Gamescom : l'industrie du jeu vidéo en période de transition

Réunie à Cologne, pour le salon Gamescom, l'industrie de jeu vidéo prend le minimum de risques et capitalise sur des suites de jeux à succès. Et les studios ont de plus en plus de mal à trouver des financements pour des nouvelles licences. La faute à la crise et la sortie prochaine de nouvelles consoles, qui poussent les gros éditeurs à préférer des valeurs refuges.

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Gamescom : l'industrie du jeu vidéo en période de transition

Le Gamescom, salon européen des jeux vidéo, a ouvert ses portes le 15 août à Cologne. Cette quatrième grand-messe des loisirs interactifs sur le Vieux Continent, accueille environ 600 exposants durant cinq jours, soit 8% de plus qu'en 2011. Même si le secteur est toujours en croissance, il doit faire face, comme les autres, à la crise économique actuelle.

"C'est une période de transition. Avec la crise, l'industrie du jeu vidéo prend aujourd'hui le minimum de risques et se concentre surtout sur des suites de gros titres à succès. Mais du coup, les studios trouvent de moins en moins de financements pour des projets innovants", explique à L'Usine Nouvelle Julien Villedieu, délégué général du SNJV (Syndicat national du jeu vidéo), présent à Cologne. Quelques exemples emblématiques de cette tendance : Electronic Arts, numéro un mondial du secteur, a présenté un nouveau mode multijoueur pour "Crysis 3" et le troisième volet de la série "Army of Two" (The Devil's Cartel). Crystal Dynamics a de son côté communiqué sur un nouvel opus de "Tomb Raider". Quant à Activistion, il est revenu son futur "Call of Duty : Black Ops II".

"Ce sont des valeurs refuges en temps de crise", poursuit Julien Villedieu. "À cela s'ajoute une fragmentation du marché. On assiste à une multiplication des supports avec les consoles, le PC, mais aussi les smartphones et aujourd'hui les tablettes. Les éditeurs doivent donc faire des choix stratégiques plus compliqués pour cibler leurs marchés. Or, la tendance est à la rationalisation de ces choix et donc à la concentration autour de blockbusters."

Autre élément expliquant la relative frilosité des gros éditeurs : l'arrivée prochaine de nouvelles consoles chez Sony, Microsoft et Nintendo. "Il y a un phénomène d'attentisme vis-à-vis de ces nouveaux supports et de ce qu'ils vont permettre", explique le responsable. Bref, bon nombre d'éditeurs préfèrent garder des réserves, y compris financières, pour être présent sur ces futures plateformes. Rappelons que Sony devrait sortir sa PS4 pour Noël 2013. À cette date, Microsoft devrait proposer sa Xbox 720 et Nintendo la Wii U.

Le "free-to-play" : un modèle économique en vogue

Le jeu en ligne est depuis plusieurs années la grande tendance de l'industrie du jeu vidéo. En 2012, ce segment continu de rassembler de plus en plus d'adeptes, mais ils sont de moins en moins nombreux à vouloir payer pour jouer. "Le free-to-play est une tendance forte de 2012. Il s'agit en tout cas d'un business model qui suscite beaucoup d'intérêts. Tous les gros éditeurs y viennent", note Julien Villedieu. "Par exemple, le jeu en ligne Star Wars : The Old Republic de BioWare, va passer en free-to-play à l'automne prochain, et délaisse sont modèle payant par abonnement. Cela devrait lui permettre de regagner des joueurs, alors qu'il accusait une baisse régulière de ses abonnés."

Rappelons que le principe du free-to-play, ou F2P, consiste à proposer un accès gratuit au jeu avec des revenus dégagés sur certaines options payantes. Il s'agit en général de petits paiements, de quelques euros, servant à acquérir par exemple des objets ou de la monnaie virtuelle. Il s'oppose aux jeux par abonnements, tels que "World of Warcraft" de Blizzard, qui perd actuellement de nombreux joueurs. À l’inverse, un titre comme "Le Seigneur des Anneaux Online" de Warner, qui est passé du modèle par abonnement au free-to-play en 2010, a réussi à se maintenir à flot.

"C'est un modèle qui n'est cependant pas encore totalement éprouvé, car il est difficile de dégager des revenus importants lorsque seulement 2 à 3% de vos joueurs payent pour jouer. Mais le modèle par abonnement n'a réellement plus le vent en poupe", conclut Julien Villedieu.

À l'occasion du salon, le français Ubisoft a dévoilé trois nouveaux titres free-to-play: "Anno Online", "Might & Magic Heroes Online" et "Might & Magic Raiders". "Le marché des free-to-play est en plein essor grâce à la qualité grandissante des titres et à une flexibilité présente naturellement dans ces nouvelles expériences de jeu", a souligné lors de l'annonce Stephanie Perotti, directrice Digital Monde du groupe hexagonal.

Quelque 14 entreprises françaises, dont Ubisoft, sont présentes sur le salon. Elles sont réunies au sein du pavillon "Le Game", étendard commercial du SNJV visant à promouvoir la création française dans le jeu vidéo. La marque "Le Game" a été lancée en mars dernier avec le soutien du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.

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