Gaz de schiste : non, François Hollande n'a pas rouvert le dossier !

Lors de sa première conférence presse, le président de la République, François Hollande, a tenu à rappeler sa position sur les gaz de schiste mais n'a pas réellement rouvert ce dossier sulfureux.

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Gaz de schiste : non, François Hollande n'a pas rouvert le dossier !

Le président de la République aime beaucoup Louis Gallois. Hier, il n'a cessé, lors de sa première conférence de presse, de louer les qualités de l'ancien président d'EADS devenu, par la puissance de son rapport, grand sage de la compétitivité. François Hollande a reconnu et vanté ses qualités et affirmé que son rapport, "aussitôt remis", avait été "aussitôt traduit". Et c'est vrai.

Pour l'essentiel, les mesures préconisées par le rapport Gallois pour relancer l'économie française se retrouvent, sous une forme ou une autre, dans le pacte pour la compétitivité, présenté par Jean-Marc Ayrault 24 heures après. Si l'on fait le bilan de cette traduction, finalement, une seule n'aura trouvé aucun écho auprès de l'exécutif, c'est celle sur les gaz de schiste.

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Dans son rapport sur la compétitivité, Louis Gallois avait plaidé pour que des recherches soient menées sur cette énergie controversée. Hier, lors de sa conférence de presse, le président a une fois de plus douché les espoirs de l'industrie dans ce domaine. "Tant qu'il n'y a pas de nouvelle technique, j'ai dit que durant mon quinquennat il n'y aurait pas d'autorisation de permis d'exploration des gaz de schiste, en fonction d'une loi votée par le Parlement avant que nous arrivions aux responsabilités."

C'est clair, net et sans bavure. A court terme, le dossier gaz de schiste ne sera pas rouvert. Pour le président, en l'état actuel des connaissances scientifiques et technologiques, il est hors de question de reconsidérer cette position... Mais, hier soir, certains observateurs ont pu sentir une légère inflexion dans le discours du président.

François Hollande a ainsi tenu à rappeler -et c'est nouveau- que les recherches sur d'autres techniques, alternatives à la fracturation hydraulique, se poursuivaient. "Je laisse les entreprises et les chercheurs y travailler", a-t-il annoncé avant d'ajouter qu'il "prendrait ses responsabilités le moment venu".

Est-ce que cela veut dire que le dossier gaz de schiste est rouvert ? Rien n'est moins sûr. En affirmant cela, le président de la République ne prend pas beaucoup de risques : il n'y a pas aujourd'hui de réelle alternative à la fracturation hydraulique. La seule technologie - indolore pour l'environnemen t- que les industriels et les centres de recherche peuvent brandir, c'est celle s'appuyant sur les technologies de visualisation numérique du français CGGVeritas mais elle ne peut être utilisée qu'avec la fracturation...

Si les "partisans" de l'exploitation de cet hydrocarbure non-conventionnel, comme Jean-Louis Schilansky de l'Ufip, ont vu un signe d'ouverture dans les mots du président, il ne faut cependant pas tirer de conclusions trop hâtives. Le président a sciemment été ambigu et, rien, dans son discours, ne permet de dire qu'il suffirait de lui présenter une technologie alternative pour qu'il accorde des permis d'exploration.

Enfin, il n'a annoncé aucune mesure pour organiser l'effort de recherche public dans ce domaine, ce qui aurait pu être un gage de sa bonne volonté...

Bref, le dossier gaz de schiste n'a pas été rouvert.

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