Galileo pris en otage par la compétition franco-allemande

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« C'est ric-rac ». « Si on ne lance pas Galileo maintenant, ce sera trop tard par rapport aux Etats-Unis. » Ces propos d'un diplomate européen traduisent bien l'inquiétude des dirigeants européens sur le devenir du système européen de navigation par satellite.

A l'origine du problème, un vif contentieux oppose la France et l'Allemagne sur le financement de Galileo sur fond de rivalités entre leurs entreprises qui souhaitent emporter les contrats de construction.

Les ministres des Transports des Vingt-Sept se réunissent donc demain à Luxembourg pour tenter de sortir ce dossier de l'impasse avant qu'il ne soit trop tard, Galileo risquant d'être dépassé par le nouveau système américain GPS en préparation.

Tous les Etats membres de l'UE reconnaissent que les fonds publics doivent prendre la relève du consortium privé qui a renoncé à financer la construction de l'infrastructure des 30 satellites nécessaires pour faire fonctionner le système.

Il faut donc trouver aujourd'hui 2,4 milliards d'euros en plus du milliard qui a déjà été injecté dans le programme sur un coût total, exploitation comprise, de dix milliards d'euros. Mais les modalités de financement ne sont pas sans poser problème. Deux camps s'opposent.

D'un côté, la Commission européenne, appuyée par la France, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg et de nombreux « nouveaux » pays membres, veulent faire appel au budget communautaire en prélevant sur des fonds budgétisés pour cette année et la suivante et qui ne seront pas employés dans des secteurs comme l'agriculture, la recherche ou l'administration.

De l'autre, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède gardent des doutes, le GPS (Global Positioning System) américain étant d'ores et déjà disponible gratuitement, l'Allemagne se montre très réticente.

La méfiance qui s'est installée entre la France et l'Allemagne avec la restructuration d'Airbus, où chaque pays tente de préserver « ses » emplois, pèse sur ce dossier. « Je veux de nouveaux emplois durables dans le secteur aérospatial en Allemagne », a déclaré dans le quotidien Die Welt de lundi le ministre allemand des Transports, Wolfgang Tiefensee. « C'est ce qu'attend le contribuable allemand.

Du côté français, on dit ne pas comprendre ce « sentiment de persécution » qui saisit l'Allemagne et on souligne que passer par l'Agence spatiale européenne signifierait encore du retard. « Les Allemands ont un problème industriel, il faut les rassurer », explique un de ses responsables.

Philippe Roger avec Reuters

A lire aussi sur l'UsineNouvelle.Com: Bruxelles injecte 2,4 milliards € pour sauver Galileo; Galileo et GPS sur la même longueur d'onde

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