuive. Le marché américain, après six années de progression, devrait encore croître pour dépasser la barre des 18 millions de véhicules avant de se stabiliser, selon les analystes. Ce qui laisse encore de belles perspectives aux constructeurs.

Autre signe qui ne trompe pas : les équipementiers construisent de nouvelles usines en Amérique du Nord, à l'image de Plastic Omnium, qui voit dans ce marché "la principale zone de croissance du groupe pour le futur". Le spécialiste des éléments de carrosserie y a ouvert deux sites en 2015 et prévoit encore trois inaugurations d'ici 2017.

Seul absent du continent nord-américain, PSA Peugeot Citroën pourra-t-il maintenir ses bons résultats de 2015 tout en restant éloigné de ce marché aussi dynamique ? Carlos Tavares, le président du directoire du groupe, souhaite privilégier une croissance organique, mais dit rester ouvert à toute opportunité de croissance externe. S'il ne visait que le marché américain, PSA pourrait dépasser les parts de marché de l'Alliance Renault-Nissan en s'alliant à Fiat Chrysler Automobiles, qui y possède les marques Jeep, Dodge, Chrysler et Ram.

Des 4x4 oui, mais technologiques

Alors, si le salon de Genève voit ainsi se multiplier les 4x4, faut-il y voir une stratégie des constructeurs pour séduire les conducteurs américains ? Rien n'est moins sûr, étant donné que les modèles proposés sont pour la plupart des crossovers compacts (Audi Q2, Kia Niro, Seat Ateca...). Trop petits pour les grands espaces de l'ouest américain, ces modèles séduisent en revanche les acheteurs de l'ouest de l'Europe par leur électronique embarquée. Oublié le low cost : le cru Genève 2016 a des parfums de technologie, de connectivité, d'hybridation, d'aides à la conduite... Le tout dans un 4x4 sinon rien !

Frédéric Parisot

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