Economie

Gaz de schiste : " Fermer la porte à l'exploitation est une erreur majeure " pour Gérard Mestrallet

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

Au lendemain de l’annonce du gouvernement d’abroger les trois permis de recherche de gaz de schistes accordés à Total et à Schuepbach, les réactions industriels sont tranchées. Face aux critiques, Nicolas Sarkozy confirme l’annonce de sa ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Gaz de schiste : Fermer la porte à l'exploitation est une erreur majeure pour Gérard Mestrallet © D.R.

"Une erreur majeure". C’est en ces termes que le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet commente la décision du gouvernement, ce mardi 4 octobre 2011, dans un entretien au journal Sud-Ouest. Selon lui, la possibilité d’exploiter du gaz non conventionnel, comme le gaz de schiste, a ouvert des perspectives nouvelles dans le domaine de l’énergie. GDF Suez n’a pourtant pas, à l’instar de Total et Schuepbach, déposé de permis de recherche de gaz.

Sur la question de la fracturation hydraulique, Gérard Mestrallet précise qu’il est nécessaire de faire "aujourd'hui un bilan complet et objectif de ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Car, s'il y a eu des exploitants peu scrupuleux, il y a eu aussi beaucoup d'exploitants qui ont veillé à préserver l'environnement ".

Réaction quasi similaire de la part de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Son économiste en chef, Faith Birol, déclare que le message est clair pour les compagnies qui produisent des gaz de schiste : "si elles veulent un âge d'or du gaz, elles doivent appliquer des normes en or dans les techniques de production". Il précise cependant que le développement des gaz de schiste est le "bienvenu".

Du côté de l’industrie pétrolière, c’est la déconvenue ! Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), déplore l’annonce du gouvernement avant de glisser, comme un avertissement : "Un permis c'est un contrat, donc le fait de l'abroger pour une raison ou une autre, ça ouvre potentiellement les voies d'un recours", soulignant au passage que Total avait renoncé à la fracturation hydraulique.

Chez les politiques, c’est le député Europe Ecologie Les Verts (EELV) Yves Cochet qui a dégainé le premier contre le gouvernement Sarkozy. Selon lui, cette décision est "un coup politique pour désamorcer" la proposition de loi PS-EELV qui sera discutée jeudi à l'Assemblée. Elle ne prévoit pas l’interdiction totale des hydrocarbures non-conventionnels, mais préconise d’abroger tous les permis accordés par Jean-Louis Borloo en mars 2010. Puis d’ajouter : "Le geste qu'a fait Nathalie Kosciusko-Morizet d'abroger 3 projets sur 64 est une petite victoire pour nous: cela montre que la mobilisation a continué au-delà de la loi de juillet dernier".

Face à ces critiques, Nicolas Sarkozy a confirmé mardi l’abrogation de ces trois permis. "L'exploitation des ressources en hydrocarbures contenues dans notre sous-sol est un enjeu stratégique pour notre pays. Mais pas à n'importe quel prix (…) Et certainement pas au prix d'une fragmentation des terres qui massacrerait ce paysage presque spirituel que l'Unesco a justement choisi de classer au patrimoine mondial de l'Humanité", a-t-il martelé lors de sa visite à Alès (Gard) à l'occasion de l'inscription des Causses et des Cévennes au patrimoine mondial de l'Unesco.

Suite à cette déclaration, le groupe socialiste du Conseil régional d'Ile-de-France a demandé l'abrogation des permis de recherche de gaz de schiste accordés aux industries pétrolières en région parisienne. "Le groupe socialiste prend acte du retrait de 3 des 64 permis accordés par le gouvernement Fillon pour la prospection des gaz et huile de schiste dans le sud de la France et demande que cette décision soit étendue aux 61 permis restant sur le territoire national dont l'Ile-de-France", a précisé le groupe PS régional dans un communiqué. 

A l'issue de son Bureau national, le PS y est également allé de son commentaire, faisant savoir que cette décision ne devait pas "faire illusion". "Cette annonce tombe à point nommé pour le déplacement de Nicolas Sarkozy dans le Gard, et cache mal une tentative de régler pour des raisons électorales une question gênante pour le président", ont-ils ajouté dans un communiqué. 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

10/10/2011 - 18h25 -

Étonnant que dans une société ou tout doit être instantané, une grande société comme GDF Suez puisse prendre l initiative de réfléchir, peser les pours et les contres afin de voir si oui ou non cette méthode est viable. Cela change des méthodes d'EDF qui agit d'abord et reflechit ensuite !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte