GDF-Suez et ses partenaires lancent le projet de méga-centrale à charbon de Safi au Maroc

Le consortium constitué de GDF Suez, du marocain Nareva et du japonais Mitsui vient de boucler le financement de la future centrale à charbon supercritique de Safi au sud de Casablanca. Un projet à 2,3 milliards de dollars pour 1 386 mw de capacité réalisé par Daewoo.

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GDF-Suez et ses partenaires lancent le projet de méga-centrale à charbon de Safi au Maroc
A côté de la centrale à charbon de Safi, le groupe de Gérard Mestrallet a déjà lourdement investi dans l'éolien au Maroc en JV avec Nareva.

C’est parti. Le consortium industriel Safiec comprenant GDF Suez a bouclé le financement de la méga centrale à charbon de Safi au sud de Casablanca. Ce projet, en gestation depuis près de dix ans, consiste en la construction de deux tranches de 693 MW selon la technologie ultra supercritique, dite charbon propre. Ce financement assuré, le projet va donc pouvoir être lancé, selon un communiqué de GDF Suez du 18 septembre.

Outre GDF Suez pour 35%, le consortium Safiec (Safi Energy Compagny) est détenu à à 35% également par le marocain Nareva (filiale de SNI, holding de la famille royale) et le japonais Mitsui & Co pour 30%.

Safiec avait été retenu pour ce projet en 2010 à l’issue d’un processus d’appel d’offres international de l’Office national marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Le consortium assurera l’exploitation et la maintenance de la centrale une fois celle-ci construite. L’électricité produite sera vendue à l’ONEE pendant 30 ans dans le cadre d’un contrat d’achat et de fourniture d’électricité signé en 2013, selon le régime IPP. La centrale devrait entrer en fonction en 2018 et assurera plus d’un cinquième de la demande du Maroc. Elle consommera plus de 3 millions de tonnes de charbon par an et des associations écologistes locales se sont inquiétées ces derniers mois de son impact sur l'environnement.

L’équipementier sud-coréen Daewoo Engineering & Construction Co se chargera de la construction dans le cadre d’un contrat EPC. "Le contrat de construction […] d’un montant de 1,8 milliard de dollars a été signé le 9 août 2013 entre ce constructeur et la société SAFIEC", rappelle le communiqué de GDF-Suez. Le chantier doit employer 3 200 personnes. La centrale en phase d’exploitation comptera 400 salariés.

LE JAPON FINANCE

Les représentants des parties prenantes et des banques ont signé le programme de financement le 17 septembre à Rabat en présence du chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane, de membres du gouvernement et des ambassadeurs de France du Japon et de Corée du Sud.

Le pool financier est constitué d’un groupement de banques marocaines et internationales. JBIC, la banque japonaise pour la coopération Internationale, la Banque Islamique de développement (BAD) ainsi que les banques commerciales marocaines (Attijariwafa bank et Banque centrale populaire) sont les principaux bailleurs de fonds, selon le communiqué de GDF-Suez.

Impact économique local

Maroc, le sujet de la retombée pour les entreprises nationales des grands contrats est un sujet brulant. Et GDF-Suez veut prendre les devant. Dans son communiqué le groupe indique que dès la construction et durant son exploitation, la centrale "contribuera fortement à la dynamique de développement économique et social du Royaume, et particulièrement celle de la région de Safi et ce, notamment en terme de création d’emplois et de recours aux prestations des PME-PMI locales". Selon le groupe français, le projet permettra "la valorisation des infrastructures portuaires, ferroviaires et électriques existantes ou en cours de réalisation, dont le nouveau port de Safi devant abriter le quai charbonnier qui alimentera la centrale en charbon"Les travaux du port avaient été lancés par le roi du Maroc en avril 2013.

JBIC financera le projet à hauteur de 900 millions de dollars alors que les banques internationales soutenues par le Japon contribueront pour 485 millions de dollars.

La Banque islamique pour le développement (69 millions de dollars), des banques internationales (100 millions de dollars) et d’autres investisseurs (535 millions de dollars) viendront compléter les 500 millions de dollars apportés par les banques marocaines.

La construction de la centrale de Safi vise à suivre la hausse de la demande électrique du Maroc qui est de 4 à 6 % par an pour une capacité actuellement installée de l'ordre de 7 GW.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de "renforcement de la capacité 2013-2018 d’une puissance globale de l’ordre de 5 240 MW avec un investissement estimé à 94 milliards de dirhams [9 milliards d’euros NDLR]." a indiqué Abdelkader Amara, ministre de l’énergie lors de la signature de l’accord de financement.

GDF SUEZ DEJA PRESENT AU MAROC

L’accroissement de capacité passe par 2 406 MW à base de charbon, 1 720 MW de puissance éolienne, 500 MW en énergie solaire, 520 MW en énergie hydroélectrique et 90 MW à base de fioul, selon le ministre.

A coté de ce projet de Safi, JLEC une autre centrale à charbon située à Jorf Lasfar et appartient au groupe émirati Taqa, a vu, en début d'année, l'ouverture de deux nouvelles tranches totalisant 700 MW, un chantier réalisé par Daewoo.

Quand à GDF Suez, il est au Maroc en terrain connu. Le groupe dirigé par Gérard Mestrallet a déjà construit avec son partenaire dans Safi, Nareva Holding, le parc éolien de Tarfaya dans le sud du royaume (301 MW), le plus grand d'Afrique, qui doit entrer en fonctionnement à pleine capacité d’ici à la fin de l’année.

GDF-Suez est aussi l'un des cinq candidats à l'appel d'offre éolien de 850 MW que vient de confirmer l'Office de l'électricité et où il affronte notamment Edf... et Nareva.

Nasser Djama avec Pierre-OIivier Rouaud

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