Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

Gaz de schiste, écotaxe... Ségolène Royal rentre directement dans le dur

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

A peine en poste, Ségolène Royal n'a pas hésité à évoquer deux sujets sous fortes tensions : le gaz de schiste et l'écotaxe. Sur le premier, elle se dit prête à réexaminer le choix français. Sur le second, elle appelle à une remise à plat.

Gaz de schiste, écotaxe... Ségolène Royal rentre directement dans le dur © @Ségolène Royal - Flickr C.C.

Sommaire du dossier

Les observateurs industriels préssentaient que la nouvelle ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie parlerait d'une voix forte et s'affirmerait d'entrer à la tête de son ministère en n'ayant pas peur d'évoquer les sujets qui fâchent. Il a fallu moins d'un jour à Ségolène Royal pour le confirmer aux yeux de tous. A l'occasion d'un déplacement en Poitou-Charentes, dont elle est Présidente, elle a ouvert de suite deux "gros dossiers" : le gaz de schiste et l'écotaxe.

En 2011, lors de primaires PS, Ségolène Royal s'était opposée à l'exploitation au gaz du schiste. Pourtant, ce jeudi 3 avril, la ministre a tenu une position beaucoup plus ouverte. Elle invite à réexaminer la politique de la France. C'est un dossier sur lequel il faut "prendre le temps de l'écoute et l'expertise du sujet", affirme-t-elle. Cette position tranche fortement avec celles de ses prédécesseurs, en particulier avec Delphine Batho et Philippe Martin, qui refusaient jusqu'à la discussion autour de ce thème, y compris au sein d'organismes scientifiques comme l'Académie des sciences ou l'Institut Français du Pétrole (Ifpen).

Dans le sens de Montebourg

En tenant de tels propos, la ministre séduit sans doute son collègue de l'Economie et du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui défend l'intérêt d'explorer le sous-sol français. En deux ans, seul Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, l'avait soutenu sur ce point.

Ségolène Royal ne s'éloigne pas trop, non plus, de la position du Président de la République. Ce dernier a, certes, affirmé qu'il refuserait toute exploration des hydrocarbures de roche-mère durant son quinquennat. Mais il avait aussi laissé entendre qu'il était prêt à revoir sa position si une technologie alternative à la fracturation hydraulique (interdite par la loi du 13 juillet 2011) lui était proposée. En revanche, elle risque de braquer d'entrée les ONG écologiques qui avaient pourtant accueilli favorablement son arrivée au gouvernement, au regard de ses actions en faveur des énergies renouvelables dans sa région.

Pas d'écologie punitive

Si elle n'entrouvre qu'une porte sur le gaz de schiste, elle est allée, en revanche, beaucoup plus loin au sujet de l'écotaxe. En 2013, elle s'était illustrée en alertant le gouvernement sur le danger d'appliquer cette nouvelle mesure - les bonnets rouges lui ont donné raison. Comme ministre de l'Environnement, elle veut reprendre le dossier : "Je ne suis pas seule à décider, mais je vais remettre à plat les choses pour voir quelles sont les autres possibilités que nous avons pour dégager des financements pour, en effet, faire les travaux ferroviaires et routiers". Elle ajoute : "Les Français ont déjà payé beaucoup d'impôts supplémentaires, l'écotaxe est un impôt, j'en comprends bien le sens : il s'agit de taxer ceux qui polluent, mais j'ai toujours dit que, pour respecter la citoyenneté, l'écologie ne doit pas être punitive".

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

3 commentaires

Nom profil

04/04/2014 - 19h42 -

Voici une analyse intelligente de la part de Mme Royal. Pourquoi taxer les PL si on ne peut pas offrir une alternative hors route aux transports des marchandises ? Est ce à l'écotaxe de financer les infrastructures de transport de personnes (TGV, tramways...) en plombant la compétitivité des entreprises industrielles ? La réponse de Mme Royal est claire - j'approuve en tant que Bonnet Rouge.
Répondre au commentaire
Nom profil

04/04/2014 - 10h58 -

Madame Royal, Pour l'ECO taxe ; il suffit simplement d'augmenter la TVA du gazole dans toutes les stations-services de France sur les pompes à essences des Poids Lourds et autres camions ! Comme cela , pas besoin d'appareil de mesure, de portique routiers (donc pas de risque de détérioration), de boitier dans les poids lourds,… ni besoin de faire sous-traiter cela par une société extérieure italienne qui va se servir au passage. En augmentant la TVA : l’Eco Taxe ira à 100% dans les caisses de l'Etat ! En augmentant le gazole, cela obligera les transporteurs à optimiser les transports et à utiliser des motorisations modernes de moins en moins consommatrices : donc réduction des émanations de particules fines ! Il faut également obliger les poids-lourds à utiliser les autoroutes (et ou le train), car aujourd’hui beaucoup de transporteurs étrangers utilisent le réseau routier départemental et national français, sachant que la maintenance et la rénovation du réseau intérieur (non autoroutier) est au final à la charge indirecte du contribuable et non en partie à ceux qui le détruise (les poids lourds étrangers en évitant les autoroutes ne paient aucune taxe, sans compter l’augmentation de la pollution des zones d’habitations traversées par ce trafic routier, et les accidents mortels). Courage !
Répondre au commentaire
Nom profil

04/04/2014 - 09h49 -

La France a besoin de l'écotaxe, les PL de plus de 11 tonnes devront être taxés, le tarif le plus bas devra être sur la base Euro 5 ou Euro6. Les classes inférieures devront payer le maximum, ceux qui font l'effort de renouveler une flotte non polluante devront être avantagés comme cela est le cas en Allemagne. Chez nous, les pollueurs aux lisiers et nitrates manifestent et on stoppe tout. Il faut que cette manne financière relance des grands travaux de déplacements sur le territoire et finance la continuité du territoire (fibre/ 4/5G, rocade évitant au reste de la France de passer par la capitale ...)
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Notre sélection : Les écoles d'ingénieurs, vivier préféré de l'industrie

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle