General Electric supprime 6 500 emplois d’Alstom en Europe, 800 en France

General Electric a présenté aux syndicats le vaste plan de restructuration qui fait suite à l’acquisition des activités dans l’énergie d’Alstom. Avec 800 emplois supprimés sur 6500 en Europe, la France paraît relativement épargnée. Mais l’emploi industriel est bien touché.

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L’addition est moins salée pour la France que pour le reste de l'Europe. Alors que 1000 voire 2000 suppressions d’emplois chez Alstom avaient été évoquées à la fin de l’été, General Electric n’en supprimera "que" 800 environ. 765 selon un porte-parole de GE, 825 de source syndicale. La même source chiffre à 10 000 le nombre de postes que GE prévoit de supprimer dans le monde sur un effectif total de 65 000.

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Le conglomérat américain a présenté aux partenaires sociaux il y a quelques jours le vaste plan de restructuration attendu suite à son acquisition pour un montant de 9,7 milliards d’euros des activités dans l’énergie d’Alstom, finalisée le 2 novembre. L'Europe est durement frappée avec 6 500 suppressions d’emplois prévues - chiffre confirmé par GE -, soit 1 poste sur 5. L’Allemagne est la plus touchée avec environ 1700 postes, suivie par la Suisse (1200) puis la France. Le géant américain a ménagé la terre d’origine d’Alstom, dans la lignée des conditions posées par le gouvernement à la réalisation de l’opération.

Belfort épargné "temporairement"

GE avait pris soin, début décembre, de détailler les 1 000 créations nettes d’emplois promises d’ici à 2018 à François Hollande par Jeff Immelt, son PDG. Comme Mark Hutchinson, le président de GE Europe, l’avait alors indiqué, le site emblématique de Belfort (Territoire-de-Belfort) est épargné par la restructuration dévoilée aujourd’hui.

Laurent Santoire, délégué syndical CGT d’Alstom, n’y voit qu’un "trompe-l’œil". "Comment Belfort n’est-il pas touché alors que le site subit une très forte baisse de charge ?" Et le syndicaliste de dénoncer 84 emplois supprimés à Massy (Essonne) dans les systèmes électrique des centrales thermiques, 221 dans le nucléaire à Levallois, notamment toute l’équipe des groupes diesel d’ultime secours mais aussi une partie des effectifs qui travaillent sur le projet d’Hinkley Point mené par EDF en Angleterre.

Sans compter "la fermeture du site de Boilers [les chaudières pour centrales à charbon, ndlr] à Massy, qui passe sous loi Florange !" Pour Laurent Santoire, Belfort a été épargné pour "des raisons politiques" mais ce n’est que "temporaire".

Plans "dans les cartons d'Alstom"

Sans confirmer le détail de la restructuration en France, le porte-parole de GE reconnaît qu’il "y a aussi des fonctions industrielles touchées à côté des fonctions support. Mais la France est moins impactée que la Suisse ou l’Allemagne car il y a moins de doublons avec les activités de GE", ajoute-t-il. Et de remettre cette restructuration en perspective : "Alstom avait de toutes façons de tels plans dans ses cartons. Son chiffre d’affaires dans le thermique [charbon, gaz et nucléaire, ndlr] avait plongé de 38% entre 2010 et 2015."

Après cette restructuration et sous la houlette de General Electric, les ex-activités d’Alstom dans l’énergie seront-elles en mesure de renouer avec la croissance ? Ce sera la condition pour échapper à de nouvelles restructurations.

Manuel Moragues

1 Commentaire

General Electric supprime 6 500 emplois d’Alstom en Europe, 800 en France

Recette du coq au vin californien
19/01/2016 14h:03

C'est ce qu'on appelle faire coup double, voire même triple:

1- General Electric fait ses courses en France (création de 250 postes dans le secteur de pointe de l'usine numérique, et soit-disant 240 recrutements en programme de leadership), passons sur les promesses plus ou moins creuses voire paradoxales de création de 200 postes en regroupant des services communs GE-Alstom, ce qui d'ordinaire s'accompagne plutôt de la suppression de doublons, ainsi que l'"accroissement" de 310 postes sur le site de Belfort réalisé par intégration des sous-traitants...

2- en profite pour camoufler la suppression de 6500 postes / 65000 - soit 10% - chez l'un de ses principaux concurrents Alstom, du moins en France car les partenaires européens sont sacrifiés sur l'autel de la sacrosainte "préservation de l'emploi" national,

3- concurrent récemment racheté à la baisse (9.7 vs 12.35 milliards euros initialement annoncés, dans le seul but de battre l'offre du conglomérat Siemens-MHI, et en échange de clopinettes)...

cette farce rabelesque n'ayant pas fini de nous surprendre par ses rebondissements pittoresques avec en perspective de futurs plans de restructuration - pardon "plans de sauvegarde de l'emploi" - le tout avec la bénédiction du gouvernement français !

GE, l'imagination en action - eh oui, à la différence de son alter-ego anglophone, un employé francophone de GE ne travaille pas, il imagine qu'il travaille !

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