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Gaz au Maroc : la société d’exploration PetroMaroc au bord de la faillite

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A cours de liquidités, la junior pétrolière basée au Canada vient de lever un emprunt à court terme de 390 000 dollars canadiens. Elle détient notamment une part importante du permis onshore dit Sidi Moktar près d’Essaouira au Maroc. Elle tente de revendre ses droits à la société britannique Sound Energy.

Gaz au Maroc : la société d’exploration PetroMaroc au bord de la faillite © dr

Aussi sec qu’un forage pétrolier infructueux… La société d’exploration PetroMaroc est à cours de liquidités. Selon un communiqué du 25 mai, elle affiche une trésorerie de seulement 100 000 dollars canadiens et un déficit en capital de 800 000 dollars.

La société n’a pas d’activité commerciale. Ses principaux actifs sont constitués de permis d’exploration au Maroc. Mais ses forages n’ont pas fait l'objet à ce stade d’exploitation commerciale.

Faute de cash, elle pourrait bien devoir cesser toute activité. Et donc simplement faire faillite.

Pour parer au plus pressé, PetroMaroc a annoncé le 9 juin avoir levé 390 000 dollars canadiens auprès d’investisseurs via une formule de débentures (obligations sans garantie) à échéance du 30 septembre à un taux d’intérêt prohibitif de 15%.

Enregistrée à Jersey, cotée à la bourse TSX de Toronto et conduite à Calgary par un management canadien, PetroMaroc, (anciennement Longreach) pour mettre en œuvre ses permis a levé ces dernières années plusieurs millions de dollars en bourse ou auprès d’investisseurs privés. Le 10 avril 2014, elle avait notamment conduit un placement privé de 9,7 millions de dollars.

Deux campagnes d'exploration

Son principal actif est une part de 50% dans une licence onshore située à 80 km à l’est d’Essaouira dite Sidi Moktar, à savoir trois blocs de 2 683 km² au total.

La seconde moitié de la licence est détenue par la société MPE (ex-Lone Star Energy, contrôlée par des capitaux marocains dont la CDG) et par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) qui, selon le droit marocain, doit être associé à au moins 25% dans toutes les opérations d’exploration du pays.

Le Maroc est dépourvu de ressources en hydrocarbures à la différence de sa voisine l’Algérie. Ces dernières années, le gouvernement marocain a poussé à l’amplification de l’exploration par les opérateurs privés grâce à l’attribution de licences et une politique fiscale attractive. A coté de rares compagnies internationales comme l’américain Chevron, de nombreuses sociétés indépendantes, certaines créées pour l’occasion, se sont intéressées à ce marché «frontière» comme Genel, Kosmos, Cairn, Tangier Petroleum, Circle Oil ou donc PetroMaroc. Sans découverte majeures à ce jour.

PetroMaroc a débuté ses opérations sur Sidi Mokhtar voilà trois ans, après deux campagnes de forage en 2013 et 2014. La société a annoncé avoir découvert des traces de gaz "qui confirment le potentiel commercial de la région". Elle détient aussi depuis 2011 de très petites parts de permis dans les blocs offshore dits Sidi Moussa et Foum Draa en mer au sud-ouest d’Agadir.

Le 26 janvier PetroMaroc a entamé un processus de cession de ses droits sur Sidi Moktar avec une autre junior d’exploration Sound Energy plc cotée au marché AIM à Londres, une opération à 3,5 millions de livres, qui, malgré l'annonce d'un accord le 10 mars n'a, semble-t-il, pas encore été finalisée. D'où ses besoins urgents de liquidités.
Pierre-Olivier Rouaud

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