General Electric en perte de 6 milliards de dollars sur l’année 2017

General Electric a été pénalisé en 2017 par de lourdes charges et la mauvaise santé de sa division énergie, qui comprend l'ancien français Alstom. Le conglomérat américain enregistre une perte nette de 6 milliards de dollars sur l'année. Mais ses résultats opérationnels ne sont pas alarmants, les activités dans l'aviation et la santé restant solides.

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General Electric en perte de 6 milliards de dollars sur l’année 2017

General Electric finit l’année 2017 dans le rouge après avoir été chahuté en Bourse. Le conglomérat américain a enregistré une perte nette de 9,83 milliards de dollars pour le quatrième trimestre, et une perte nette sur l’année de 6,22 milliards, selon les résultats publiés mercredi 24 janvier. De mauvais chiffres liés à deux facteurs : une charge annoncée de 11 milliards de dollars due à la dépréciation de ses actifs dans l'assurance et à la réforme fiscale aux Etats-Unis ; la mauvaise performance de sa division énergie dans un marché en berne.

Au niveau des charges, le PDG John Flannery avait déjà annoncé la semaine dernière que la charge liée au portefeuille de couverture santé de la filiale GE Capital serait deux fois plus importante que prévue, à 6,2 milliards de dollars. Dans ses comptes annuels, le groupe inscrit également une charge de 3,5 milliards due à la nouvelle législation fiscale des Etats-Unis.

Côté opérationnel, la performance est moins bonne que l’an dernier, mais loin d'être catastrophique. Le chiffre d'affaires est de 122 milliards de dollars sur l'année, en baisse de 1,3% par rapport à 2016 ; le résultat opérationnel en recul de 10% pour s’établir à 13,8 milliards. La marge opérationnelle pour l’ensemble du groupe, à 14% l’an dernier, atteint tout de même 12,1 %.

L’énergie en difficulté

Les résultats des différentes divisions laissent clairement apparaître les faiblesses du conglomérat : d'une part sa branche énergie, sa première en termes de chiffre d’affaires (36 milliards de dollars pour 2017, soit 29,5% du chiffre d'affaires total) et dans laquelle a été intégré le français Alstom, et dautre part la branche pétrole et gaz.

Dans ses activités énergie, qui font face à un retournement du marché de l’énergie avec une chute de la demande mondiale pour les turbines pour centrales électriques, le résultat opérationnel est en baisse de 45% par rapport à 2016 pour s’établir à 2,8 milliards de dollars et les commandes en baisse de 13%. La marge opérationnelle perd 6 points, passant de 13,8% à 7,7%. Côté pétrole et gaz, une branche qui souffre depuis un an de la chute des prix du baril de brut, le résultat opérationnel baisse de 35%, à 900 millions de dollars. La marge, elle, perd 5,6 points pour s’établir à 5,2%.

Restructuration en cours

Anticipant ses mauvais résultats et cherchant à endiguer la chute de la valeur boursière de GE (moins 40% depuis début 2017), John Flannery avait annoncé en novembre un vaste plan restructuration. Au programme : le recentrage des activités sur l’aéronautique, le médical et l’énergie, avec la cession de 20 milliards de dollars d'actifs, la suppression de milliers d'emplois et la division par deux du dividende versé aux actionnaires.

En décembre, la direction avait précisé que la restructuration de sa branche énergie entraînerait la suppression de 12 000 postes dans le monde. Des suppressions qui devraient épargner la France en raison des engagements pris par le groupe auprès du gouvernement français lors de la reprise des activités énergie d’Alstom en 2015.

L’aviation et la santé en progression

Lors d'une conférence téléphonique, John Flannery a estimé que ces restructurations montraient "de premiers résultats". Il a aussi insisté sur les bonnes nouvelles. "Les performances de trésorerie ont été supérieures aux attentes et notre visibilité sur les liquidités s'améliorent", a-t-il déclaré.

Et de mentionner enfin les bons résultats de ses branches aviation et santé. La première, dont le chiffre d’affaires est en hausse de 4% à 27,3 milliards de dollars, a vu son résultat opérationnel augmenter de 9%, à 6,6 milliards de dollars et sa marge opérationnelle prendre un point, à 24,3%. La branche santé, à travers laquelle GE vend des équipements médicaux, est elle en progression avec un résultat opérationnel en hausse de 9%, à 3,4 milliards de dollars, et une marge prenant 0,7 points pour atteindre 18%. "2017 est derrière nous", a déclaré aux investisseurs John Flannery, affichant clairement son optimisme pour 2018. Les actionnaires activistes tel Nelson Peltz en seront-ils convaincus ?

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