Gaz de schiste "écologique" : Philippe Martin recadre Arnaud Montebourg

La question de l'exploitation "écologique" des gaz de schiste "ne se pose" pas, notamment à cause du bilan carbone "très négatif" des forages, a déclaré, mercredi 10 juillet, le ministre de l'Energie Philippe Martin, en réaction aux propos du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Cécile Duflot et Stéphane Le Foll ont également tenu à condamner les propos de leur collègue.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Gaz de schiste

[Actualisé à 12h30 avec les réactions de Cécile Duflot, Stéphane Le Foll, Jean-Vincent Placé et Laurence Rossignol]

Les gaz de schiste, nouvelle pomme de discorde entre les membres du gouvernement ? Le ministre de ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, Philippe Martin, a réagi aux propos d'Arnaud Montebourg, qui a fait part mercredi 10 juillet de son souhait de confier l'exploitation de cette ressource à une compagnie publique si une solution non-polluante était mise au point.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"Le bilan carbone des forages de gaz de schiste est très négatif"

"La question d'une exploitation "écologique" des gaz de schiste ne se pose pas", a affirmé sèchement Philippe Martin dans une déclaration écrite à l'AFP.

"Le bilan carbone des forages de gaz de schiste est très négatif, surtout si l'on prend en compte non seulement le CO2 issu du gaz extrait mais aussi de la quantité de méthane qui fuit vers l'atmosphère lors de l'extraction", explique le successeur de Delphine Batho, qui s'était justement illustré récemment par ses positions contre l’exploration des gaz de schiste.

Réaffirmer la position du gouvernement

Un recadrage qui vise sans doute à montrer que le gouvernement n'est pas en train de changer son fusil d'épaule sur cette question ô combien polémique de l'exploitation des gaz de schiste. Les propos du ministre du Redressement productif et l'éviction de Delphine Batho, qui a mis en cause l'influence du lobby industriel et notamment du président de Vallourec pour justifier son limogeage, ont en effet réveillé les craintes des écologistes de voir l'Etat céder face au discours des partisans de l'exploitation de cette ressource.

A l'antenne de France Inter ce jeudi, l'ex-ministre a d'ailleurs exprimé son "désaccord de fond, net et total" avec les propos tenus par son "camarade" Arnaud Montebourg.

Duflot, Le Foll et Placé condamnent aussi les propos de Montebourg

Deux autres ministres ont également affiché leur désaccord avec les propos de leur collègue. La ministre du Logement et ancienne secrétaire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) Cécile Duflot a ainsi souligné dans un tweet que Philippe Martin était le "seul ministre de l'Energie". Dans la même tonalité, la secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de l'environnement, Laurence Rossignol a souligné sur RMC Info qu'Arnaud Montebourg n'était "ni ministre de l'Ecologie ni de l'Energie".

"Ce n'est pas cohérent avec le choix qui a été fait lors de la conférence environnementale", a de son côté affirmé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur BFM Business, ajoutant que "le sujet de l'exploitation du gaz de schiste par une compagnie, qu'elle soit publique ou non, "n'est pas l'objet de la discussion".

Enfin, le sénateur et président du groupe EELV au Sénat Jean-Vincent Placé a présenté Arnaud Montebourg sur RFI comme un "adversaire de l'écologie et du gouvernement". "Je ne comprends pas vraiment Arnaud Montebourg. Il sait que ce qu'il défend n'est pas la position du gouvernement, ni du président, et pourtant, il en rajoute une couche. Est-ce que c'est de la provocation? Je ne sais pas", a-t-il commenté.

Julien Bonnet

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS