Gaz de schiste : quelles alternatives à la fracturation hydraulique ?

Depuis le 13 juillet 2011, la technique de la fracturation hydraulique est interdite en France. Des recherches existent pour développer des techniques alternatives afin de permettre l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

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Gaz de schiste : quelles alternatives à la fracturation hydraulique ?

Ce jeudi 18 avril, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a organisé une audition, ouverte à la presse, sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Elles sont en perpétuelle évolution. Si la fracturation hydraulique demeure la plus courante, d'autres sont à l'étude, à l'instar de la stimulation au propane.

C'est autour de cette technique que s'est cristallisé le débat sur les gaz de schiste. Critiquée notamment en raison de ses atteintes à l'environnement, elle a finalement été interdite en France en juillet 2011. C'est pourtant la technique la plus largement répandue pour l'exploitation des gaz de schiste. Enfouis à de grande profondeur, ils sont piégés dans des roches compactes et imperméables qui sont donc, par essence, difficiles à fracturer. Tour d'horizon non exhaustif des technologies alternatives :

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  • La stimulation au propane pur : Cette technique est expérimentée par la société ecorpStim. Il s'agit d'injecter un mélange de propane pur et de proppant (sable et céramique) dans le puits foré. Ce fluide de stimulation sous pression fait des fissures dans la roche mère. Le proppant permet ensuite de garder les fissures ouvertes, permettant au gaz de s'échapper. Sous l'effet de la pression et de la température, le propane injecté est libéré et remonte avec le gaz naturel produit. La technique semble séduisante, mais l'utilisation de cette substance inflammable soulève le risque d'explosion en surface.
  • La fracturation électrique : Grâce à une puissante décharge électrique, une onde acoustique provoque des micro-fissures dans la roche et libère le gaz. Le principal inconvénient de cette technique réside dans l'important besoin d'électricité, en particulier d'un générateur de forte puissance situé en surface au niveau du puits. Par ailleurs, elle nécessite tout de même l'emploi d'eau mais en plus faibles quantités que la fracturation hydraulique. Cette technique a été testée par Total, mais "elle ne nous semble pas efficiente", a informé Bruno Courme, directeur de la filiale Total Gas Shal Europe.
  • La fracturation par explosion : Comme l'implique son nom, des fusibles sont introduits avec des charges explosives aux endroits ciblés. "Cette technologie nous semble la plus prometteuse, assure Bruno Courme, mais il semble extrêmement délicat pour un opérateur de promouvoir auprès du public une technique qui utilise l'explosion". Il s'agit de fragmenter pour augmenter le nombre de drains dans la roche.
  • La fracturation par approche thermique : Il s'agit de chauffer le matériau afin de déshydrater la roche. En se retractant, elle se fracture. Cette fracturation peut également se faire par apport de frigories.

Il existe également une autre voie en faveur de laquelle la majorité des intervenants de l'audition semblaient pencher : améliorer la fracturation hydraulique. Les recherches doivent s'orienter sur la réduction de la consommation d'eau, le traitement des eaux de surface, l'empreinte au sol, ainsi que la gestion des risques sismiques induits. "Certains pays font confiance à leur communauté scientifique (concernant la fracturation hydraulique)", conclut, non sans une note d'ironie, François Kalaydjian, directeur adjoint "Ressources" à l'Ifpen. Le gouvernement fera-t-il confiance à ses chercheurs à l'automne, lorsque le comité parlementaire remettra son rapport ?

Astrid Gouzik

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