Génétique : Plantes transgeniques, pourquoi elles vont s'imposer

Au coeur d'un débat houleux, le gouvernement vient d'autoriser la commercialisation de plantes génétiquement modifiées sous réserve d'un étiquetage déjà décrié. En France, les premiers semis de maïs transgéniques devraient avoir lieu ce printemps. Accepté avec réticences par les pays européens, ces cultures " high tech " sont déjà une réalité outre-Atlantique. Enjeu pour l'agrochimie : un marché estimé à 33 milliards de francs. A la condition qu'elles remplissent leurs promesses pour l'industrie et l'agriculture.

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"De l'authentique, pas du génétique ! " Au siège parisien de Danone, on n'en est pas encore revenu ! Spectacle peu ordinaire, en effet, que de voir cette poignée de militants de Greenpeace, harnachés comme des alpinistes, déroulant le 28 janvier sur la façade de l'immeuble de la rue de Téhéran une gigantesque banderole. Leur but ? Faire pression sur le premier groupe alimentaire français pour qu'il n'emploie pas d'organismes génétiquements modifiés (OGM) dans ses produits. Car, si l'épisode de " Tintin " dans lequel le Professeur Tournesol parvient à cultiver ses " oranges bleues " dans le désert relève toujours de la science-fiction, ce n'est plus le cas des plantes transgéniques. Ces maïs, colza, soja ou tomate auxquels un ou plusieurs gènes ont été ajoutés ou que l'on a modifiés pour leur donner un " plus ", comme la résistance à un insecte, sont aujourd'hui une réalité. Par dizaines, ces plantes " high tech " attendent d'être autorisées en Europe. Et la plupart des protagonistes du dossier en sont persuadés : les plantes transgéniques vont bientôt s'imposer. Reste à savoir dans quelles conditions. " Halte à la pollution génétique ! " ; " Les OGM sont un progrès pour l'humanité " ; " Nous voulons savoir ce que nous mangeons " ; " L'agriculture a le droit à l'innovation "... Au terme d'une empoignade mêlant tout à trac écologistes, organisations de consommateurs, dirigeants agricoles, industriels et politiques, le gouvernement Juppé a tranché. Le 2 février, par un avis paru au " Journal Officiel ", il a autorisé, sous réserve d'étiquetage, l'utilisation dans les alimentations animale et humaine d'organismes transgéniques. Quant au " maïs BT " de Ciba-Geigy, il est autorisé à la vente depuis le 5 février. Le feu vert pour sa culture ne devrait être qu'une formalité, toutes les étapes techniques ayant été franchies. En clair, ce printemps, pour la première fois, un maïs transgénique sera semé en plein champ. Un enjeu majeur : la France produit à elle seule la moitié des 25 millions de tonnes de maïs européen ! Il était temps ! Comme s'exclame ce spécialiste d'un dossier où se mêlent gros sous et sécurité alimentaire, " on nageait en plein Kafka ". Un exemple : en décembre, soucieux de ménager l'opinion, Philippe Vasseur, le ministre de l'Agriculture, bloquait dans les ports du maïs américain pouvant contenir des OGM - l'embargo a été levé il y a quelques jours -, mais, depuis novembre, des cargos entiers de soja américain vident leurs cales dans les ports européens (" Libération " en faisait sa " une " sous le titre " Alerte au soja fou ! "). Ces cargaisons, nul ne peut en effet en garantir la nature, puisque les chargeurs américains n'ont pas voulu séparer les récoltes. Supposées donc contenir quelques pourcents de soja transgénique, elles alimentent depuis l'industrie huilière ou de l'alimentation animale. Même si certains industriels, comme Uni- lever, affirment avoir pu jusque-là s'approvisionner sur l'ancienne récolte.


Un gigantesque pactole

Au-delà des polémiques, est-on à la veille d'une nouvelle ère dans l'amélioration des plantes, alors que, par sélection classique, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le rendement moyen du maïs a bondi de 12 à 82 quintaux à l'hectare en France ? Une autre révolution verte se profile-t-elle alors que la population mondiale croît de 80 millions d'individus chaque année, que le niveau de vie - et donc la demande - s'améliore et que les terres arables sont par définition limitées ? C'est ce que semblent montrer les mirifiques projections des géants mondiaux de l'" agribusiness ". Comme un seul homme, ils misent désormais des milliards de dollars. Voire en font le coeur de leur stratégie, tel Monsanto. Voilà une dizaine de jours, la coopérative du Sud-Ouest Pau-Euralis, troisième semencier européen, a elle aussi dé- cidé de marier ses biotechnologies avec celles de Limagrain, numéro 3 mondial, sous l'égide de Sofiprotéol, le bras financier des producteurs d'oléagineux. Un ensemble dont le budget de recherche-développement pèse 50 millions de francs et dont l'objectif est d'être incontournable pour l'accès des apporteurs de technologies sur le marché français.

L'enjeu, pour tous ces zélateurs de la transgénétique ? Doper le marché mondial de l'agrofourniture, dont les dix premières compagnies mondiales, Novartis, Monsanto et AgrEvo en tête, en contrôlent déjà les trois quarts, et qui pèse 130 milliards de francs pour la protection des plants et 75 milliards pour les semences. Car sa croissance ne devrait pas dépasser 8 % au total d'ici à 2005, sauf si les OGM tiennent leur promesses. Auquel cas, ce seront quelque 33 milliards de francs d'activités nouvelles qui seraient générées par les biotechnologies. Un gigantesque pactole ! Pour le toucher, il faudra convaincre l'opinion, l'industrie et, d'abord - on l'oublie parfois -, " les agriculteurs d'acheter ces semences d'un type nouveau pour accroître leurs rendements, réduire leurs achats de produits de traitement ou leur ouvrir de nouveaux marchés ", comme le rappelle Philippe Tillous-Borde, directeur de Proléa, le syndicat des producteurs français d'oléoprotéagineux, qui voit notamment dans les modifications moléculaires des plantes des atouts pour les agriculteurs. " Si ces nouvelles techniques permettent un progrès dans la domestication de la nature, elles marcheront ; sinon, ce ne sera pas le cas ", confirmait, il y a quelques jours, Guy Paillotin, vice-président de l'Inra, devant un parterre d'agriculteurs. " Dans le cas du maïs résistant à la pyrale, on peut faire une comparaison rapide entre le surcoût estimé de la semence, qui sera de près 150 francs par hectare (18 % environ du prix) et le coût d'un traitement contre la pyrale, soit 300 francs ", illustre Christian Hiere, directeur général adjoint de Pau-Euralis. Un calcul qu'on ne peut généraliser, et qui devra, comme pour l'innocuité des produits, être validé au cas par cas. Ce raisonnement, on l'a déjà fait outre-Atlantique, où plusieurs dizaines de variétés transgéniques sont autorisées après être passées au crible des agences de l'environnement (EPA), de l'alimentation (FDA) et de l'agriculture (Usda). Résultat : des plaines du Middle West aux prairies canadiennes, les " farmers " sèmeront cette année au moins 6 millions d'hectares - une fois et demie la sole française de blé - en maïs, coton, soja ou colza transgéniques. La moisson passée, ce seront des millions de tonnes de graines qui iront se mêler au reste de la récolte pour finir dans les auges du bétail, dans l'assiette des consommateurs américains et sur les marchés mondiaux - dont, pour le maïs, les Etats-Unis " trustent " 70 %.

Difficile de ne pas suivre le mouvement

Bref, la machine américaine est en marche ! Sans compter la Chine, où, derrière le " rideau rouge ", les spécialistes estiment que plusieurs millions d'hectares de transgéniques sont déjà cultivées. " Si tout cela se confirme, il nous sera bien difficile de ne pas suivre le mouvement si l'on ne veut pas amoindrir notre compétitivité et perdre les positions françaises et européennes sur les marchés mondiaux ", en conclut Michel Soufflet, l'un des premiers négociants européens de grains. Sans compter que, sauf à faire preuve du danger par une commission internationale, un embargo vaudrait à l'Europe d'être traînée en justice par l'Oncle Sam devant l'OMC, le juge de paix du commerce mondial. Comme l'un des barons du syndicalisme agricole, Marcel Cazalé, président de l'AGPM (producteurs de maïs) mais également de Pau-Euralis, le résume avec son accent du Sud-Ouest, " les canuts lyonnais n'attendaient pas le métier à tisser. Quand il est arrivé, ils ont dû faire avec. Nous sommes dans la même situation : on pourrait faire sans, mais il est peu probable que cela se passe ainsi ". Pourtant, les choses ne vont pas de soi pour tout le monde. Et les oppositions restent vives, y compris au sein de l'Union européenne. L'Autriche vient de demander l'application de l'article 16 de la directive 90-220 sur les OGM, qui permet à un Etat membre de refuser sur son sol des transgéniques s'il perçoit un risque pour l'environnement ou la santé. Arnaud Apoteker, représentant de Greenpeace France, affirme de son côté que " les grandes firmes agrochimiques veulent prendre le reste de la chaîne alimentaire en otage. En vendant, par exemple, des plantes résistant à un herbicide, elles verrouillent l'agriculture dans un sys- tème de plus en plus intensif en exagérant les bénéfices et en minimisant les risques de ces nouvelles techniques, dont les effets ne se mesureront qu'à long terme ". Pour l'organisation écologiste, qui a fait de cette lutte l'une de ses priorités, la solution est simple. Elle demande, comme certains scientifiques, d'ailleurs, un arrêt des importations en Europe et un moratoire mondial sur les OGM tant que leurs effets à long terme sur l'environnement et la santé ne seront pas mieux connus. D'autres mouvements d'opinion en Europe et en France se sont emparés de l'affaire. Brandissant la menace du boycott, Marie-José Nicoli, présidente de l'Union fédérale des consommateurs, le rappelle à longueur de tribune : " Nous n'avons pas demandé à être nourris avec des OGM. Nous exigeons une traçabilité et une information totale. " De crainte d'être pris en porte-à-faux, en novembre dernier, les principaux distributeurs, par leur fédération (FCD), faisaient de l'étiquetage le préalable à toute entrée dans leurs magasins. Il n'est pas jusqu'au chef de l'Etat qui, en Conseil des ministres, le 15 janvier, y allait de son couplet sur les précautions à prendre, relayé par Philippe Vasseur.

