L'Usine Energie

Gaz de schiste : "Je défends la recherche contre l’obscurantisme"

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Entretien Le sénateur Daniel Raoul (PS – Maine-Et-loire), au nom de la commission des Affaires économiques du Sénat qu’il préside, a saisi l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Les sénateurs souhaitent qu’une étude soit faite sur des solutions alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste.

Gaz de schiste : Je défends la recherche contre l’obscurantisme © beelaineo - Flickr - C.C.

L'Usine Nouvelle - Qu’attendez-vous de la saisine de l’OPECST sur les gaz de schiste ?
Daniel Raoul - Depuis le début du débat sur les gaz de schiste, je plaide pour la recherche de solutions alternatives à la fracturation hydraulique. Je suis persuadé qu’il existe des entreprises françaises capables de proposer des solutions alternatives, non destructives, pour prospecter des gaz de schiste. Et l’Office peut étudier ces possibilités au-delà de tout clivage politique.

S’il s’avère que la France dispose de ce gaz, vous seriez favorable à son exploitation ?
Actuellement, la France importe beaucoup de gaz. Pourquoi nous priverions-nous d’exploiter celui qui est peut-être sous nos pieds ? Ca n’a pas de sens. Qu’il soit extrait ici ou ailleurs, cela ne change rien aux émissions de CO2 de notre pays. Mais encore faut-il que ce gaz existe. De nombreux acteurs parlent de réserves incroyables. Je demande à voir et cela passe par un état des lieux sur l’existence de technologies alternatives.

Votre décision est-elle liée au discours du président de la République, François Hollande, du 13 novembre, où il se disait ouvert à l’étude de technologies alternatives ?
Absolument pas. Je suis parfaitement indépendant, comme l’est la commission des Affaires économiques. Nous avions pris cette décision à l’unanimité la semaine précédente. J’ai été heureux, toutefois, d’entendre le discours du Président sur ce point.

Que signifie pour vous le blocage actuel sur les gaz de schiste ?
Je suis un scientifique de formation (Ndlr : titulaire d'un doctorat en physique des solides). Refuser la recherche est pour moi incompréhensible. Que ce soit sur les gaz de schiste, comme sur les plantes génétiquement modifiées. Pour prendre ce dernier exemple, être anti-OGM, c’est être anti-vaccins, anti-levure, anti-insuline… Il faut accepter d’expérimenter en s’assurant que la sécurité est assurée. Je défends la recherche contre l’obscurantisme. Il n’y a pas de progrès sans recherche.

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3 commentaires

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21/11/2012 - 19h01 -

A QUOI BON CRIER FAMINE SUR UN TAS DE BLE....SI CE GAZ EXISTE MIEUX VAUT L'EXPLOTIER POUR L'INTERET DE LA FRANCE..
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17/11/2012 - 11h27 -

Bravo !
Enfin un scientifique en politique ; en tant moi-même que scientifique je ne me prive pas d’applaudir.
Encore un effort, amis scientifiques, le Moyen-âge régresse. Il faut sortir de cette atmosphère de peur assise sur l’ignorance. Elle fait le jeu des obscurantistes.
Non aux Khmers Verts, non aux anti-tout.
Un conseil aux journalistes : allez voir les scientifiques sur le terrain.
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16/11/2012 - 15h29 -

Ne pas oublier qu'en France il existe les ressources d'hydrocarbures non conventionnels : Dans le bassin de Paris, des huiles (du pétrole), et du gaz dans le sud. Attention à ne pas confondre, car il y a des differences notoires entre les deux
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