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L'Usine de l'Energie

Gaz de schiste et nucléaire : dur, dur d’être un industriel dans le débat sur la transition énergétique

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Dans le débat sur la transition énergétique, les entreprises sont peu représentées dans l’instance centrale. Et si elles disposent de leur propre groupe de travail, leurs recommandations ne sont pas du goût des associations environnementales.

Gaz de schiste et nucléaire : dur, dur d’être un industriel dans le débat sur la transition énergétique © Travis S. - Flickr - C.C.

Ce jeudi 25 avril, le Conseil national du débat sur la transition énergétique auditionnait le "Groupe de contact des entreprises de l’Energie". Cette entité compte 130 entreprises liées à l’énergie  - production, équipements, services, transport… Ses deux rapporteurs, François Michel, directeur du plan chez Saint-Gobain, et Gilles Vermot-Desroches, directeur du développement durable chez Schneider Electric, ont défendu les 12 propositions issues des travaux du groupe. Parmi les idées fortes, ils mettent tout d’abord en avant le fait qu’une "transition énergétique qui ne prioriserait pas la compétitivité semblerait dangereux". Ils avancent qu’une énergie trop chère en France pousserait à la délocalisation vers des marchés où l’énergie est meilleur marché, comme la Chine et les Etats-Unis.

Les rapporteurs jugent aussi qu’il ne faut pas opposer les énergies matures aux énergies renouvelables. Les parcs nucléaire et hydraulique sont décrits comme des atouts majeurs et forment "un socle de compétitivité au service de la transition énergétique". Dans la foulée, inévitablement, ils invitent également à regarder le potentiel du gaz de schiste en France et le bénéfice qui pourrait en être tiré.

Les mirages du modèle actuel

Les réactions de l’assemblée fusent. Denis Baupin, député EELV de Paris, lance ainsi : "Vous êtes favorable au pétrole, au gaz, au nucléaire, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique. La liste du père noël est complète !" Puis il tempère : "Vos entreprises font tous ces métiers. On ne peut pas vous demander de faire des arbitrages". Plus véhément, Matthieu Orphelin, porte-parole sur la transition énergétique de la Fondation Nicolas Hulot, lance : "En quoi est-ce une transition énergétique que vous proposez ? J’y vois la continuité du modèle actuel avec deux mirages : le gaz de schiste comme un eldorado et un nucléaire indéfiniment pas cher."

Ces premières interventions offrent au moins la possibilité de discuter… Cela devient difficile avec Maryse Arditi, pilote de la mission Energie de France Nature Environnement (FNE) : "Oui, il faut faire attention aux électro-intensifs", débute-t-elle. Avant d’ajouter : "Les électro-intensifs allemands paient leur électricité 10 % moins cher… Ce n’est pas grands chose !" Les papetiers, sidérurgistes, chimistes, verriers, etc. installés en France apprécieront !

Le retour des gaz de schiste

Cette passe d’armes n’est pas sans rappeler la conférence de la veille au Medef sur le thème de l’énergie. La présidente Laurence Parisot lançait, certes sans nuance : "On me demande souvent: comment réindustrialiser la France ? (…) il y a une réponse très simple: explorons et exploitons dans notre pays les gaz de schiste." De quoi déclencher l’ire de la fondation Nicolas Hulot, dont un porte-parole déclarait peu apèrs à l’AFP : "Il est temps que le Medef évolue sur ces questions, accepte enfin de voir les bénéfices économiques de la transition énergétique car les travaux en cours dans le débat montrent clairement que leur position est dépassée." La ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, grande organisatrice du débat, a réagi sur France Info sur les gaz de schiste : "Ce n’est pas la bonne logique et la bonne réponse aux difficultés économiques que nous connaissons." Vous avez dit "débat" ?

Ludovic Dupin

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