La technologie n'a pas bonne presse dans l'alimentaire !

Une position un peu ubuesque, car ce sont les autorités françaises qui avaient déposé le dossier d'homologation du maïs de Ciba-Geigy à Bruxelles, après que diverses instances, dont la Commission du génie biomoléculaire (CGB), se furent prononcées favorablement. Oui, mais voilà ! La technologie n'a plus bonne presse dans l'alimentaire ! Et ce qui vient de l'étranger non plus. " Dès que l'on manipule le vivant, on touche un point extrêmement sensible pour l'opinion, surtout depuis les crises du sida et de la "vache folle" ", souligne un industriel. Les scientifiques ont beau rassurer en affirmant, comme Axel Kahn, président de la CGB, que " les OGM, c'est exactement l'inverse de la "vache folle", puisque l'on a pris le problème au départ et non a posteriori ", et les agriculteurs, comme Luc Guyau, patron de la FNSEA, revendiquer, " sous réserve de l'information au consommateur, notre droit à la modernité ", la pilule passe moins bien que prévu, alors que, aux Etats-Unis, pour l'essentiel, ce débat est clos. " Le sujet est chaud en ce moment, mais je pense qu'il s'essoufflera assez vite et que la présence ou non d'OGM dans les produits tombera vite dans le banal ", juge Marcel Cazalé, de l'AGPM. En attendant, les grands industriels de l'agroalimentaire marchent sur des oeufs. Pour un Helmut Maucher, président de Nestlé, déclarant haut et fort que, " sous réserve des précautions d'usage, les plantes transgéniques sont un réel progrès pour l'humanité ", la plupart - même s'ils avouent en privé ne pas avoir d'inquiétudes sur le fond - affichent une grande prudence. " Il n'est pas question pour nous d'utiliser des produits dangereux, ce qui serait de toute façon suicidaire pour nos firmes ", assure Christian Godde, P-DG d'Astra-Calvé (Unilever). Dès 1995, approchés par Greenpeace, Nestlé, Danone et Unilever essayaient même de désarmorcer la polémique en finançant, dans la plus grande discrétion, un collège de scientifiques internationaux chargés, en marge des commissions officielles, de leur fournir un avis motivé sur le soja transgénique (Unilever le faisant seul sur le maïs). Bien qu'ayant conduit à un avis favorable, ces travaux n'ont visiblement pas convaincu l'organisation écologiste, qui a continué de porter le fer sur les industriels. Parce que, si, aux Etat-Unis, le groupe de pression a plutôt concentré ses efforts sur les agrochimiques, en Europe, il a choisi comme cibles les grandes firmes alimentaires. Le calcul ? Craignant pour leur image auprès des consommateurs, ces industriels devraient tarir simplement les débouchés pour les OGM en en refusant l'emploi dans leurs produits. Même si cela fonctionne quelque peu en Allemagne, cette tactique risque de tourner court. Depuis l'an dernier, les consommateurs britanniques en fournissent un bon exemple. Outre-Manche, Sainsbury et Safeway, deux des principales chaînes de supermarchés, n'ont pas hésité à lancer sous leur marque une purée de tomate transgénique développée par Zeneca. Son principal intérêt : un prix légèrement moins élevé, du fait de la meilleure résistance au pourrissement de ces fruits, qui limite les pertes de stockage. " Le produit pèse désormais 50 % de son segment ", révèle-t-on chez Sainsbury, et ce malgré un étiquetage explicite, tant en rayons que sur la boîte ! Un exemple éclairant, au pays de la " vache folle " !



C'est déjà une réalité outre-Atlantique

· Les plantes transgéniques sont autorisées partiellement ou totalement aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Argentine..., ainsi qu'en Australie et au Japon.

· Tous les grands de l'agrochimie ont déjà des produits sur le marché (maïs, soja, coton, colza ).

· Il y aura huit fois plus de soja transgénique Monsanto aux Etats-Unis :

400 000 hectares en 1996 ;

3,2 millions d'hectares * en 1997.

* soit presque deux fois la sole oléagineuse française.



