Gemalto, l’atout technologique de Thales pour sécuriser l’Internet des objets

L'électronicien de défense Thales va débourser 4,8 milliards d'euros pour acquérir les technologiques d'authentification et de gestion des objets industriels connectés de Gemalto. L'opération a été approuvée par les deux conseils d'administration.

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Gemalto, l’atout technologique de Thales pour sécuriser l’Internet des objets
Philippe Vallée et Patrice Caine le 18 décembre lors de l'annonce du rapprochement entre Gemalto et Thales

Au 34eme étage de la tour Carpe Diem dans le quartier d'affaires de la Défense où Thales à son siège, Patrice Caine, PDG de Thales et Philippe Vallée DG de Gemalto affichent un grand sourire ce 18 décembre. La veille, après une négociation aussi éclair qu'intense, les deux sociétés ont confirmé par communiqué de presse l'absorption du leader de la carte à puce par l'électronicien de défense pour un montant de 4,8 milliards d'euros. Un rebondissement inédit alors que Gemalto venait à peine de refuser l'offre de rapprochement avec Atos pour 4,3 milliards d'euros. Cette fois-ci, l'offre, approuvée par les deux conseils d'administration, devrait aller à son terme.

n°2 mondial de la sécurité numérique

Thales et Gemalto donnent naissance à un groupe high tech qui pèse 18,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires et de 79 000 salariés. "Le fait que nous sommes deux entreprises à forte intensité de recherche avec énormément d'ingénieur nous donnent une certaine culture. Le fait que nous sommes à l'origine deux entreprises industrielles et pas de services, nous donnent une proximité culturelle importante" a insisté le PDG de Thales.

Le futur groupe revendique être le numéro 2 mondial de la sécurité numérique avec un chiffre d'affaires cumulé de 4,2 milliards de dollars, derrière l'éditeur américain Symantech (4,3 milliards) mais devant IDEMIA (3,3 milliards), Deloitte (2,9 milliards), IBM (2,6 milliards) et Cisco (2,2 milliards). Par ailleurs, le rapprochement devrait générer des synergies de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros par an d'ici 2021.

Le projet industriel a séduit le conseil d'administration de Gemalto. Les deux partenaires veulent construire ensemble un acteur capable de répondre au défi de la sécurisation de l'Internet des objets. Les deux sociétés se voient ainsi sécuriser ensemble les voitures connectées, les navires militaires, les systèmes d'armes sur le champ de bataille, les drones qui vont s'intégrer de plus en plus dans le trafic aérien... Selon Patrice Caine, Gemalto apporte à Thales deux briques essentielles à la chaîne de sécurisation : l'authentification qui permet de connaître l'identité d'une machine sur un réseau et la plate-forme de gestion qui permet d'enregistrer, de configurer et de modifier les droits d'accès de ces objets. Ces technologies complètent celles de Thales dans les domaines des communications sécurisées et d'intelligence artificielle.

Des offres communes d'ici 2020

Ces nouvelles offres issues de la future société pourrait voir le jour d'ici 2020. "Nous sommes les seuls acteurs du marché à posséder cet éventail de technologies dans le domaine de la sécurité numérique", s'est félicité Patrice Caine.

Dans le cas d'une offre commune de sécurisation dans le domaine de la voiture connectée, Gemalto pourra garantir l'identité du conducteur tandis que le système d'exploitation sécurisé de Thales assurerai l'intégrité des logiciels téléchargés par le véhicule. Parmi les autres cas d'usages, ont été cités le contrôle aérien automatisé des drones, la surveillance des aéroports à partir des données remontées par des milliers de capteurs (caméras, badge d'accès...)...

Dans le domaine des paiements par smartphone, les deux partenaires veulent combiner leur offre. La carte SIM de Gemalto authentifie l'abonné grâce à son code et les algorithmes grâce à l'intelligence artificielle de Thales renforceront cette authentification en analysant le comportement de l'abonné.

De manière pratique, Thales apportera son activité numérique à Gemalto, qui continuera d’opérer sous sa propre marque et sous la responsabilité de Philippe Vallée, en tant qu’une des sept activités mondiales de Thales. Par ailleurs, Patrice Caine a confirmé qu'il comptait rester à la tête de Thales pour mener à bien cette acquisition et a démenti être intéressé par le poste de PDG du groupe Airbus.

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