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L'Usine Santé

Genentech, l'atout californien dans la manche du laboratoire suisse Roche

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Reportage Numéro trois mondial de la pharmacie, le groupe Roche est devenu le leader des traitements du cancer en s’emparant de la biotech californienne Genentech. Sur son campus de San Francisco, celle-ci a pu garder son autonomie et tente d’innover également dans d’autres domaines thérapeutiques.

Genentech, l'atout californien dans la manche du laboratoire suisse Roche © Genentech

Sur le gigantesque campus californien de Genentech, qui accueille plus de 10 000 salariés, la vue sur la baie de San Francisco est spectaculaire. Suffisamment inspirante pour avoir donné l’envie, en 1976, à un jeune investisseur et un biochimiste de fonder ici ce qui allait devenir la plus grande société de biotechnologie au monde. En misant sur la technologie de l’ADN recombinant, une technique permettant le transfert de gènes d’un organisme à un autre. Des médicaments d’un genre nouveau, issus du vivant, sont nés : l’insuline humaine, cédée au laboratoire américain Lilly, l’hormone de croissance... Aujourd'hui, l’entreprise n’est, sur le papier, plus indépendante.

En 2009, la big pharma suisse Roche s’est définitivement emparée de Genentech, dont elle était déjà actionnaire, pour un montant record : 43 milliards de dollars. L’opération a fait de Roche le numéro un mondial des traitements du cancer et le troisième laboratoire pharmaceutique (39 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2013). Avec des médicaments, comme son blockbuster Avastin, qui engrangent chaque année de nouvelles indications pour traiter d’autres types de cancers.

Aiguiser ses armes face à la concurrence dans le traitement des cancers

Mais la concurrence se ravive. Son compatriote Novartis, numéro un mondial de la pharmacie, a récemment racheté le portefeuille d’un autre laboratoire, GSK, pour tenter de détrôner Roche en oncologie. Face à lui, Roche affûte ses armes en misant sur deux spécificités. Le suisse a d’abord conservé en interne une division diagnostic, qui représente un quart de ses ventes car il est leader mondial. "C’est une opportunité stratégique d’avoir des synergies avec notre activité pharmaceutique, en offrant la capacité de concevoir des thérapies ciblées dont on sait qu’elles pourront être efficaces pour certaines populations de patients, identifiées grâce au diagnostic moléculaire", explique Severin Schwan, le patron de Roche.

Sur le campus californien de Pleasanton, à une heure du siège de Genentech, 650 salariés de Roche Diagnostics planchent ainsi sur de nouvelles générations d’outils - tests de diagnostic et grands équipements - faisant appel à la biologie moléculaire.

Des projets de recherche concurrents au sein même du groupe

L’autre atout de Roche ? Avoir laissé à Genentech son autonomie. "Les gens passionnés, créatifs ont besoin d’espace et de liberté, insiste Severin Schwan. Si on leur dit exactement ce que l’on veut, on ne peut pas arriver à des innovations de rupture. Notre force est aussi d’avoir ces pôles indépendants, différentes façons de penser et approches." Entre le siège historique de la R&D de Roche, situé à Bâle, Genentech et le laboratoire japonais Chugai (entré dans le groupe en 2002), des projets concurrents peuvent ainsi être menés sur de mêmes indications. Comme dans les neurosciences, un domaine complexe où les échecs de l’industrie pharmaceutique se succèdent.

A San Francisco comme à Bâle, des équipes planchent ainsi sur des approches différentes pour utiliser des anticorps thérapeutiques dans la maladie d’Alzheimer. Que le meilleur gagne… Un modèle qui se fait rarissime dans l’industrie, alors que la majorité des laboratoires sont contraints de réduire les investissements dans la R&D, comme l’américain Pfizer, ou de la restructurer.

Roche mise aussi sur l’immunologie et les neurosciences

Roche sait qu’il doit aussi trouver d’autres relais de croissance que l’oncologie. Alors que ce domaine représente encore "70% de notre chiffre d'affaires et les deux tiers de nos produits en phases avancées de développement, cela va progressivement passer à 50%", assure Sandra Horning, la patronne mondiale du développement de Roche.

"Chez Genentech, 20% de notre recherche est consacrée à l’immunologie (une approche expérimentée par de plus en plus de laboratoires pour solliciter le système immunitaire du patient, ndlr), 20% aux neurosciences, 5% à l’infectiologie, notamment pour enrayer la résistance aux antibiotiques, et 5% à des opportunités scientifiques", détaille Andy Chan, le Monsieur recherche de Genentech. Le laboratoire espère ainsi lancer très prochainement de nouveaux médicaments dans les domaines respiratoires et ophtalmologiques.

Gaëlle Fleitour, à San Francisco

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