General Motors publie un bénéfice trimestriel record depuis 2004

par Clare Baldwin et Soyoung Kim,

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NEW YORK (Reuters) - General Motors a publié jeudi son plus important bénéfice trimestriel en six ans, à la veille du dépôt de demande officielle d'introduction en Bourse, qui permettra de réduire considérablement la part de l'Etat américain dans le capital du groupe.

Le premier constructeur automobile américain a fait état d'un bénéfice net de 1,3 milliard de dollars (un milliard d'euros) au deuxième trimestre, contre 865 millions de dollars au trimestre précédent.

Ces résultats reflètent le bond de 47% de la production totale du groupe par rapport à l'année précédente, particulièrement déprimée, lorsque Washington avait dû apporter 50 milliards de dollars au géant de Detroit l'an dernier pour éviter sa mise en liquidation. Le groupe lui en a déjà remboursé quelque sept milliards.

Les retombées positives des mesures de réduction des coûts prises pendant cette période difficile et des ventes en hausse sur les marchés étrangers, en particulier en Chine, sont en partie à l'origine de ces bénéfices solides.

Le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 33,2 milliards de dollars, contre 31,5 milliards de dollars au premier trimestre, notamment grâce à de bonnes performances en Amérique du Nord. Dans cette région, GM a fait tourner ses usines à 93% de leur capacité cette année, contre 39% l'année précédente et affiche un bénéfice d'exploitation de 1,6 milliard de dollars.

La semaine dernière, le directeur général de GM, Ed Whitacre, avait prévenu que les résultats trimestriels du groupe seraient "impressionnants".

Ces résultats sont toutefois moins bons que ceux de son concurrent Ford Motor qui a affiché un bénéfice de 2,6 milliards de dollars au deuxième trimestre, mais bien meilleurs que ceux de Chrysler, qui a publié une perte de 172 millions de dollars.

Le groupe a également annoncé jeudi avoir bouclé une facilité de crédit de cinq milliards de dollars, a-t-on appris de deux sources proches de l'accord, le constructeur automobile signant ainsi son retour sur les marchés de capitaux un an après sa sortie du dépôt de bilan.

En s'assurant une importante facilité de crédit, GM a franchi un gros obstacle sur la voie d'un retour en Bourse, censé permettre à l'Etat fédéral américain de repasser sous le seuil symbolique de 50% du capital (contre 61% actuellement) et d'engranger ainsi une victoire politique avant les élections de mi-mandat en novembre.

GM compte aujourd'hui miser sur son retour à la rentabilité et sur l'amélioration du marché automobile pour susciter l'intérêt des investisseurs privés.

Les analystes s'attendent à ce que le groupe mette en avant ces deux trimestres consécutifs de bénéfices lors de sa demande d'introduction en Bourse (IPO) qui pourrait être la plus importante jamais réalisée aux Etats-Unis et constituerait une privatisation sans précédent d'une entreprise emblématique américaine nationalisée.

La première cotation devrait avoir lieu avant la fête de Thanksgiving (fin novembre), a précisé mercredi soir l'une des sources.

AU MOINS UN QUART DU CAPITAL EN BOURSE

Le responsable du dossier automobile à la Maison blanche, Ron Bloom, et les dirigeants de GM ont déclaré ces dernières semaines prévoir une offre publique de vente avant la fin de l'année mais ont démenti tout lien entre le calendrier de l'opération et les élections de novembre.

Ed Whitacre a dit la semaine dernière qu'il participerait à une série de présentations aux investisseurs au cours des semaines à venir.

GM n'a fait aucun commentaire. Un porte-parole du Trésor américain s'est refusé à toute déclaration sur le sujet.

La facilité de crédit de cinq milliards de dollars désormais bouclée implique la plupart des grandes banques de Wall Street, a indiqué l'une des sources. Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase & Co et Morgan Stanley se sont chacune engagées à hauteur de 500 millions de dollars, a-t-elle précisé.

Dans le dossier d'introduction en Bourse attendu vendredi devrait figurer un montant de capitaux susceptible d'être offert aux investisseurs, a expliqué l'une des sources.

En pratique, GM et ses banques conseils devraient lancer l'opération sur une base de 10 milliards de dollars, avec pour objectif d'augmenter ce montant en fonction de l'intérêt des investisseurs et des conditions de marché, a précisé cette source directement impliquée dans le projet.

Au final, l'IPO devrait porter sur au moins un quart du capital du groupe, a-t-elle ajouté.

Le Trésor américain devrait céder des titres dans les mêmes proportions que plusieurs autres actionnaires, parmi lesquels l'Etat canadien, la province de l'Ontario et un fonds de financement de l'assurance-santé des salariés de GM, associé au syndicat United Auto Workers.

David Bailey, Avec Philipp Halstrick à Francfort et Kevin Krolicki à Detroit, Gwénaëlle Barzic, Marc Angrand et Catherine Monin pour le service français, édité par Matthieu Protard

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