Les applications se multiplient au-delà des simples avantages agronomiques

· Aujourd'hui

- Résistance aux insectes ravageurs comme la pyrale (Ciba, Monsanto ) ;

- Résistance à certains herbicides (Monsanto, Agrevo ).

· Demain :

- Production d'acides gras spécifiques pour l'huile alimentaire par des oléagineux (projets Du Pont, Novartis )

- Meilleure caractérisation de l'amidon de maïs ou de pomme de terre (Avebe).



Les perspectives sont alléchantes

Estimation du marché mondial des semences transgéniques


· 1994 : 0

· 1996 : 500 millions de francs

· 2005 : 33 milliards de francs

Source : " L'Usine Nouvelle "-Monsanto/Agrevo.



Les organismes génétiquement modifiés (OGM) devront faire leurs preuves économiques

· En améliorant la marge à l'hectare des agriculteurs.

· En offrant à l'industrie des coûts plus faibles ou des produits spécifiques.

· En apportant un bénéfice au consommateur.



L'Europe hésite

· Traumatisés par la vache folle, les Pouvoirs publics hésitent sur la marche à suivre.

· Greenpeace demande un moratoire et fait pression sur les IAA.

· L'étiquetage pourrait freiner le développement des OGM.



Etiquetage : la quasi-totalité des produits exonérés

Le gouvernement a publié le 2 février l'avis sur l'étiquetage que tous attendaient après qu'un accord eut été trouvé à Bruxelles, fin janvier, sur la prochaine directive " nouveaux aliments ". Sa teneur ? Il prévoit que les produits contenant des OGM en l'état soient étiquetés. Pour sa partie alimentation humaine, cela concerne principalement les fruits et légumes, transformés ou non. En revanche, les produits issus d'OGM ne le seront que dans la mesure où leurs propriétés ne sont plus " équivalentes à celles d'un aliment ou d'un ingrédient alimentaire classique ". En clair, les produits ayant subi une profonde transformation, comme l'huile de colza, la lécithine de soja ou l'amidon de maïs, ne seront pas identifiés, les travaux scientifiques ayant montré qu'ils ne différaient pas substantiellement des produits classiques. " Cela revient à exonérer la quasi-totalité des produits de l'étiquetage ", tonne Arnaud Apoteker, de Greenpeace. La lécithine, l'huile ou l'amidon étant présents dans presque 100 % des produits transformés, c'est tous ces derniers qu'il faudrait étiqueter. Sauf à créer des filières spécifiques assurant une traçabilité complète, ce qui, pour des produits issus de matières premières faisant l'objet d'échanges mondiaux, poserait un véritable casse-tête, d'autant que l'étiquetage n'est pas pratiqué aux Etats-Unis. Prévoyant, l'Inra vient toutefois de mettre au point un système expérimental permettant d'identifier des lots de matières premières contenant du " maïs Bt " en quarante-huit heures !



Comment fabriquer un maïs résistant à la pyrale*

· Isolement du gène " d'intérêt " Bt à partir d'une bactérie (Bacillus thuringiensis). Ce gène contrôle la fabrication d'une protéine Bt toxique pour la pyrale.

· Introduction du gène Bt dans un plasmide contenant dejà un gène de résistance à un antibiotique, l'ampicilline.

· Transfert du plasmide dans des bactéries. Mais l'opération ne réussit pas à 100 %.

· Les bactéries sont cultivées sur un milieu contenant l'antibiotique. Seules les bactéries pour lesquelles le transfert (3) a réussi survivent.

· Les bactéries ainsi sélectionnées sont cultivées et les plasmides sont isolés. En parallèle, on a fabriqué par le même processus des plasmides avec un gène de tolérance à un herbicide.

· Les deux plasmides sont introduits simultanément dans des cellules de plants de maïs à l'aide d'un canon à particules.

· Les cellules sont cultivées dans un milieu contenant de l'herbicide. Seules survivent celles qui ont intégré le gène de résistance à l'herbicide et, du même coup, le gène Bt.

· Des plants de maïs sont régénérés à partir des cellules sélectionnées. Ils sont capables de produire la protéine Bt toxique pour la pyrale.



SECURITE

LA DYNAMIQUE INDUSTRIELLE S'ACCOMMODE MAL DU DOUTE SCIENTIFIQUE

Si certaines inquiétudes relatives à l'écologie et à la santé humaine paraissent infondées, des scientifiques estiment que l'on est allé trop vite dans la commercialisation des plantes transgéniques et que des problèmes inattendus peuvent apparaître à long terme.



