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L'Usine de l'Energie

« GE veut être le leader global des renouvelables »

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Jérôme Pécresse , le PDG de la nouvelle entité GE Renewable Energy, veut surfer sur la croissance des énergies renouvelables. Et s’imposer, grâce au rachat d’Alstom, comme le premier industriel du secteur à l’heure de la globalisation de l’éolien.

« GE veut être le leader global des renouvelables »
Jérôme Pécresse, PDG de la nouvelle entité GE Renewable Energy

Suite au rachat de la branche énergie d’Alstom, GE a créé une activité Renouvelables, que vous dirigez. Pourquoi ?

Les énergies renouvelables, ce n’est plus, comme certains pouvaient le penser il y a cinq ans, une lubie de quelques développeurs qui allait retomber comme un soufflé. C’est une vraie réalité de marché et une croissance qui ne va pas s’arrêter. Bientôt, la capacité éolienne sera supérieure à la base nucléaire installée dans le monde ! Il y a là un vrai vecteur de croissance pour GE car les renouvelables deviennent de vrais métiers d’industriels. Nous produisons des milliers de turbines chaque année, c’est de l’assemblage, du sourcing… C’est cela, avec l’apport d’Alstom, qui a fait que Jeff Immelt [le PDG de GE, ndlr] a créé une activité renouvelable de rang 1 qui lui rapporte directement, avec des ambitions de croissance importantes.

Quels sont vos objectifs ?

Nous sommes en train de les définir précisément sur le moyen terme, mais le mot d’ordre de Jeff Immelt est clair : « Développer ! » GE veut être le leader global des renouvelables couvrant le plus de domaines possibles où l’on peut créer de la valeur. Nous sommes déjà l’un des plus grands, sinon le plus grand industriel des renouvelables et le seul à être à la fois dans l’éolien et l’hydro. L’idée, c’est de continuer, de construire un business qui soit à la fois diversifié, mais aussi global car la croissance de nos marchés est d’abord en Chine, en Inde, demain en Afrique… Nous voulons maintenir une croissance des commandes à deux chiffres et nous rapprocher à terme de marges à deux chiffres également, contre environ 6 % aujourd’hui.

En quoi Alstom a-t-il renforcé le pôle Renouvelables de GE ?

L’acquisition d’Alstom a transformé l’activité dans les renouvelables de GE. D’abord en taille : elle est passée de 6,5 à 9 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont 7 dans l’éolien. Elle s’est aussi diversifiée. Avant, il s’agissait essentiellement d’éolien terrestre. Aujourd’hui, GE produit aussi de l’éolien offshore, de l’hydroélectricité et un peu de solaire. En outre, l’activité est devenue plus globale grâce à l’apport de la branche Hydro, avec laquelle Alstom joue le rôle d’éclaireur de GE dans de nombreux pays, comme au Laos, en Éthiopie, bientôt au Népal… Quand ils veulent développer leur production d’électricité, les pays en développement commencent souvent par une centrale hydroélectrique, pas par quelques éoliennes.

Trois champs français d’éolien offshore étaient dans la corbeille… Où en êtes-vous ?

Nous nous attendons à ce que les permis soient délivrés très prochainement. S’il n’y a pas de recours, il faudra une petite année pour que le financement soit bouclé et que nous ayons le « notice to proceed », au deuxième trimestre 2017. C’est long quand même ! C’est l’un des premiers sujets que j’ai traités en arrivant chez Alstom, en répondant à l’appel d’offres en décembre 2011. Au mieux, l’installation aura lieu en 2020 et la mise en service en 2021. Cela fera dix ans ! C’est moitié moins en Allemagne. Le problème est identique dans l’éolien terrestre, avec des délais de six à sept ans en France avec les recours, contre trois en Allemagne. On en arrive à des situations ubuesques où, lorsqu’un projet est enfin purgé de ses recours, les machines prévues ne sont plus fabriquées…

En attendant, c’est l’export qui fait tourner Saint-Nazaire…

Nous sommes en train d’exécuter un premier petit – mais important – projet de présérie pour un parc de cinq turbines au large de Block Island, dans l’État de Rhode Island. Ce sera le premier parc offshore aux États-Unis. Nous avons également sécurisé le projet Merkur, en Allemagne. La production démarrera à la fin de l’été. EDF et les champs français viendront ensuite. Nous avons maintenant un chemin de montée en puissance commerciale et industrielle en Europe. GE a mis un drapeau sur le marché américain et je pense que celui-ci se développera plus rapidement que ce que l’on croit. Enfin, nous nous intéressons aussi au marché chinois, qui démarre très vite. Le gouvernement a annoncé des objectifs ambitieux et les grands acteurs chinois se sont mis en mouvement.

Dans l’éolien terrestre, que vous inspire la fusion Gamesa-Siemens ?

La consolidation du marché de l’éolien est inéluctable. Le monde confortable des tarifs de rachat de l’électricité fixés par l’État est en train de disparaître. La norme devient une mise aux enchères où le tarif résulte d’une compétition entre projets éoliens et tous fiouls confondus. Cela induit une forte pression sur les prix. C’est une bonne nouvelle car baisser les prix des renouvelables est indispensable pour soutenir la croissance des volumes. De notre côté, cette pression sur les prix implique de baisser les coûts chaque année en innovant pour sortir des turbines plus productives et moins chères, en travaillant sur le digital, comme nous le faisons aux États-Unis pour gagner quelques points de productivité. Cela impose à General Electric de devenir plus global, de faire son métier d’industriel de la façon la plus efficace possible. Je n’ai pas peur de cela.

Allez-vous vous porter candidat pour l’acquisition d’Adwen, la coentreprise dans l’éolien offshore d’Areva et Gamesa ?

Nous étudions cette possibilité. Nous sommes bien sûr intéressés par la consolidation de l’éolien offshore en France. Personnellement, j’ai répété pendant des années qu’il n’y avait pas de place pour deux grands turbiniers en France. Sans grand succès, mais je ne vais pas changer d’avis maintenant. 

La fusion Siemens-Gamesa rebat les cartes

La fusion annoncée le 17 juin des activités éoliennes de l’espagnol Gamesa et de Siemens crée un nouveau concurrent et une nouvelle proie pour GE. Le géant – contrôlé à 59 % par Siemens – qui sortira de la fusion devrait s’imposer en numéro un mondial de l’éolien, avec plus de 13 % de parts de marché. Neuf milliards d’euros de ventes, un carnet de commandes de 20 milliards, 69 GW de base installée… Siemens-Gamesa pourra compter sur sa taille pour mener la vie dure à GE et Vestas. L’opération génère aussi une cible potentielle pour GE : Adwen, la coentreprise d’Areva et de Gamesa dans l’éolien offshore, se retrouve à la vente. Areva, qui veut se recentrer sur le nucléaire, a trois mois pour choisir de céder Adwen à Gamesa ou à un tiers. GE est intéressé. Les trois projets français que doit équiper Adwen lui permettraient d’accélérer dans le métier de l’offshore. Reste qu’il lui faudrait composer avec les engagements associés aux projets : une implantation industrielle au Havre et la construction d’une turbine de 8MW. 

 

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