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General Motors : chronique d’un retour attendu

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General Motors a enfin passé le cap. Le constructeur américain a retrouvé les chemins de la Bourse le 17 novembre. L’occasion pour lui de s’émanciper de l’Etat américain qui l’avait subventionné pendant la crise et de montrer qu’il est capable de s’assumer seul. Retour sur un retour préparé de longue date.

General Motors : chronique d’un retour attendu © REUTERS

Sans jamais dévoiler la date du retour en Bourse, les dirigeants de General Motors l’attendaient avec impatience. Le géant de l’automobile revient sur les marchés financiers plus d’un an après les avoir quittés. Il a décidé de mettre en Bourse 478 millions d’actions ordinaires vendues pour un prix de 32 à 33 dollars par action. Ses employés, retraités et concessionnaires ont eu la possibilité d’acheter des actions lors de ce retour en Bourse pour un investissement minimal de 1 000 dollars.

Adieu Saab, Pontiac et Hummer

Une belle revanche pour celui qui a dû se séparer de bon nombre de ses marques pour survivre. Pontiac, Saab, Hummer...Les symboles qui ont fait son succès depuis sa création en 1908 dans le Michigan, Etat de l’automobile, disparaissent ou survivent mais dans d’autres mains, comme celles de Spyker pour Saab. Seules Opel et Vauxhall restent sous la coupe de General Motors. Mais de justesse. Pendant plusieurs mois, l’américain a bien failli y renoncer aussi, laissant les salariés de ces deux marques dans l’incertitude. Au final, les marques résistent, mais non sans conséquence. Un plan de restructuration a été lancé en février 2010, comprenant la suppression de 8300 emplois sur les 48 000 en Europe et la fermeture du site d’Anvers. Malgré la protestation des salariés et la recherche de nouveaux investisseurs, il est condamné.

49 milliards de dollars à récupérer

Le retour en Bourse de GM permet aussi au gouvernement Obama de tourner une page dans la crise économique. En soutenant les deux constructeurs mythiques de Détroit, Chrysler et GM, avec des aides atteignant plus de 49 milliards de dollars, le gouvernement américain a pris une participation majoritaire (61%) dans le capital de General Motors. Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs,  a fait savoir que le gouvernement avait bon espoir de récupérer à terme la totalité de la somme investie dans le sauvetage du constructeur. Ce dernier, qui a déjà commencé à rembourser l’Etat, entend lever près de 22 milliards de dollars lors de son retour en Bourse.  « L’offre publique va commencer à faire deux choses, a expliqué le porte-parole. D’abord réduire notre part dans GM et ensuite commencer à nous faire récupérer l’argent investi pour sauver des emplois de qualité aux Etats-Unis ». Suite à l’introduction en Bourse, le Trésor américain pourrait voir sa part dans le capital de GM réduite à 43,3%. L’Etat canadien, le syndicat américain UAW et d’autres créanciers pourraient aussi voir leurs parts diminuer.

Une page se tourne

Depuis son sauvetage en juillet 2009, le nouveau GM nettoyé de ses anciennes marques et dégagé d’une partie de ses dettes grâce aux subventions étatiques, a retrouvé le chemin de la croissance, avec un bénéfice estimé à près de 2,1 milliards de dollars au troisième trimestre et quatre milliards de dollars depuis le début 2010. Preuve d’un nouvel élan, il a récemment annoncé la création de 600 emplois dans une usine proche de Détroit pour la fabrication de la nouvelle Cadillac. Au total, il dit avoir préservé ou créé plus de 7 900 emplois depuis son sauvetage en juillet 2009.
La page de la crise se tourne donc peu à peu. Sa perte de 38,7 milliards de dollars de 2007, la plus grosse de son histoire, son passage sous la protection du Chapter 11, les cessions chaotiques de ses marques…Autant d’étapes symboles de la transition entre l’ancien et le nouveau GM, entre l’avant et l’après crise automobile aussi.

Le retour d’un leader ?

Reste à savoir si ce retour en Bourse assurera la superbe du constructeur, qui a fait sa popularité pendant un demi-siècle aux Etats-Unis. Il doit désormais rivaliser avec des constructeurs étrangers qui se sont renforcés sur le marché américain, à l’instar de Toyota. Il doit aussi s’affirmer à l’international et maintenir sa position par exemple sur le marché chinois. Le tout pour reconquérir sa place de leader mondial de l’automobile perdu en janvier 2009, après 77 ans de règne. Autant de missions que devra assumer le nouveau patron du groupe, Daniel Akerson, désigné juste avant le dépôt du dossier d’introduction en Bourse en août dernier.
 

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