Gamme Renault Entry, une recherche globale sur les coûts

La nouvelle usine de Tanger, au Maroc, s'insère dans le réseau de production de l'Alliance Nissan-Renault. Une orientation résolument low-cost.

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Gamme Renault Entry, une recherche globale sur les coûts

Avec l'inauguration ce jeudi 9 février de son nouveau site de production marocain, Renault étoffe ses sites à l'international et offre un débouché à la future production de sa gamme low-cost. L'usine produira le nouveau monospace badgé Dacia, le Lodgy, et deux autres modèles dont un petit utilitaire.

Renault destine cette production au marché européen mais surtout à l'international, avec des véhicules qui porteront alors le losange de Renault. Si le porte-étendard du low-cost en Europe se nomme Dacia, le programme Entry est bien une stratégie de groupe.

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Avant l'inauguration, le directeur du site, Tunç Basegmez, rappelle que l'Europe sera un "débouché important pour les véhicules qui sortiront de la toute nouvelle usine de Renault au Maroc. On est tout proche de l'Europe, on est en Afrique et tout proche du Moyen-Orient".

La philosophie Entry repose sur une réduction des coûts à chaque niveau, des fournisseurs aux transports des véhicules. "Et ça ne veut pas forcément dire s'installer dans des pays peu chers" tient à préciser Arnaud Deboeuf, directeur du programme Entry.

"Le cœur de la gamme, c'est d'abord sa plateforme, baptisée M0, qui est adaptée à l'international. Elle est fiable et robuste, car elle a été conçue pour des routes en mauvais état. Au départ, elle était pensée pour la Logan et les routes d'Europe de l'Est" se remémore Arnaud Deboeuf. "Elle s'adapte aujourd'hui très bien à l'Inde ou au Brésil. Mais ensuite c'est une stratégie de marque. Ce n'est donc pas forcément le même positionnement prix et clientèle".

Pour appuyer le propos, Arnaud Deboeuf livre des chiffres : "En 2011, nous avons vendu 800 000 véhicules avec la plateforme M0, dont 340 000 modèles Dacia. A 60%, les modèles Entry sont badgés Renault. C'est une gamme pour monter à l'international".

Positionnement commercial

International, le mot est lâché. Renault compte sur la gamme Entry pour gagner des parts de marché dans les pays à forte croissance comme l'Amérique du Sud ou la Russie. La concurrence est rude, l'affectif d'une marque y joue souvent moins que le rapport qualité-prix des produits. La gamme Entry permet de fabriquer à moindres coûts tout en jouant sur le contenu équipements et finitions des véhicules, en fonction des marchés.

En Europe, le Duster badgé Dacia joue les entrées de gamme, quand au Brésil, il se place plutôt en milieu de gamme. Symboles de ce positionnement commercial différencié : la présence d'une motorisation essence 2.0 et le badge au Losange pour le marché brésilien.

90% des Duster français et brésilien sont identiques. Mais en France, le Duster dispose de la planche de bord de la Sandero, alors qu'au Brésil, une planche de bord dessinée sur place par le centre de R&D de Renault offre un contenu plus valorisant.

Pour conquérir ses marchés, la production des véhicules Entry est en grande majorité basée à l'étranger. L'usine Dacia de Pitesti (Roumanie) produit les Logan, Logan MCV, Sandero et Duster. Le site de Tanger (Maroc) produira le Lodgy et deux autres modèles.

Les Logan et Sandero sont aussi assemblés en Russie, en Inde et en Afrique du Sud. Renault a aussi localisé des usines au Brésil, à Curitiba, et en Colombie, à Envigado, d'où sortent des Logan, Sandero et Sandero Stepway, ainsi que des Duster.

Enfin la production Entry a investi l'Iran, son quatrième marché en termes de ventes. "Pour vendre au Brésil, il faut produire sur place, sinon on ne vend pas. Le gouvernement vient d'augmenter les taxes sur les importations. Rêver de vendre au Brésil en produisant en France, ce n'est pas possible" soutient Arnaud Deboeuf.

Localisation

La recette de fabrication reste à chaque fois la même. "Il faut réduire tous les coûts au maximum : le contenu dans la voiture, travailler avec des fournisseurs qui peuvent baisser les coûts, mais aussi réduire les coûts de transports, de douane" souligne Arnaud Deboeuf.

Le directeur du programme Entry donne alors l'exemple du transport du Duster depuis Pitesti. Les modèles acheminés vers le Nord de la France voyagent en train, le moyen de transport le moins cher depuis la Roumanie. Les unités vendues dans le Sud du pays arrivent elles par bateau.

Les fournisseurs sont pour partie recrutés en local, mais une partie des pièces vient aussi d'Europe. Au Brésil, Renault produit ainsi les petits moteurs qui fonctionnent à l'éthanol, une des particularités de ce marché, tandis que les blocs 2.0 viennent de Cléon (France).

Les plus gros organes sont souvent produits sur chaque site, soit par des fournisseurs locaux, soit par des fournisseurs étrangers venus dans les bagages de Renault. A Pitesti (Roumanie) par exemple, sur environ 200 fournisseurs, une petite soixantaine est d'origine roumaine.

La R&D se partage elle entre le Technocentre de Guyancourt (Yvelines) pour le travail de fond et les centres locaux pour l'adaptation au marché. La Sandero phase 2, présentée l'année dernière, a ainsi été entièrement développée au Brésil, comme la toute première Sandero, conçue au départ pour ce marché.

Mais l'un des postes d'économie sensible reste les salaires : au Maroc, le salaire minimum n'est que de 150 euros. Les cinq premiers marchés de gamme Entry sont aujourd'hui le Brésil, la Russie, la France, l'Iran et l'Argentine.

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