Gemalto en route pour doubler son chiffre d’affaires auprès des gouvernements d’ici 2020

Terrorisme, fraude, insécurité routière… Autant de défis qui poussent les Etats à passer aux documents électroniques et à numériser leurs processus d’identification et de contrôle. Une aubaine pour Gemalto qui entrevoit de doubler son chiffre d’affaires dans ce domaine en quatre ans et franchir le cap de 1 milliard de dollars en 2020.

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Gemalto en route pour doubler son chiffre d’affaires auprès des gouvernements d’ici 2020
Portillons de contrôle aux frontières à l'aéroport

Gemalto se frotte les mains. L’eGouvernement s’annonce prometteur. Le numéro un mondial de la carte à puce affute ses armes pour conforter sa position de leader sur ce marché estimé par Frédéric Trojani, vice-président exécutif du groupe en charge des programmes pour les gouvernements, entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars dans le monde.

Faible pénétration des documents électroniques

Terrorisme, fraude, accidents de la route … Le contexte de sécurité publique n’a jamais été aussi pressant. Le besoin d’efficacité des services de l’Etat aussi. Tout cela pousse les gouvernements à revoir leur processus d’identification et de contrôle en passant aux documents électroniques: passeport, carte d’identité, permis de conduire, carte santé, tachygraphe des camions...

Selon ABI Research, 577 millions d’eDocuments devraient être émis en 2017, portant le parc à 3,7 milliards de pièces dans le monde. Le potentiel de développement reste encore énorme puisque seuls 34% des documents en circulation en 2020 seront électroniques, contre 25% en 2016.

Bataille à trois en Europe

Gemalto dispose de cinq sites de production, dont trois en Europe, réalisant une partie ou la totalité de l’eDocument, complétés par une personnalisation locale dans chaque pays client. « Pour des questions de sécurité et confiance, nous avons choisi de dissocier la production de la personnalisation, justifie Frédéric Trojani qui revendique la moitié du marché des cartes d’identité électroniques en Europe. La personnalisation, qui consiste à ajouter les éléments visuels spécifiques au client, se fait dans les 100 pays où nous sommes présents. »

Le groupe, qui affronte sur ce marché principalement deux concurrents en Europe, l’allemand Veridos, coentreprise entre Giesecke+Devrient et Bundesdruckerei, et le britannique De La Rue, ne se contente pas de fournir des eDocuments. Il se développe également dans les équipements et services utilisés par les agents de l’Etat dans la gestion et le contrôle d’identité. Avec un succès dans les systèmes de contrôle aux frontières où Gemalto a emporté en 2016 le marché de fourniture et maintenance de la nouvelle génération de Paraphe, le système de contrôle automatique des passagers aux aéroports d’Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle. Un contrat détenu auparavant par Morpho, l’ancienne division de sécurité de Safran qui vient d’être rachetée par Oberthur Technologies et son actionnaire, le fonds d'investissement Advent International. « Nous avons travaillé sur le temps de lecteur du passeport et le temps de transit pour rendre le contrôle plus fluide, confie Frédéric Trojani. Avec notre partenaire IER du groupe Bolloré, nous avons amélioré aussi la fiabilité, qui était l’un des gros problèmes du système. Nous allons en déployer 70 exemplaires cette année et 30 l’année prochaine. »

Activité très volatile

Cette activité d'eGouvernement affiche un revenu de 488 millions d’euros en 2016, soit 16% du chiffre d’affaires total. La part des équipements et services est estimée entre 25 et 30% par Frédéric Trojani. Les résultats sont toutefois très volatiles. « Ceci tient au fait que nous travaillons par grands projets, explique le patron de la division. En fonction des appels d’offres et de leur exécution, le revenu généré peut varier sensiblement. » Mais depuis 2010, la croissance moyenne s’établit à 14% par an. A ce rythme, le chiffre d’affaires atteindrait 824 millions d’euros dans quatre ans. En y ajoutant les quelques 200 millions de revenu de Cogent, l’activité biométrie rachetée à l’américain 3M en mai 2017, cela porterait à un peu plus de 1 milliard d’euros le chiffre d’affaires en 2020.

C’est l’objectif inavoué de Frédéric Trojani. Pour l’atteindre, Gemalto mise sur sa capacité à tirer parti des nouvelles opportunités du marché. Une dynamique qu’il pourrait compléter par des acquisitions ciblées comme l’a fait auparavant en rachetant en 2014 Marquis ID Systems, spécialiste des permis de conduire aux Etats-Unis, et cette année Cogent. « Avec le rachat de la biométrie de 3M, nous disposons de nos propres solutions, alors que jusqu’ici nous nous contentions d’intégrer des briques extérieures, explique Frédéric Trojani. Nous serons en mesure de répondre plus facilement à des appels d’offre. »

Le marché de la biométrie en entreprises dans le viseur

Avec la maitrise de la biométrie, Gemalto veut s’attaquer aussi marché d’authentification et d’identification d’entreprises comme les banques, les postes ou les opérateurs télécoms. Un marché à fort potentiel mais difficile à capter car très fragmenté.

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