Gemalto réussit plus vite sa transformation vers les logiciels et services

Ridha Loukil , ,

Publié le

Le numéro un français de la sécurité numérique Gemalto atteint un chiffre d’affaires de 1 milliard d'euros dans les logiciels et services cloud en 2016, un an en avance sur son plan stratégique. Une transformation de son métier et de son modèle économique qui devrait être poursuivie par le prochain plan stratégique attendue en fin d'année.

Gemalto réussit plus vite sa transformation vers les logiciels et services
Philippe Vallée, directeur général de Gemalto
© George Brooks

Gemalto est connu comme le numéro un mondial de la carte puce, matérialisée par la carte SIM ou la carte bancaire. Mais Philippe Vallée, son directeur général depuis septembre 2016, préfère le présenter comme un spécialiste de la sécurité numérique au service des opérateurs mobiles, des banques, des gouvernements ou des entreprises. Une présentation qui traduit chaque année mieux le profil de ce groupe de 15 000 personnes dans le monde, dont 3000 en France.

Les cartes SIM, seulement 20% du chiffre d'affaires total en 2016

"En 2006, lors de la création de Gemalto par fusion de Gemplus et Axalto, les cartes télécoms représentaient 70% du chiffre d’affaires qui s’élevait alors à 1,6 milliard d’euros, rappelle Philippe Vallée. En 2016, les cartes SIM ne représentent que 20% du chiffre d’affaires qui atteint 3,1 milliards d’euros. Ces chiffres traduisent le chemin parcouru par l'entreprise."

Sous la houlette de son ancien directeur général Olivier Piou, le groupe s’est engagé dans la transformation de ses métiers et de son modèle, en se diversifiant dans les logiciels d’infrastructure, livrés comme solutions clés en mains à installer sur les serveurs des clients (opérateurs télécoms, banques, gouvernements, entreprises…) ou comme services cloud (SaaS pour Software as a services). Le plan stratégique lancé en septembre 2013 vise à doubler en cinq ans le chiffre d’affaires de cette activité, baptisée plateformes et services, en atteignant le milliard d’euros. Un objectif atteint en 2016, soit un an en avance sur le planning.

E-SIM, menace ou opportunité?

Gemalto a besoin de cette transformation pour se libérer de sa dépendance vis-à-vis des cartes SIM, un marché morose depuis 2015. En 2016, les ventes du groupe dans ce domaine ont chuté de 19%. Et les perspectives incitent peu à l’optimisme même si Philippe Vallée entrevoit une décélération du recul à 6% au premier semestre 2017. Le développement de l’e-SIM, la carte SIM intégrée par le constructeur dans le matériel, est vu par les marchés financiers comme une menace à long terme pour l'entreprise. Ce n’est pas l’avis de Philippe Vallée. "Nous restons fournisseur de l’e-SIM, estime-t-il. Seule différence : au lieu de la fournir à l’opérateur mobile, nous la fournirons au constructeur du matériel où elle doit être intégrée. Nous le faisons déjà pour la montre connectée Gear 2 de Samsung et nous allons le faire pour des tablettes connectées. Pour nous, c’est une opportunité de fournir des services d’activation à distance et de téléchargement d’identifiant."

Pour fournir ses services SaaS, Gemalto a fait le choix de se reposer sur l’infrastructure cloud de plusieurs prestataires, dont Microsoft, Amazon Web Services et Colt. L’activité cloud forme moins de la moitié du chiffre d’affaires dans les plateformes et services aujourd'hui, mais se développe à grande vitesse.

Diversification dans la biométrie

Le groupe fait de la confiance numérique la locomotive de son développement. C’est pour cela qu’il a racheté en janvier 2015 SafeNet, spécialiste américain des coffres forts numériques, pour 890 millions de dollars. Et pour compléter son portefeuille de technologies d’authentification, il se porte acquéreur de Cogent, l’activité biométrie de l’américain 3M, pour 850 millions de dollars. Philippe Vallée reste confiant sur ses chances de passer le filtre du CFUIS, le redoutable comité interministériel de contrôle des investissements étrangers touchant aux intérêts américains. Et pour poursuivre la transformation de son groupe, il prépare un nouveau plan stratégique qui sera présenté en fin d’année.

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