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GE - Siemens, la bataille d'Alstom

Manuel Moragues , , , ,

Publié le

Enquête General Electric et Siemens intensifient leur lobbying alors que le gouvernement s’est imposé en arbitre du rachat des activités énergie d’Alstom. La bataille se joue aussi dans l’opinion.

GE - Siemens, la bataille d'Alstom

Sommaire du dossier

Les français favorables à l’intervention de l’état

Au sujet des projets de rachat du groupe Alstom par des entreprises étrangères, diriez-vous que vous êtes plutôt…
  D’accord Pas d’accord
Même si c’est une entreprise privée, le gouvernement a raison de se saisir du sujet, car Alstom est un fleuron industriel français 60% 21%
Il serait préférable qu’Alstom soit racheté par une entreprise européenne (Siemens) plutôt qu’américaine (GE) 53% 16%

Sondage réalisé par l’Ifop pour "L’Usine Nouvelle" par questionnaire auto-administré en ligne du 12 au 14 mai 2014 auprès d’un échantillon de 996 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’intégralité du sondage sur notre site.

 

L’issue approche. Le 2 juin marque la date limite fixée par General Electric (GE) et Alstom pour une entrée en négociations exclusives sur le rachat de ses activités énergie et réseaux. Le calendrier est serré pour Siemens, qui a démarré son étude détaillée des activités d’Alstom le 7 mai. La confirmation de son intérêt pour le français avec le dépôt d’une offre ferme devrait, sauf surprise, être la prochaine étape majeure de la bataille entre les deux géants. Le conseil d’administration d’Alstom s’est donné jusqu’à la fin du mois pour trancher.

En attendant, le lobbying des prétendants s’intensifie dans les palais de la République. Le PDG de Siemens, Joe Kaeser, était à la manœuvre à l’Élysée, le 9 mai, et à Bercy, le 14. Celui de GE, Jeffrey Immelt, a confié cette mission au patron de sa branche énergie, Steve Bolze, qui s’est rendu à l’Élysée, puis à Bercy, les 15 et 16 mai. Chacun défend avec force son offre. L’américain veut bâtir "un leader mondial de l’énergie" et met en avant "un projet industriel bon pour Alstom, pour ses employés et pour la France". De son côté, l’allemand propose de "créer deux champions européens", Siemens dans l’énergie et Alstom dans le ferroviaire, en cédant au français la quasi-totalité de ses activités dans le rail.

Convaincre l’État sera indispensable. Le décret relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable, promulgué en urgence le 15 mai, est venu renforcer le pouvoir du gouvernement. La protection des entreprises françaises a été étendue à cinq nouveaux secteurs industriels stratégiques, dont l’énergie et le transport. Le rachat d’Alstom sera ainsi soumis à l’accord de Bercy. "Il est désormais impossible à la direction d’Alstom de passer en force", observe un proche du dossier. Le décret concerne directement GE, qui fait à la fois la course en tête et figure d’épouvantail pour le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg. L’entourage de l’américain affiche pourtant une sérénité : "Cela clarifie le processus de négociation. L’énergie est stratégique. Il est normal de discuter avec le gouvernement."

Bras de fer

Outre le maintien de centres de décisions en France, les conditions de Bercy portent sur la préservation du caractère tricolore de certaines activités d’Alstom comme l’hydro-électricité et l’éolien offshore et la sécurisation de son implication dans la filière nucléaire. GE serait prêt à les satisfaire, mais limiterait son renforcement de la branche transport à la création d’une coentreprise dans la signalisation.

À la veille du scrutin européen, le gouvernement veut donner un signal fort et attendu. Selon un sondage exclusif Ifop pour "L’Usine Nouvelle", 60% des Français jugent que le gouvernement a raison de se saisir du dossier Alstom. "Alstom est une icône industrielle en France comme l’est GE aux États-Unis", reconnaît un proche de l’américain. Siemens sait que le sujet est sensible, il a pu se rendre compte de l’attachement des Français à leurs champions lors de ses précédents démêlés avec Alstom et Areva. Les deux candidats au rachat en sont bien conscients : la bataille pour Alstom est aussi une bataille de communication. En témoignent les multiples rencontres informelles avec la presse. De petits déjeuners "double off" en entretiens "pour donner du contexte", GE, Siemens et leurs partisans respectifs insistent sur leurs atouts… et n’hésitent pas à "descendre" l’adversaire.

"GE est parfaitement complémentaire avec Alstom alors que Siemens-Alstom, c’est la casse sociale assurée, vu les redondances", avertit un défenseur de GE. "GE, c’est avant tout une opération financière. Ils parlent déjà de revendre des parties d’Alstom", réplique un partisan de Siemens. Et de pointer l’avenir sombre d’Alstom Transport dans l’hypothèse du scénario GE : "Alstom n’aura pas la taille suffisante pour de gros contrats. Les banques ne suivront jamais." La riposte claque : "En quoi Alstom aurait-il intérêt à récupérer de Siemens une activité locomotives à restructurer et des ICE [les TGV allemands] plombés par les pénalités de retard ?" L’opposition entre l’Europe et les États-Unis joue dans ce débat : "Si Siemens n’a pas la profitabilité de son concurrent américain, il croit en des valeurs sociales", lance un pro-Siemens. "Siemens se pose en champion européen de l’énergie alors qu’il est en train de transférer le siège de son activité énergie aux États-Unis", ironise un pro-GE… Le bras de fer se durcit à l’approche du dénouement.

Manuel Moragues

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