Quotidien des Usines

Geely mise sur le marché chinois pour relever Volvo

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Publié le

par Fang Yan et Alison Leung

Geely mise sur le marché chinois pour relever Volvo © REUTERS

HONG-KONG (Reuters) - Li Shufu, le président-fondateur de Zhejiang Geely Holding Group qui vient de racheter à Ford la marque Volvo, a déclaré avoir pour objectif de relever le constructeur suédois d'ici deux ans grâce à un marché chinois en plein expansion.

Li Shufu, qui a réussi en moins de vingt ans à faire de Geely Automobile le 10e constructeur automobile chinois et le premier constructeur privé, envisage déjà la construction d'une usine à Pékin qui produirait 300 000 Volvo, soit le double de sa production actuelle.

Fait rare pour une entreprise privée en Chine, le gouvernement de la République populaire a envoyé ce week-end son vice-président Xi Jinping à Göteborg pour assister à la signature de l'accord entre Geely et Volvo.

"Geely doit gagner les coeurs et les esprits des consommateurs chinois avec sa Volvo construite en Chine. Le soutien de Pékin pourrait déjà permettre dans un premier temps de faire entrer Volvo dans la liste des marchés publics", explique John Zeng, analyste chez IHS Global Insight.

"S'il réussit à rendre Volvo profitable en Chine, cela aidera au moins à compenser les pertes subies en Europe", poursuit John Zeng. "Les marchés internationaux aussi sont importants pour Li Shufu, mais il est évidemment impossible de compter sur l'Europe ou les Etats-Unis pour revitaliser Volvo".

La Chine est devenue l'an dernier le premier marché automobile mondial, devant les Etats-Unis.

LES RISQUES D'UNE REPRISE

Geely a repris Volvo pour 1,8 milliard de dollars (1,33 milliard d'euros), soit moins d'un tiers du montant déboursé par Ford en 1999, et a promis en retour de conserver les usines du groupe en Belgique et à Göteborg. Le constructeur chinois pourrait en outre devenir bientôt majoritaire dans Manganese Bronze, la marque des célèbres taxis noirs londoniens.

Mais analystes font valoir que Volvo continue de perdre de l'argent et qu'on ne sait pas du tout quand le cycle s'arrêtera et certains évoquent la reprise ratée par le premier constructeur chinois SAIC Motor de Ssangyong Motor Co, actuellement sous administration judiciaire en Corée du Sud.

Interrogé sur les conseils qu'il donnerait aux Chinois concernant l'achat de grands constructeurs étrangers, Carlos Ghosn, qui dirige Nissan et Renault, a répondu : "Cela dépend de mon interlocuteur. Si c'est un concurrent, je l'encouragerais à aller de l'avant. Mais si c'est un ami, je lui conseillerais de rester en dehors du coup".

Rien n'entame cependant l'optimisme des dirigeants de Geely. "Li Shufu n'a pas fait que cogiter pour décider ensuite de racheter Volvo", a déclaré un responsable du constructeur chinois qui a souhaité gardé l'anonymat. "Il a prédit il y a des années le déclin des constructeurs de Detroit et depuis il s'est tenu prêt à saisir les opportunités."

"Nous ne bougerions pas si nous ne voyions pas une grande chance de réussite", a-t-il ajouté.

La marché a réagi positivement à l'annonce de la reprise de Volvo, faisant monter le cours de l'action de Geely Automobile Holdings à un plus haut de deux mois, le marché espérant que le constructeur automobile coté à Hong Kong tire parti de l'opération engagée par sa société-mère.

Vincent Chauvet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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