Dotées d'un patrimoine génétique " artificiel ", les plantes transgéniques ne risquent-elles pas de modifier l'écosystème ? Les aliments qui en sont dérivés présentent-ils un danger pour la santé des consommateurs ? N'y a-t-il pas un risque de dissémination de gènes indésirables, par exemple des gènes de résistance aux antibiotiques, vers des bactéries du tube digestif des animaux et, de là, vers des organismes pathogènes ? L'irruption des plantes transgéniques a déclenché une avalanche de questions. Or il n'existe pas de réponse globale. Des chercheurs danois ont montré que le gène de résistance à un herbicide peut passer du colza transgénique à des plantes sauvages d'une famille voisine. Si l'on ne sait pas encore évaluer l'importance de cette fuite de gènes, on ne peut pas l'ignorer. En revanche, le problème ne se pose pas pour le maïs, dont il n'existe pas de cousin sauvage, tout au moins en Europe. Autre risque que l'on sait encore mal évaluer : avec la rotation des cultures, les plantes résistant aux herbicides ne risquent-elles pas de devenir les " mauvaises herbes " d'autres plantes cultivées ? Un gène étranger présent dans une plante, un melon, une tomate, etc., qui est consommé tel quel, est rapidemment dégradé dans le tube digestif. Il ne constitue donc pas un danger pour la santé. En revanche, il faut s'assurer que la protéine " codée " par ce gène n'est ni toxique ni allergène. C'est le cas de la protéine Bt, qui confère au maïs sa résistance à la pyrale. La bactérie Bacillus thuringiensis, qui la fabrique naturellement, est déjà utilisée comme bio-insecticide, et " les hommes sont en contact avec la protéine Bt depuis plus de trente ans et aucune allergie n'a été décelée ", fait-on remarquer chez Ciba Semences.

Procéder à des évaluations toxicologiques complètes

Le grain de maïs transgénique a d'autre part une composition identique à celle d'un maïs normal. On dit alors qu'il y a " équivalence en substance " entre les deux maïs, " sauf pour les produits des gènes introduits volontairement ". Le problème se complique lorsque la plante transgénique fabrique un composant nouveau pour elle. C'est le cas d'un canola modifié pour produire de l'acide laurique, qui, normalement, ne se trouve pas dans cette plante. On considère cependant qu'il est sans danger, car l'acide laurique est déjà consommé dans certaines huiles tropicales. Mais il est probable que, au fur et à mesure que l'on créera des plantes de plus en plus spécialisées, il va s'en trouver pour lesquelles il ne sera pas possible d'établir l'équivalence en substance, faute de base de comparaison. Lorsque la plante est déjà connue pour contenir certains toxiques, la solanine pour la pomme de terre, par exemple, on vérifie en premier lieu si la modification génétique ne renforce pas son expression. Comment détecter la présence d'un toxique nouveau ? De tels cas n'ont jamais été observés jusqu'à présent, et " il y a peu de chances pour que cela arrive ", estime Gérard Pascal, directeur du Cnerna, le Centre national d'études et de recommandations sur la nutrition et l'alimentation. Des altérations dans d'autres caractères de la plante, comme le phénotype (la forme, ses performances agronomiques), peuvent servir de signaux d'alerte. On procède aussi à des extractions sélectives par des solvants pour voir si des " pics " inconnus apparaissent en chromatographie. Autre inquiétude : la possibilité pour les gènes de résistance à un antibiotique utilisés au cours de la transgénèse de se transmettre à des organismes pathogènes. Là encore, les défenseurs des plantes transgéniques se veulent rassurants et accumulent les arguments. Des expériences en laboratoire ont montré que la probabilité d'un transfert était extrêmement faible. Et, de toute façon, " la résistance à l'ampicilline est déjà très répandue dans la nature ", remarque Wallace Beversdorf, directeur de la recherche de Ciba Semences. Mais, pour l'instant, on n'a examiné que les hypothèses envisageables dans l'état de nos connaissances. N'existe-t-il pas d'autres scénarios que l'approche réductionniste et mécaniste qui prévaut à l'heure actuelle est incapable d'imaginer ? On sait encore peu de chose sur les interactions complexes entre les gènes et sur les effets perturbateurs que peut avoir l'introduction d'un gène étranger dans un hôte. " Nul ne peut prévoir les toxicités, les envahissements compétitifs ou tout autre effet imprévu des plantes trangéniques ; ce qui exigerait un recul dont nous sommes loin de disposer ", déclare le professeur Jean-Marie Pelt, président de l'Institut européen d'écologie, à Metz, qui, avec un groupe d'une centaine de scientifiques européens, réclame un moratoire. Une éventualité que la dynamique enclenchée par les industriels rend bien improbable.



Les ferments sur la sellette

L'industrie agroalimentaire utilise, à grande échelle, des bactéries, des levures et autres champignons pour fabriquer du pain, des fromages, des boissons alcoolisées etc. Tous ces micro-organismes peuvent être aisément modifiés par génie génétique pour améliorer leur efficacité, renforcer leur résistance aux bactériophages, développer de nouveaux arômes, etc. On en fabrique et on en essaie tous les jours dans les laboratoires... pour les détruire après coup, car aucun d'entre eux n'est encore autorisé. Ils subsistent en effet dans le tube digestif, où ils peuvent se reproduire, entrer en compétition avec la flore intestinale et même transférer leur ADN à des bactéries de cette flore. Enfin, ils finissent immanquablement par être rejetés dans le milieu naturel. On se doute que le dossier de tels OGM risque d'être difficile à faire passer. Même les enzymes dites " recombinantes ", produites par des micro-organismes modifiés, se heurtent à un barrage, alors qu'elles ne contiennent pas d'ADN. Les industriels, et en particulier les groupes laitiers, avancent avec prudence dans ce domaine. D'autant qu'ils savent déjà faire beaucoup de choses avec les techniques classiques de mutagénèse dirigée. Aussi, pourquoi provoquer le consommateur ?



STRATEGIE

LES GRANDS DE LA CHIMIE MONDIALE SE PRECIPITENT

L'américain Monsanto, le suisse Novartis et l'allemand Hoechst, via AgrEvo, veulent tirer les dividendes de leurs investissements dans le " genetic engineering ". Du Pont de Nemours arrive. Rhône-Poulenc se prépare.



Pour se tailler rapidement la part du lion dans ce " genetic engineering " voué à de fortes croissances, Monsanto, Novartis et Hoechst, les trois grands de l'agrochimie mondiale, ont déclenché des offensives de grande ampleur. Avec l'ambition, clairement affichée, de mener largement la course en tête en imposant avant dix ans leurs semences de " supermaïs " ou de " supersoja " résistant à leurs herbicides et à leurs insecticides, et, ultérieurement, leurs produits à haute valeur nutritive.

1 Monsanto et Hoechst accélèrent leurs acquisitions

Doté des pleins pouvoirs depuis le début de l'an dernier, Robert B. Shapiro, 57 ans, président de Monsanto, a investi 1,7 milliard de dollars pour jeter ses filets sur les derniers semenciers indépendants comme sur les entreprises de biotechnologies végétales à portefeuilles prometteurs. L'objectif est simple : s'assurer la maîtrise de matériau génétique " classique " de bonne qualité sur lequel il pourra greffer ses gènes, et, dans le même temps, obtenir un accès direct au marché. Il vient de mettre sur la table 1 milliard de dollars pour absorber Holden's Foundation Seed, une entreprise d'identification des lignées parentales des hybrides de maïs. Il s'apprête à prendre le contrôle d'Asgrow, le numéro 2 mondial des semences de soja. Il détient une participation de 54 % dans Calgene qui, bien que déficitaire, l'intéresse pour ses brevets sur les tomates à maturité retardée, son colza canola enrichi en laurate et son coton tolérant au bromoxynill, tous génétiquement modifiés. Comme pour ses travaux de recherche sur les fruits à mûrissement contrôlé. Déjà engagé dans des alliances avec les semenciers Hartz (soja) et Delta & Pine Land (coton) pour étendre la commercialisation de ses produits, le groupe de Saint Louis, dans le Missouri, a dépensé 180 millions de dollars pour prendre 40 % de DeKalb, le numéro 2 mondial des semences de maïs. DeKalb dispose de brevets sur un maïs transgénique et poursuit ses recherches sur des maïs enrichis en acides aminés à plus haute valeur nutritive. Monsanto a aussi ajouté 150 millions de dollars pour acquérir Agracetus, une ancienne filiale de WR Grace & Co, spécialisée dans les plants de coton produisant des fibres plus résistantes à la chaleur et au lavage et qui travaille sur diverses variétés transgéniques de soja, d'oléagineux et de haricots. Cette offensive boulimique a déclenché une riposte immédiate de Hoechst, le leader de la chimie européenne, qui détient 60 % du numéro 3 mondial des phytosanitaires, AgrEvo. A la fin de l'an dernier, le groupe de Francfort a absorbé Plant Genetic Systems, le fleuron européen des biotechnologies végétales. Pour prendre 95 % de cette société de recherche à capitaux belges et néerlandais bien implantée au Canada, Jürgen Dormann, le tout-puissant patron du numéro 1 allemand n'a pas hésité à miser 1 milliard de deutsche Mark. Un ticket d'entrée particulièrement élevé pour avoir accès au catalogue de brevets de l'entreprise de Gand et à ses travaux portant sur du maïs et du colza génétiquement modifiés avec un gène de résistance à son glufosinate, son herbicide vedette aux effets écotoxicologiques comparables à ceux du célèbre Roundup de Monsanto. Pour l'instant, AgrEvo a lancé la commercialisation au Canada d'un canola Innovator résistant au glufosinate et, aux Etats-Unis, depuis le début de cette année, d'un maïs, Liberty, développé spécifiquement pour être associé à l'utilisation d'un gène de résistance à son herbicide. Président du directoire d'AgrEvo, Gerhard Prante espère réaliser 1 milliard de deutsche Mark en 2005 avec son projet Liberty Link - une gamme de semences dans le maïs, le colza, le soja, la betterave sucrière et le coton résistant au nouvel herbicide. Mais la confrontation est loin de se jouer seulement à coups de fusions-acquisitions à grand spectacle. Tous les leaders se battent également pour développer un marketing agressif.

2 Croissance interne pour Novartis et Du Pont de Nemours

Novartis, numéro 1 de la protection des plantes, compte avant tout sur ses propres synergies pour rester sur l'avant-scène. Depuis deux décennies, ses deux sociétés mères, Sandoz et Ciba, ont poursuivi leurs investissements pour développer leur propre gamme d'OGM. Et Novartis vient de créer le 1er janvier à Minneapolis Novartis Seeds, qui regroupe les forces de vente de Sandoz Seeds (dont Northrup King et Hilleshög) et de Ciba Seeds. Deuxième semencier mondial, Novartis Seeds va pouvoir pousser son offensive sur le " maïs Bt 11 " développé par Ciba en coopération avec Mycogen Corp., contrôlé à 52 % par Dow Elanco. Novartis dispose également dans son portefeuille d'un autre maïs génétiquement modifié développé par Sandoz en liaison avec Monsanto. Pour l'an prochain, il attend l'autorisation de vendre une betterave à sucre résistant aux herbicides et poursuit ses recherches sur le tournesol. Du Pont de Nemours, le numéro 1 américain et mondial de la chimie (et numéro 4 de l'agrochimie) mise sur la croissance interne. Il commercialise depuis deux ans un coton tolérant aux sulfonylurées et un " maïs haute énergie " actuellement utilisé sur 400 000 hectares aux Etats- Unis.

Boucler les partenariats

Avec ces deux produits issus de la mutagénèse classique, sa division Quality Grains, qui les commercialise sous la marque Optimum, réalise un chiffre d'affaires de quelque 40 millions de dollars. Mais ses ambitions sont grandes. On les percevra mieux dans deux ans, affirment ses dirigeants, lorsque les partenariats en cours de négociation avec des semenciers sur tous les grands marchés mondiaux seront bouclés. Seul accord " visible " pour l'heure : Continental Grains, qui va exporter ces maïs à haute teneur en huile en Amérique latine, au Proche-Orient et en Asie-Pacifique. Rien n'est prévu à grande échelle en Europe avant 1998 (1 200 tonnes ont déjà été produites en France). D'autres produits, cette fois transgéniques, sont en préparation, parmi lesquels un soja modifié à fort contenu en acide oléique (qui devrait être commercialisé aux Etats-Unis à la fin de cette année) et un maïs à forte teneur en huile enrichi en acides aminés essentiels.

3 Rhône-Poulenc en retrait

Rhône-Poulenc, numéro 7 mondial de l'agrochimie, nourrit lui aussi l'ambition d'être présent sur ce marché des OGM avant la fin de la prochaine décennie, en comptant avant tout sur lui-même. Après avoir été le premier, en 1992, à obtenir aux Etats-Unis le feu vert pour commercialiser un gène de tolérance à son herbicide coton HBN, développé en liaison avec Calgene, le groupe français a dû réviser à la baisse ses grands projets du milieu des années 80. Il vient de céder le contrôle du semencier Clause à Vilmorin, filiale du groupe Limagrain, le troisième semencier mondial, et reconnaît ne plus avoir de stratégie d'acquisition.

Des techniques longues et compliquées

Mais il affirme consacrer un budget de recherche de quelque 50 millions à deux grands programmes : des gènes de résistance aux HBN dans d'autres cultures (canola) et des gènes de résistance à son nouvel herbicide pour le maïs, Isoxaflutol, commercialisé avant la fin de cette année aux Etats-Unis et en Europe. Il travaille aussi sur l'enrichissement en acides aminés des cultures de maïs et de soja (puis, ultérieurement, de pommes de terre, de trèfle, de colza, de canola et d'autres oléagineux). Rhône-Poulenc compte beaucoup sur ses récentes coopérations avec Limagrain à trois niveaux : un accord de recherche à long terme (et à 50-50) dans les biotechnologies, une participation dans Limagrain Genetics International (20 %), et une autre, majoritaire, dans Alliance Elevage, une société de distribution de semences et de nutrition animale. Ces programmes devraient déboucher vers 2002 sur des OGM de type nouveau. " Contrairement à certains de nos concurrents, affirme Alain Godard, le nouveau patron du secteur santé animale et végétale du groupe, nous pensons que le niveau de connaissances scientifiques actuelles n'est pas suffisant pour assurer un développement commercial solide et continu des OGM et des biotechnologies. Les techniques de modification génétique des plantes sont encore trop compliquées et trop longues pour constituer des produits commerciaux. Et, d'autre part, je crois que les produits phytosanitaires de demain, actifs à quelques dizaines de grammes par hectare, constitueront vis-à-vis des OGM des solutions très compétitives pour la protection des plantes. Nous restons dans la course pour préparer la future vague, sans prendre de risques financiers démesurés par rapport à l'enjeu. "

