Gaz de schiste : ces emplois dont la France ne veut pas

Une étude d'industriels du pétrole affirme que plus d'un million d'emplois pourraient être créés en Europe grâce au gaz de schiste. Un chiffre très – sans doute trop – optimiste, qui aura bien du mal à infléchir la position de la France, toujours fermée à la moindre expérimentation.

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Gaz de schiste : ces emplois dont la France ne veut pas

L'exploitation des gaz de schiste pourrait créer de 600 000 à 1,1 million d'emplois dans l'Union européenne d'ici 2050. C’est ce qu’estime une étude commandée par l'organisation internationale des producteurs de pétrole et de gaz (OGP). Ces chiffres, qui paraissent démesurés, sont issus de deux scénarios. Le premier suppose que 15 % des ressources en place dans le sous-sol sont exploitables. Dans le second, ce taux grimpe à 20 %.

Outre la création d'emplois, l'étude de l'OGP prévoit que l’exploitation des gaz de schiste ferait diminuer le coût du gaz de 6 à 14 % et celui de l'électricité de 3 à 8%. L'indépendance énergétique du Vieux continent serait nettement améliorée. L'Europe des 28 importe aujourd'hui 89 % de son gaz. Ce taux pourrait être ramené à 78 %, voire 62% en 2050. Ces chiffres correspondent au forage de 33 500 à 67 000 puits, selon leur productivité.

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Même si les auteurs prennent la précaution de rappeler que l'Europe ne peut pas espérer atteindre une révolution énergétique à l'américaine, ces chiffres sont à prendre avec précaution. D'une part, les taux de récupération annoncés semblent très élevés. D'autre part, le potentiel de gaz de schiste reste à prouver en Europe. Enfin, les auteurs supposent un fort soutien des pouvoirs publics.

Une académie des sciences non entendue

Sur ce dernier point, si certains pays comme la Pologne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni s'engagent fortement, d'autres freinent des quatre fers, à commencer par la France. L'Hexagone, le premier potentiel de gaz de schiste en Europe, montre plus que jamais son "gazo-scepticisme". Ni l'autorité scientifique, ni la représentation parlementaire ne parviennent à infléchir le rejet des hydrocarbures non conventionnels par le gouvernement.

Ainsi, le 22 novembre dernier, l'Académie des Sciences émettait neuf recommandations sur le gaz de schiste. Elle appelait entre autre à mobiliser la recherche publique sur la fracturation hydraulique et à créer une autorité scientifique indépendante dédiée. Mais les propositions, assez modérées, n'auront aucun écho auprès de l'Exécutif. Rappelons qu'en février dernier, l'ex-ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, jugeait les travaux de l'Académie des sciences sur le sujet des hydrocarbures non recevables. En août, c'est la ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso, qui affirmait que le gaz de schiste n'a pas besoin de recherche publique.

Un rapport parlementaire contesté

Ce mercredi 27 novembre, c'est l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui monte au front en produisant son rapport définitif sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique. Sans surprise, les parlementaires vont réaffirmer que la fracturation hydraulique reste la technologie la mieux maîtrisée et qu'il faut continuer à avancer sur la fracturation à base de propane, comme ils l'avaient écrit dans leur rapport d'étape cet été. Sans surprise non plus, il y aura une levée de bouclier des députés EELV et le gouvernement affirmera qu'aucune exploration n'aura lieu en France sous la mandature actuelle. Bref, rien de nouveau pour le schiste tricolore.

Ludovic Dupin

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