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Gaz de schiste : la fracturation hydraulique ne serait pas la cause de la contamination de l'eau potable

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La construction défaillante des puits est la principale cause de la contamination de l'eau potable provenant des activités de fracturation hydraulique, selon une étude publiée lundi 15 septembre après des recherches menées au Texas et en Pennsylvanie, deux Etats américains grands producteurs de gaz de schiste. La technique de fracturation hydraulique en elle-même ne serait donc pas polluante.

Gaz de schiste : la fracturation hydraulique ne serait pas la cause de la contamination de l'eau potable © Travel Aficionado - Flickr - C.C.

L'image d'une flamme se dégageant d'un robinet d'eau potable dans le documentaire Gasland, sur les conséquences environnementales de l'exploitation des gaz de schiste, avait marqué les esprits. Une étude publiée lundi 15 septembre dans les comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) revient sur les causes de la pollution générée par l'exploitation de cette source d'énergie controversée.

La technique de la fracturation hydraulique blanchie

D'après les chercheurs, qui ont étudié plus de cent puits en Pennsylvanie et au Texas (deux Etats américains grands producteurs de gaz de schiste), la construction défaillante des puits est la principale cause de la contamination de l'eau potable. Ce ne serait donc pas la technique de la fracturation hydraulique en elle même qui serait polluante.

En cherchant, en effet, d'où provenait le gaz naturel trouvé dans l'eau des nappes aquifères, les scientifiques ont constaté qu'il était issu de défauts dans le ciment du revêtement des puits forés pour extraire le méthane.

"Nos données montrent clairement que la contamination des eaux potables dans les sites étudiés provenait de problèmes d'étanchéité des puits pour récupérer le gaz naturel, comme des défauts de coffrage ou d'application du ciment", explique Thomas Darrah, professeur adjoint des sciences de la terre à l'Université d'Etat de l'Ohio, un des principaux auteurs de cette recherche.

"Ces résultats paraissent exclure la possibilité que du méthane ait filtré pour polluer les nappes aquifères souterraines du fait du forage horizontal lui-même utilisé dans la fracturation hydraulique, comme certains le craignaient", ajoute Avener Vengosh, professeur de géochimie à l'Université Duke, en Caroline du Nord, un co-auteur.

"La bonne nouvelle c'est que la plupart de ces problèmes d'étanchéité des puits peuvent être évités en améliorant leur construction" grâce à une meilleure application des réglementations existantes, estime le professeur Darrah.

Le problème du coût de construction des puits

Le problème, relèvent ces chercheurs, est que les très bas prix du méthane ayant résulté aux Etats-Unis du boom des gaz de schiste ces dernières années, pourrait pousser les sociétés d'exploitation à réduire au maximum leurs coûts d'exploitation et ce au dépens de la qualité de construction des puits.

Sur les 113 puits étudiés dans le gisement de gaz de schiste de Marcellus, en Pennsylvanie, et vingt dans le site de Barnett, au Texas, huit présentaient des problèmes d'étanchéité mais aucun de ces problèmes n'était lié aux activités de fracturation elles-mêmes.

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