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Gébé 2 enrichit le travail des robots

Marine Protais ,

Publié le

L’intégrateur vendéen utilise un logiciel de programmation hors ligne pour apprendre aux robots des tâches complexes.

Gébé 2 enrichit le travail des robots
Le logiciel utilisé par cet intégrateur de cellules robotiques est capable de simuler le parcours du robot à partir d’un fichier 3D.
© D.R.

Les entreprises citées

Dans l’atelier de Gébé 2, à Boufféré, en Vendée, un robot Kuka orange pose à côté de son « œuvre » : une grande pièce de carrosserie pour poids lourds. À quelques mètres de lui, l’un de ses homologues vient d’achever une pièce pour l’aéronautique en nid-d’abeilles, une matière souple, difficile à détourer. Pour parvenir à usiner des pièces aussi complexes, les robots n’ont pas été pilotés par la méthode classique, dite par apprentissage. Celle-ci consiste à faire mémoriser au robot une trajectoire point par point en utilisant un boîtier de contrôle. Elle implique la présence d’un opérateur à côté du robot. L’intégrateur Gébé 2 a préféré miser sur un logiciel de programmation hors ligne (PHL). La PHL se fait à distance, sur un ordinateur. Ainsi, le robot n’est pas mobilisé pendant le temps de programmation. L’opération est beaucoup moins chronophage que l’apprentissage et elle est aussi plus précise.

Gébé 2, qui emploie 45 personnes et a réalisé 6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, est un intégrateur de cellules robotiques. Il assemble les robots à d’autres outils, les programmes et les teste pour des industriels de l’aéronautique, de l’automobile et du BTP. « Nous faisons du sur-mesure pour livrer des solutions prêtes à l’emploi », résume Didier Barbarit, le directeur général. « Nous nous spécialisons dans les tâches qui sont rarement réalisées par des robots : le ponçage, l’usinage de bloc de matière, le dépôt de cordon de colle. Ce sont des trajectoires complexes ». D’où l’intérêt de la PHL. Gébé 2 utilise le logiciel Robotmaster, développé par un éditeur spécialisé, Hypertherm, plutôt que les logiciels de PHL fournis par les fabricants de robot. Robotmaster est plus précis. Autre avantage, « il parle le langage des différentes marques de robots », précise Didier Barbarit.

Simulation de la trajectoire

Gébé 2 a plusieurs usages de Robotmaster : il l’intègre à certaines cellules robotiques avant de les vendre et l’utilise pour ses propres robots, qui lui servent à développer de nouveaux procédés et à fabriquer des prototypes de pièces pour ses clients. Dans le bureau d’études de l’intégrateur, un ingénieur travaille sur une pièce en nid-d’abeilles. Le logiciel Robotmaster calcule la trajectoire du robot à partir d’un fichier 3D de la pièce et d’un fichier 3D de l’environnement du robot.

Le logiciel est ensuite capable de simuler le parcours du robot et d’aider le programmeur à repérer et à résoudre les problèmes tels que des obstacles sur le parcours, des mauvaises postures du robot, une pièce hors d’atteinte… « Cela permet de modifier localement la trajectoire, sans tout reprogrammer », explique Didier Barbarit. Une fois une première version du programme développée, il faut tout de même tester le procédé grandeur nature. « Cela peut prendre de deux jours à plusieurs semaines pour des pièces vraiment complexes », estime Didier Barbarit.

Les logiciels de programmation hors ligne existent depuis une dizaine d’années en France et demeurent cependant encore peu répandus. La majorité des robots industriels restent destinés à des tâches simples de manipulation pour lesquelles la méthode d’apprentissage suffit. « Mais les robots sont de plus en plus utilisés pour des trajectoires complexes. Dans l’automobile et l’aéronautique, c’est déjà le cas, même si leurs tâches sont répétitives. La PHL devrait se généraliser », prévoit Didier Barbarit.

Certains industriels préfèrent, lorsqu’ils commencent à utiliser cette méthode, se tourner vers des intégrateurs comme Gébé 2, qui reprogramment leurs robots plusieurs fois par an. Ce choix répond également à une question de coût : une licence de base pour un logiciel comme Robotmaster coûte environ 25 000 euros. À long terme, les industriels, confrontés à une demande de plus en plus personnalisée, devront certainement intégrer cette compétence pour pouvoir reprogrammer leurs robots plusieurs fois par mois, voire par semaine. 

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