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Gemalto renoue avec la croissance des bénéfices mais peine à redresser ses cartes SIM

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Après le décrochage en 2017, Gemalto stabilise son chiffre d’affaires et renoue avec la croissance des bénéfices. Mais son activité traditionnelle de cartes à puce reste orientée à la baisse, victime de la morosité persistante des cartes SIM. Le groupe, qui va intégrer bientôt Thales, mise sur l’essor de l’eSIM pour inverser la tendance dans 2-3 ans.

Gemalto renoue avec la croissance des bénéfices mais peine à redresser ses cartes SIM
Siège opérationnel de Gemalto à Meudon, dans la région parisienne
© D.R. - Gemalto

C’est un beau cadeau pour Thales. D’ici mars prochain, le groupe de Patrice Caine va absorber Gemalto dans une bien meilleure posture financière que lors de la conclusion de l’accord de son rachat en 2017. Le numéro un mondial de la carte à puce, qui compte 15 000 personnes dans le monde, dont 2 700 en France, clôture 2018 avec un chiffre d’affaires stabilisé à près de 3 milliards d’euros, un bénéfice d’exploitation de 332 millions d’euros, en augmentation de 7%, et un bénéfice net de 176,5 millions d’euros, contre une perte nette de 424 millions d’euros un an auparavant.

Certes, le résultat opérationnel reste en dessous des attentes de 340 millions d’euros d’Emmanuel Matot, analyste financier chez Oddo BHF. Mais il constitue un redressement significatif après le décrochage de 2017 où le chiffre d’affaires a dévissé de 5% et le bénéfice d’exploitation de 21,5%.

Ralentissement du déclin de l'activité traditionnelle

"Après l’accident de 2017, nous avons réussi en 2018 à stabiliser le chiffre d’affaires et à renouer avec la croissance des bénéfices, se félicite le directeur général Philippe Vallée lors de la présentation des résultats à la presse le 14 février 2019. Nous retrouvons à nouveau une trajectoire à tendance positive. "

Mais la situation reste contrastée entre les deux segments d’activité. Si le segment "Identité, Internet des objets et Cybersécurité" poursuit son boom avec une croissance de son chiffre d’affaires de 8% à 1 381 millions d’euros, le segment "Cartes à puce & Services d’émission", qui constitue l’activité historique de l’entreprise, reste orienté à la baisse avec un recul du chiffre d’affaires de 6% à 1 588 millions d’euros. Après le plongeon de 13% de 2017, le déclin se ralentit toutefois. "C’est le fruit de notre plan de transition lancé en mars 2017 avec un objectif d’économie de 50 millions d’euros, explique le patron de l’entreprise. Il est aussi le résultat de notre stratégie consistant à être plus sélectif sur le marché. Nous avons décidé d’abandonner les contrats et marchés non rentables. "

En France, le plan d’économie s’est traduit par la suppression de 262 postes sur les sites de La Ciotat, Gemenos et Meudon (siège opérationnel). Ce plan social prévoyait au départ la suppression de 288 postes. Il s’est achevé en août 2018. "Il a été réalisé par des départs volontaires et de reclassements en interne ou chez Thales, assure le directeur général. Il n’y a eu aucun départ contraint."

Vers une disparition de la carte SIM

Sur le front des cartes bancaires, la situation s’est stabilisée. "Les stocks aux Etats-Unis ont été écoulés et nous bénéficions de la reprise de contrats en Europe, en Asie et en Afrique, et du développement du sans contact, affirme Philippe Vallée. En revanche, la baisse dans les cartes SIM se poursuit à un rythme important. Et nous n’entrevoyons pas d’amélioration. La carte SIM dans son format actuel va petit à petit disparaître. Mais sa fonction va être assurée de plus en plus par l’eSIM ».

La carte SIM actuelle est amovible. Elle est fournie par l’opérateur mobile pour identifier et gérer les services de ses abonnés. L’eSIM est embarquée par le constructeur du terminal comme les autres composants électroniques. L’opérateur n’a plus à envoyer une carte SIM à son abonné. Pour activer son service, il n’a qu’à télécharger à distance ses données dans la puce. Un changement d’opérateur ne nécessite plus le remplacement de la carte. Une simple mise à jour des données à distance suffit.

Philippe Vallée place le salut de l'activité "Carte à puce et Services d’émission" dans ces services d’activation à distance de l’eSIM pour le compte d’opérateurs mobiles. "Nous avons beaucoup investi dans une plateforme de services cloud avec trois datacenters, un en France, un aux Etats-Unis et un à Singapour, pour offrir ces services, note-t-il. Et nous sommes prêts à ouvrir un quatrième. Nous travaillons déjà avec certains opérateurs dans la voiture connectée, les montres connectées et aussi les smartphones puisque les derniers iPhone d’Apple embarquent une eSIM. Mais les revenus de cette activité restent aujourd’hui faibles."

Les constructeurs chinois de mobiles en embuscade

Jusqu’ici, l’eSIM se cantonnait à des segments de marché anecdotiques comme les montres connectées, les tablettes connectées ou la voiture connectée. Le vrai enjeu réside dans les smartphones, un marché de 1,4 milliard d'unités. Google a ouvert la voie avec ses Pixel 3, premiers smartphones à embarquer l’eSIM. Mais c’est Apple qui est en train de changer vraiment la donne en utilisant cette technologie dans sa dernière génération d’iPhone lancée à l’automne 2018. Son exemple ne manquera pas d’être médité par d’autres constructeurs majeurs du marché. "Nous travaillons sur le sujet avec des constructeurs chinois de smartphones ", lâche Philippe Vallée. Ce qui laisse entrevoir un possible lancement de nouveaux smartphones avec eSIM lors du prochain Mobile World Congress, qui se déroule à Barcelone du 25 au 28 février 2019.

Mais Philippe Vallée, qui va prendre la tête de la division "Digital Identity Services"  (17 000 personnes et 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) chez Thales après l’intégration de Gemalto, reste prudent. "Il faudra attendre au moins deux à trois ans pour stabiliser l’activité cartes à puces et services d’émission, prévient-il. Ensuite la remontée sera lente."

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