Gaz de schiste : la Grande-Bretagne ne laissera pas passer cette manne

Le ministre britannique des Finances annonce la mise en place de mesures fiscales incitatives pour faciliter le développement des gaz de schiste. Le pays compte bien devenir leader de cette industrie en Europe, malgré un potentiel de ressources très inférieur à celui de la France.

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Gaz de schiste : la Grande-Bretagne ne laissera pas passer cette manne

Un simple bras de mer sépare la France et la Grande Bretagne… Proches physiquement, les deux pays n’ont jamais été plus éloignés sur le plan énergétique. Le 20 mars dernier, le chancelier de l’échiquier (ministre des Finances) Georges Osborne s’exprimait devant le parlement. Il a décrit les incitations fiscales que le gouvernement souhaite mettre en place afin d’accélérer et de faciliter l’exploration des gaz de schiste au Royaume-Uni dans ces termes : "Je veux que la Grande-Bretagne puise dans de nouvelles sources d'énergie à faible coût, comme le gaz de schiste (…). Les gaz de schiste font partie de l'avenir. Et nous les développerons !"

D’une part, le ministre propose une déduction fiscale sur dix ans pour les entreprises spécialistes de la fracturation et de l’exploration. La taxe sur la production de gaz pourrait ainsi être divisée par 2, en passant de 60 à 30 %. D’autre part, il mettra en place, d’ici l’été, des mesures pour favoriser les retombées financières sur les collectivités locales proches de sites d’exploitation. L’idée est de se rapprocher du modèle américain où un propriétaire terrien possède le sous-sol et reçoit de l’argent des pétroliers qui y travaillent.

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Le potentiel français serait 9 fois plus élevé

Face aux risques de pollution, une opposition aux gaz de schiste existe en Grande-Bretagne. Le pays avait d’ailleurs mis en place un moratoire en 2012 et réalisé des fracturations expérimentales. Le gouvernement a levé le moratoire en décembre dernier. Il a autorisé la fracturation sous couvert de mesures strictes de surveillance, en particulier sur les phénomènes sismiques parfois observés en surface. Le potentiel britannique en matière de gaz de schiste est de 566 milliards de mètres cubes. Cette ressource est essentielle pour ce pays dont l’importante production gazière en mer du Nord, initiée dans les années 70, connait un déclin de plus en plus rapide.

En France, le potentiel de gaz de schiste serait 9 fois plus élevé (5 100 milliards de mètres cubes). Seule une exploration du sous-sol pourra confirmer ce chiffre. Malgré cela, le pays est dans la logique inverse à celle de la Grande Bretagne et de l’Allemagne qui a également autorisé l’exploitation des gaz de schiste. Depuis le 13 juillet 2011, l’utilisation dans l’Hexagone de la fracturation hydraulique dans le cadre de l’exploration et de la production d’hydrocarbures de roche mère est interdite. Voté sous le gouvernement Fillon, ce principe a été adopté par le président de la République François Hollande. Il a précisé que sa position serait immuable durant son quinquennat. L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technique (OPECST) mène une enquête pour déterminer l’existence de technologies de fracturation. A l’opposé, les élus EELV, alliés du gouvernement, poussent à remplacer l’interdiction de la fracturation hydraulique par l’interdiction du gaz de schiste en lui-même.

Ludovic Dupin

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