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Game of Drones : qui de Safran, Thales ou Airbus équipera l'armée française ?

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Supply chain, technologies, emplois...Thales, Safran et Airbus insistent sur le contenu made in France de leur drone tactique respectif. La bataille fait rage en vue de répondre à l'appel d'offres de plusieurs dizaines d’appareils par l'armée de Terre. Qui du Watchkeeper, du Patroller ou du Shadow M2 remportera la mise ? 

Game of Drones : qui de Safran, Thales ou Airbus équipera l'armée française ?

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Il n’y avait ni char, ni véhicules blindés, ni canon et pourtant c’est à une démonstration de force étonnante que Thales s’est livré à Eurosatory le salon de l’armement terrestre qui se tient à Villepinte jusque au 20 juin. Dans le stand du groupe, Pierre Eric Pommelet, son directeur général adjoint, responsable de l'activité des systèmes de mission de défense, a débarqué hier avec un commando… de dirigeants de PME françaises. Une quinzaine d'entreprises environ avec des expertises technologiques diverses : système d’atterrissage automatique, radar, lignes d’alimentation en carburant, hélice... qui constitue "l'équipe France Watchkeeper"

L’objectif : faire taire les critiques de ses concurrents qui présentent son drone tactique, le Watchkeeper, comme un appareil basée essentiellement sur des technologies israéliennes et britanniques. "La plupart de ces PME françaises participent au programme britannique Watchkeeper et elles pourraient contribuer à la version pour l’armée française dans un plus grand nombre", explique le dirigeant. Le Watchkeeper a été commandé à 54 exemplaires pour 1 milliard d’euros par le ministère de la Défense britannique. Certaines des PME présentes rêvent de devenir fournisseur du futur drone français. "Nous sommes fournisseurs de Thales pour le câblage du radar du Rafale et nous misons sur notre expertise dans l'électronique embarquée pour monter dans ce nouveau programme", explique Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe Deroure, qui compte 550 salariés pour 32 millions d'euros de chiffre d’affaires. 

Favoriser les fournisseurs français

D’autres partenaires espèrent être reconduit dans la version française du Watchkeeper comme la société NSE spécialisée dans l'intégration de systèmes complexes et basée à Riom en Auvergne. "Le programme français est une nouvelle opportunité pour nous d'autant plus que nous avons fourni le radar du segment sol dans la version britannique", explique Jean-Jacques Raffenne, son directeur commercial.

Ces PME ont de l’espoir d'autant plus que la version française du Watchkeeper doit faire une plus large part aux technologies françaises notamment pour les éléments critiques comme la liaison radio par exemple. Et le maître d'oeuvre du drone sait motiver ses troupes. "A qualité et prix égal, nous favoriserons les fournisseurs français", explique-t-il. Toutefois les drones continueraient d'être assemblés à Leicester au Royaume-Uni car l'usine existe déjà et sa duplication ne ferait que renchérir le coût de la solution.

Airbus en embuscade

Cette démonstration intervient alors que la France a fait savoir aux industriels il y a environ deux mois qu’elle comptait acheter plusieurs dizaines de drones tactiques après une mise en compétition des fournisseurs. Un coup dur pour Thales qui a longtemps pensé bénéficier d’un marché de gré à gré avec l'armée française du fait de sa volonté de rapprochement avec son homologue britannique qui a déjà certifié le Watchkeeper.

Le lancement de cette nouvelle compétition a ainsi réveillé les ambitions de ses concurrents. Sagem (filiale de Safran) revient ainsi dans la course avec son drone, le Patroller. "Entre 70% et 90% de notre solution est développé en France", explique Frédéric Mazzanti, directeur de l’activité optronique pour Sagem. Si le drone repose sur un appareil du fabricant allemand Ecarys (ex-Stemme), l'essentiel de la technologie permettant la réalisation de la mission d'observation est française.

Le groupe fabrique les capteurs dans son usine de Poitiers, les équipements optroniques à Dijon et assemble l’appareil à Montlucon. "Au total, notre activité drone emploie une centaine de personnes. En cas de réussite à l’export, ce chiffre pourrait tripler. Ce nouvel appel d'offres du ministère de la Défense doit être l'occasion de créer un pôle technologique français spécialisé dans les drones", explique le dirigeant. Selon lui, la conception et la fabrication française apportent des avantages considérables. Comme Sagem n'intègre pas de technologie américaine critique, les autorités américaines ne pourront s’opposer à son exportation.

De son côté, le groupe Airbus n'est pas en reste."Nous allons concourir à l'appel d'offres qu'on espère que la Défense va lancer", a expliqué durant Eurosatory Jean-Marc Nasr, président d'Airbus Defense and Space France. Son drone se base sur une plateforme américaine, le Shadow M2, développée par le géant américain Textron. L'Européen précise qu'il y placera ses équipements. "De manière à avoir une autonomie complète sur la mission, sur la liaison de données et le contrôle du drone", explique le dirigeant.

Installés dans les starting blocks, les trois prétendants attendent désormais le coup de feu du départ : la définition par l'armée française des spécifications de leur drone tactique.

Hassan Meddah

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