Gaz de schiste : c'est l'innovation qu'on assassine

Jean-Marc Ayrault a une fois de plus fermé la porte à toute exploitation des gaz de schiste en France, même de façon écologiquement responsable comme le suggérait Arnaud Montebourg. Une position qui révèle la drôle de relation que nous entretenons avec l'innovation.

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Gaz de schiste : c'est l'innovation qu'on assassine

Une nouvelle fois, la tête de l'exécutif français a fermé la porte à toute exploitation des gaz de schiste, même écologique. En recadrant son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault a affirmé de manière très claire que les gaz de schiste ne faisaient pas partie de l'équation gouvernementale ni en matière d'énergie ni en matière de reconquête industrielle. Pour remettre sur la table sereinement et posément ce dossier, il faudra attendre soit la fin du quinquennat, soit un changement des équilibres dans la majorité qui obligerait François Hollande à reconsidérer la place des Verts dans le gouvernement. Aujourd'hui, il ne peut se priver de leur soutien et c'est sans doute pour leur donner des gages de bonne volonté écologique que Jean-Marc Ayrault ne cesse de réaffirmer que les gaz de schiste sont une question annexe qui ne mérite pas d'être soulevée.

Notre relation au progrès

Cette volonté sans cesse réaffirmée de ne pas regarder si nous avons oui ou non un potentiel énergétique caché dans notre sous-sol révèle la relation que nous entretenons avec le progrès. En refusant de considérer la proposition d'Arnaud Montebourg (créer une entreprise publique pour exploiter les gaz de schiste de manière respectueuse de l'environnement), c'est l'idée même d'innovation que rejette le Premier ministre. En France, alors que nous devrions voir l'innovation comme un territoire d'opportunités, nous commençons trop souvent par y voir des risques. Nous devrions accepter une fois pour toute que toute nouveauté porte par définition de nouveaux risques et que ce n'est pas grave. Il faut simplement en avoir conscience, les analyser, les encadrer mais on ne peut en faire le seul critère pour juger de la vie ou de la mort d'une innovation.

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Notre modèle économique

On le peut d'autant moins que la France va devoir se réinventer en profondeur. Notre crise n'est pas une crise de croissance traditionelle mais une mutation profonde portée notamment par la révolution des technologies numériques. Nous devons en prendre conscience en nous répétant que ce n'est pas en restreignant le champ des possibles que nous réussirons à redresser notre économie et à réinventer notre modèle économique, social et fiscal. Ce n'est pas en appliquant le principe de précaution que nous trouverons les leviers pour nous relancer.

Thibaut de Jaegher

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