4 Monsanto veut verrouiller le marché nord-américain

A ses concurrents, Monsanto veut servir de référence en matière de marketing. Avant la fin de l'année, Robert B. Shapiro aura mis ses troupes en ordre de bataille pour conduire ce qu'il baptise la " nouvelle révolution verte ". Au prix d'une provision de 500 millions de dollars, qui a déséquilibré ses derniers résultats trimestriels, Monsanto va être littéralement coupée en deux entités totalement distinctes. D'un côté, les spécialités chimiques, très bénéficiaires, dont Robert B. Shapiro entend se défaire le plus rapidement possible ; de l'autre côté, les sciences de la vie à fortes marges : la pharmacie de Searle, les ingrédients alimentaires de NutraSweet (dont l'Aspartam), et la nouvelle miraculeuse agrochimie. Toujours à l'enseigne Monsanto, ce deuxième groupe d'activités, sans aucun endettement, pourra, si besoin est, se lancer dans des acquisitions.

Des accords signés avec des fermiers américains

Le groupe veut prendre de vitesse ses rivaux en verrouillant le marché américain. Aux fermiers du Mississippi ou de l'Iowa qui cultivent le coton ou le soja, Monsanto propose de signer des " grower licence agreement ", assortis d'un " technology fee ", dont le montant se répartit entre lui-même et le semencier selon des systèmes variables, mais toujours confidentiels. Ces accords, renouvelables tous les ans, leur interdit de récolter les graines de ces OGM pour les réutiliser, et, pour des raisons de sécurité, d'employer d'autres herbicides que le Roundup, toujours aussi indispensable pour éliminer les mauvaises herbes. La boucle est ainsi bouclée et la trésorerie du troisième chimiste américain devrait pouvoir grossir.

aux Etats-Unis



Les grands mondiaux se battent pour occuper les premières places dans les OGM...

· Novartis, le numéro 1 mondial de la protection des plantes (4,53 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 1995), compte valoriser vingt ans de recherche de Ciba et de Sandoz.

· Monsanto (2,35 milliards de dollars en 1995) joue son va-tout. 1,5 milliard de dollars de recherche depuis quinze ans et 1,7 milliard d'investissements depuis deux ans pour constituer un pôle d'alliances.

· Hoechst, via AgrEvo, contrôlé à 60 %, numéro 3 mondial de l'agrochimie (2,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 1995), attend quelque 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans les OGM d'ici à dix ans.

· Du Pont (2,34 milliards de dollars) se prépare à prendre l'offensive. Ses alliances sont restées confidentielles, mais le groupe examine de nouvelles possibilités.

... se rapprochent des sociétés de biotechnologies...

· AgrEvo a pris le contrôle du belge PGS pour quelque 550 millions de dollars.

· Monsanto a pris le contrôle de Calgene et d'Agracetus et vient de signer un accord de codéveloppement avec Ecogen Inc.

· Dow Elanco (1,9 milliard de dollars), filiale commune de Dow Chemical et d'Eli Lilly, a pris une participation majoritaire dans Mycogen.

... et s'allient avec des sociétés de semences

· Monsanto vient de prendre le contrôle de Holden's Foundation Seed et négocie l'achat d'Asgrow (200 millions de dollars) auprès de Seminis, l'ex-ELM, le groupe mexicain qui est le quatrième grand mondial des semences. Monsanto a également pris une forte participation dans DeKalb, le troisième américain.

· Novartis, Monsanto ou AgrEvo travaillent en partenariat avec Pioneer, le numéro 1 américain et mondial des semences (1,67 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 1996 dans plus de quarante pays). Pioneer développe d'autre part ses propres OGM.

· Novartis Seeds (955 millions de dollars), résultat de la fusion de Sandoz Seeds et de Ciba Seeds, rationalise ses réseaux de vente.

· Zeneca, sixième groupe mondial de l'agrochimie, a constitué une société commune, Advanta, avec le néerlandais Vander Have.

· Rhône-Poulenc Agro a resserré ses liens avec Limagrain (662 millions de dollars avant l'acquisition de Clause), qui s'associe avec Pau-Euralis pour créer une société de biotechnologies.

· Dow Elanco, via Mycogen, vient de prendre 18,75 % de Verneuil Holding (et une option sur 16,25 %), le deuxième semencier français pour le blé et l'orge.

USINE NOUVELLE N°2582



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Génétique : Plantes transgeniques, pourquoi elles vont s'imposer

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