Générations Futures alerte à nouveau sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes

L'association Générations Futures publie un rapport alertant sur la présence important de résidus de pesticides dans les fruits et légumes consommés en France. Derrière les chiffres, un débat en sourdine sur l'attitude à adopter face aux pesticides, et de vrais enjeux pour l'industrie agroalimentaire française.

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Générations Futures alerte à nouveau sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes
L'ananas, un fruit bon pour la santé... mais attention aux pesticides !

Avec l'arrivée de l'été, les étals des marchés perdent leurs couleurs fades. Une bonne nouvelle pour lutter contre la morosité de nos assiettes, mais que leur contenu pourrait ternir. Dans un rapport paru le 6 juin, l’association Générations Futures, qui s’est fait un nom dans la lutte contre les pesticides de synthèse, dénonce à nouveau la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes consommés en France.

Plus de 13 000 échantillons analysés par la DGCCRF

Pour la quantifier, l’association anti-pesticides a directement repris les chiffres d’enquêtes de surveillance de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Au total, les résultats de plus de 13 000 analyses sont ainsi présentés, les auteurs du rapport ayant fait le choix de prendre une plage de 6 ans, de 2012 à 2017, afin de lisser les chiffres et d’obtenir un échantillon significatif malgré des contrôles inégaux. “En 2017 par exemple, 91 abricots étaient testés, mais seulement 4 fraises“, indique François Veillerette, le président de Générations Futures, qui ajoute que le rapport ne présente que les fruits et légumes analysés au moins 5 années sur 6, et totalisant au moins 30 échantillons analysés.

Une (forte) limite néanmoins : en raison de la structure des chiffres de la DGCCRF, et malgré les demandes de l’association pour plus de détails, impossible de savoir la provenance des échantillons, et donc de distinguer entre production française, communautaire ou extra-européenne.

71,9% des fruits et 41,3% des légumes présentent des traces de résidus de pesticides

Des tartes aux poires à la ratatouille, le résultat final est peu engageant. Sur les 18 fruits et les 32 légumes étudiés, 71,9% des fruits et 41,3% des légumes présentaient des traces de résidus de pesticides. Plus inquiétant : 2,9% des fruits et 3,4% des légumes dépassaient le seuil réglementaire fixé (LMR).

Pour ceux qui souhaiteraient faire des choix, entre 80 et 90% des cerises, clémentines, pamplemousses, céleris et herbes fraîches présentent des traces de pesticides de synthèse, alors que les kiwis, les avocats, et de nombreux légumes (brocolis, asperges, maïs, betteraves) en sont davantage préservés.

Dans le cas des limites réglementaires, le classement est globalement similaire, bien que les ananas (9,6%) et les cerises (45,5%) se distinguent du côté des fruits, et que les herbes fraîches battent tous les records (21,5%).

Un problème de santé publique ?

Pas de quoi s’alarmer pour Eugenia Pommaret, directrice de l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP), qui dénonce auprès de l’Usine Nouvelle un “rapport tout à fait anxiogène, qui assimile faussement détection à contamination“ et risquant de faire se détourner les consommateurs des fruits et légumes, mettant en danger leur santé et l’industrie française. Selon elle, "ce n'est pas un problème de santé publique", les résidus de pesticides sont autorisés, et les faibles taux de dépassement des limites réglementaires mis en évidence par l'étude devraient plutôt être matière à satisfaction.

D'ailleurs, même ces limites “ne sont pas du tout un indicateur de toxicité, et elles sont fixées avec des facteurs de sécurité tels qu’elles sont bien en deçà des valeurs de toxicité“, ajoute-t-elle. Un point que François Veillerette reconnaît volontiers, mais pour énoncer juste après que selon lui ces seuils ne protègent pas contre “les effets subtils, dus à une exposition à faible dose, ou à des effets cocktails“, citant notamment le cas des perturbateurs endocriniens.

Quant aux accusations de commerce de la peur et de liens avec l’industrie du bio, il justifie vouloir “faire un travail d’information : personne n’ira lire tels quels les dossiers de la DGCCRF“ et, même s'il revendique son objectif de promotion de l'agriculture biologique, se défend d’avoir souhaité laisser le bio en dehors. “Pour le bio, la DGCCRF ne donne pas les détails par fruits ou par légumes, et on ne trouve que 4% de résidus“ affirme-t-il.

L’opposition est donc tranchée, et les deux camps, habitués, s’en agacent et s’en amusent. Avant de conclure sur deux types de réponses face à l’incertitude : “éviter au maximum la consommation de pesticides par précaution“ pour l’un, et “développer les études et [...] faire confiance aux agences sanitaires, car tous les produits sont évalués et renouvelés régulièrement“ pour l’autre.

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